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Cancers et Leucémies



Une chose est sûre : la radioactivité est responsable du développement de 
cancers chez les humains.


1 - Mécanismes de développement des cancers

Les cancers correspondent à la multiplication de cellules anormales, qui ne répondent plus aux mécanismes de contrôle de l’organisme et des tissus.
Il faut plusieurs années voire plusieurs dizaines d’années, entre l’exposition à l’agent causal, et l’apparition des tumeurs induites.
Les facteurs favorisant le développement des cancers sont :
- l’âge : l’enfant dont l’organisme est en croissance et dont les tissus sont le siège de prolifération cellulaire est plus radiosensible que l’adulte,
- l’atteinte des tissus en division cellulaire permanente, comme la moelle osseuse (d’où les leucémies),
- l’interaction avec d’autres produits cancérogènes, ou produits stimulant la multiplication cellulaire,
- l’altération des fonctions immunitaires,
- des facteurs génétiques.

Les cancers sont des maladies fréquentes, dont la fréquence augmente avec l’âge. La mortalité globale par cancer est d’environ 25% dans les pays développés (2e cause de mortalité après les maladies cardiovasculaires). L’incidence des cancers dans la population dépasse 30% : environ une personne sur trois développera un cancer au cours de sa vie. 


2 - Les effets de la radioactivité sur la santé

Les effets apparaissent en fonction de la dose, quantité d’énergie reçue par les cellules. Il existe deux catégories d’effets :
a - les effets obligatoires ou déterministes, dont la cause essentielle est la mortalité cellulaire. La mort cellulaire, qui est à la base de la radiothérapie, se produit surtout lors de fortes doses, mais elle explique aussi les effets précoces des irradiations accidentelles (pompiers à Tchernobyl, décès du mal des rayons à Hiroshima-Nagasaki...). Ils suivent une relation dose-effet ayant un seuil et un temps de latence spécifiques de l’organe, de l’effet considéré et de l’âge.
b- les effets aléatoires ou stochastiques, cancers ou éventuels effets héréditaires dont la fréquence augmente avec la dose mais pas la gravité. On n’a pas identifié jusqu’à présent d’excès d’effets héréditaires dans les populations humaines. Les caractéristiques des effets stochastiques sont donc des extrapolations des données sur les cancers radio-induits.


3 - Existe-t-il un seuil ?

Oui, pour les effets déterministes : chaque effet se manifeste au-delà d’un niveau de dose seuil.
Non, pour les effets stochastiques : ( doses inférieures à 100 mSv )


4 - Fréquence et gravité


Pour les effets déterministes, la gravité augmente avec la dose et le débit de dose au-dessus du seuil.
Pour les effets stochastiques, la fréquence augmente avec la dose et le débit de dose.


5 – Temps de latence

Pour les effets déterministes :
Court : de quelques heures à quelques semaines, et d’autant plus court, que la dose (et débit de dose) est élevée. Il dépend du taux de renouvellement dans les tissus correspondants (moelle osseuse, épiderme, muqueuse intestinale, spermatogenèse).
Long : supérieur à une année (cataracte, fibrose, hypothyroïdie)

Pour les effets stochastiques :
Long : plusieurs années à dizaines d’années.


6 - Effets biologiques aux faibles doses

On appelle « faibles doses » les doses inférieures à 100 mSv,
et « très faibles doses » celles de quelques mSv ou moins.
Les personnes pouvant être exposées aux faibles doses de rayonnements ionisants d’origine artificielle sont notamment :
- les praticiens des examens radiologiques ou de médecine nucléaire ;
- les travailleurs de l'industrie nucléaire, lesquels subissent (sauf circonstances accidentelles) des expositions inférieures à 50 mSv. Il n’est pas observé, à ces niveaux de dose, d'augmentation de la fréquence des cancers et leucémies.
Il n’en a pas été de même dans le passé dans certains cas, tels que :
- les cancers des os chez les peintres de cadrans lumineux (radium) ;
- les cancers hépatiques chez les malades ayant reçu des injections d’oxyde de thorium ;
- les cancers du poumon chez les travailleurs ayant manipulé du plutonium.

