Enquête sanitaire : résultats

 

 

20 octobre 2010

 

Excès de cancers du poumon autour du Centre de stockage de déchets radioactifs de l’ANDRA Soulaines.

C’est officiel, l’ARS Champagne-Ardenne (Agence Régionale de Santé) vient de communiquer lors de l’Assemblée Générale de la CLI (Commission Locale d’Information) de Soulaines, et lors de la réunion du Comité de Suivi, qui a eu lieu dans la foulée, les résultats de l’enquête sanitaire menée depuis 2 années par l’InVS (Institut National de Veille Sanitaire)

Des cancers du poumon... bizarre non ?

Radon ?

Plutonium ?

Est-ce qu’on fumerait plus autour d’une poubelle nucléaire ?

Il n’y a pas lieu de s’inquiéter, puisque très vite les épidémiologistes ont expliqué que “ce type d’études présente des limites qui font que les résultats doivent être interprétés avec prudence”.

Sans entrer dans les détails, pour l’instant, l’étude a consisté à comparer le risque de mortalité et de morbidité par cancer
pour la population vivant dans un rayon de 15 km autour du CSFMA de Soulaines
et pour la population des départements de l’Aube et de la Haute-Marne.

Selon qu’il s’agit de mortalité, de morbidité, d’adultes, d’enfants, de cancers ou de leucémie, les périodes de références sont :
1993-2007
2005-2008
2000-2007

Après avoir tenté d’expliquer au public les notions de risque relatif, d’intervalle de confiance, de variabilité, de facteur de confusion,
après avoir expliqué les sources d’informations (CépiDc , PMSI , registres des cancers de l’enfant, données démographiques et socio-économiques,
un docteur lance enfin les tableaux de chiffres, selon les pathologies.

Pour l’ensemble des pathologies, si les RR (Risque Relatif) sont presque tous supérieurs à 1,
ce qui signifie que l'InVS a dénombré une proportion plus grande dans la zone des 15 Km que dans les deux départements,
l’IC95%, (l’intervalle de confiance) invalide les résultats.

Un seul cas peut être pris en compte, le cancer du poumon : 

L'étude révèle qu'il y a 1,28 fois plus de cancers du poumon chez l'homme - mais pas chez la femme - dans la zone définie que dans les départements témoins.

Mais immédiatement les épidémiologistes nous expliquent que si l’on retranche ou si l’on ajoute une année à la période, ou si on modifie de 2 km le rayon, l’écart significatif disparaît.

Bien fragile tout ça !

Il est à noter au niveau de la forme que le mode de communication de ces résultats a été” chamboulé” en dernière minute, à la demande de Monsieur le Préfet de l’Aube.
C’est clair : la communication des résultats de cette étude “échappe à l’INVS... ça vient d’en haut !”

Espérons qu’il n’en est pas de même pour le contenu de l’étude, qui ne peut être que professionnelle, sincère, véridique, non adaptée... aux enjeux nucléaires dans la région.

D’autant plus que les zones de références ont été modifiées.
On devait s’intéresser aux zones inondées de la Voire (qui reçoit les rejets du bassin d’orage du CSA)
Etonnant aussi : les cancers de la prostate, du larynx, du pharynx, et du pancréas ont été oubliés dans l’étude, alors qu’ils figurent dans celle du Tricastin ?

Et on est en droit de s’étonner de la présence exceptionnelle à cette réunion de la CLI, de 8 h à 10 h, du Préfet de l’Aube, de la Sous-Préfète de Bar-sur-Aube, et du Sous-Préfet de Saint-Dizier !

Et dans l’actualité que nous connaissons, ces trois représentants de l’Etat sont restés pour assister à la réunion du Comité de Suivi, de 10 h à 12 h !!!

Bizarre, non ?

La seule communication de l'InVS, en attendant la publication de l'étude pas avant la fin décembre 2010.

Le powerpoint projeté lors des deux réunions du 20 octobre.

 

 

L'homme contaminé

 

 

Rappelons que, depuis 2006, suite aux constatations et aux alertes répétées de Michel GUERITTE, le Collectif Les Citoyens du Coin, animé par Louise BERTHELOT, avait décidé d’intervenir auprès des élus haut-marnais, au cours de l’été 2007, pour obtenir une enquête.

Et grâce aux Citoyens du Coin, située en Haute-Marne, l'enquête jugée inutile par les élus aubois, l'enquête a pu avoir lieu, puisque les élus aubois ne faisaient rien.

Dés 2006, La Q.V. avait dénombré dans 11 communes sous les vents dominants du CSA de Soulaines, 5 fois plus de cancers de la thyroïde,
par rapport aux chiffres communiqués par Claire SCHWARTZ, responsable du Registre des cancers Thyroïdiens de la Marne et des Ardennes.

Par ailleurs l’étude des ventes de Lévothyrox, (hormone de synthèse pour les malades de la thyroïde), dans les pharmacies locales donnaient également des ratio bien supérieur à un échantillon de pharmacies de l’hexagone, et des pourcentages bien supérieurs aux 2,32% de la population française.

Enfin on constatait un nombre anormal de cancers du colon – prostate – vessie – pancréas, etc...

Dés 1995, le CEDRA avait dénoncé l’existence de rejets illégaux, et avait diligenté en 2006 une étude financée par la Région et confiée à la CRIIRAD,
étude qui a aboutit à un rapport accablant !

Au moment même où l’Aube et la Champagne-Ardenne sont ciblés par l’ANDRA pour stocker en profondeur
des déchets FA-VL  dans une des 11 communes auboises candidates,
des déchets MA-VL et HA-VL à BURE ,
et pour entreposer des déchets FA-VL et MA-VL à Morvilliers
les résultats de cette enquête pose toujours le problème de la confiance que l’on peut accorder aux activités de l’ANDRA.

Il faut savoir que jusqu’à aujourd’hui l’ANDRA ne s’est intéressé qu’à l’impact théorique (lire page 3), de ses rejets, en faisant toujours référence à une population virtuelle, qui vivraient en autarcie dans une zone située sous les vents dominants
et en bordure du ruisseau, les Noues d’Amance...

Marie-Claude DUPUIS, directrice de l’ANDRA avait même déclaré le 3 avril 2007 devant la caméra de france3, “qu’on ne pouvait faire le lien entre les rejets de l’ANDRA et d’éventuels cancers !

Nicolas DHUICQ, député-maire de Brienne-le-Château, où se trouve le terminal ferroviaire de l’ANDRA, a toujours clamé qu’il ne faut pas voir le nucléaire avec des yeux négatifs , et a déclaré le 17 octobre, à propos d’une éventuelle contamination nucléaire, “qu’il faut sortir des fantasmes” .

Les associations locales et tous ceux qui le souhaitent vont s’employer à trouver les moyens de démontrer le contraire.
En effet, comme beaucoup de scientifiques, on est en droit de considérer qu’il y a, dans le Soulainois un cumul de faibles doses : celles des retombées de nuage de Tchernobyl, et celles des rejets quotidiens de l’ANDRA.

Les récentes actions juridiques menées contre l’ANDRA par le CIVC (Comité Interprofessionnel du vin de Champagne) qui refuse la présence de rejets radioactifs à 9 km du vignoble de champagne, prennent maintenant une nouvelle dimension.

 

 

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