Remarque : aucun effet n’a été observé à ce jour après des irradiations aiguës inférieures à 100 mSv.

L’absence d’excès d’effets tardifs ne signifie pas pour autant qu’aux faibles doses il n’y ait pas de lésions ni de réponse biologique précoce. Mais ces réponses, observées pour des doses de quelques mGy, n’ont pas de conséquence tardive.


7 - Cancer radio-induit


Le cancer est le risque tardif redouté après une exposition aux rayonnements ionisants. Après irradiation à forte dose et/ou débit de dose, un excès de cancer a été observé dans pratiquement tous les organes et tissus. Il n'y a pas de spécificité clinique apparente des cancers radio-induits.

Certains types de cancers sont considérés comme inductibles par les rayonnements ionisants. Par exemple, la leucémie myéloïde aiguë peut être radio-induite alors que la leucémie lymphoïde chronique ne l’est pas.

L'âge au moment de l’exposition influence le risque de cancer. Ex : le cancer de la thyroïde (cancer de type papillaire) dont le risque d’apparition est augmenté si l’irradiation a lieu pendant la période de croissance (du fœtus à l’adolescent), avec un risque relatif de 7,7 par Gray. Ce risque est quasi inexistant si l’irradiation a lieu à l’âge adulte.

Le temps de latence est long entre l’irradiation et l’apparition des cancers. Il est variable selon le type de cancer (leucémie : 2 à 10 ans, cancers solides : 5 à 10 ans ou plus).

Parmi les cancers, on distingue :
- les leucémies dont la fréquence globale est faible (2,5 pour 100 000), variant peu en fonction de l’âge, mais ce sont les types de leucémies qui varient aux différents âges de la vie. Certains types sont radio-inductibles (en particulier les leucémies myéloïdes aiguës) ; une alerte a été lancée en décembre 2016 autour du site de SOULAINES :


- les tumeurs solides avec :
- les sarcomes, tumeurs du tissu conjonctif (tissu de soutien). Ils sont peu fréquents, les types histologiques varient au cours de la vie : par exemple, l’ostéosarcome « spontané » (sarcome de l’os, plutôt situé au niveau du genou) apparaît chez l’enfant et l’adolescent. Les ostéosarcomes spontanés sont exceptionnels chez l’adulte après 40 ans. Des ostéosarcomes radio-induits ont été observés au niveau de l’orbite chez des personnes qui avaient été irradiées pendant l’enfance pour des tumeurs de la rétine, au niveau des mâchoires chez des femmes, peintres de cadrans lumineux, qui avaient été exposées de façon chronique à des sels de radium (radium 226 et radium 228) ;
- les tumeurs épithéliales développées à partir des épithéliums de revêtement (épiderme, muqueuse intestinale, muqueuse bronchique, muqueuse de la vessie…) ou des organes (hépatocytes du foie, cellules rénales...). Ce sont les tumeurs spontanées les plus fréquentes (plus de 90 %) et leur fréquence augmente avec l’âge. Ce sont des cancers de l’adulte, pour l’essentiel au-delà de quarante ans. De nombreux types histologiques de cancers épithéliaux sont inductibles et leur développement favorisé par les irritations chroniques ou les infections (syndrome inflammatoire chronique).

Dans les jours et les semaines qui ont suivi les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki, on a remarqué, des effets précoces de l’irradiation, syndrome aigu ou subaigu d’irradiation appelé mal des rayons.Dès 1950, une augmentation des leucémies a été suspectée et, dans les années 1970, il y a eu confirmation de l’augmentation d’autres types de cancers, que l’on appelle cancers solides (poumon, sein, ganglions, colon, etc.) par opposition aux leucémies, c’est-à-dire les cancers du sang, dits cancers liquides. Les cancers sont plus nombreux, mais tous les habitants n’ont pas pour autant développé un cancer. Sur environ 86 000 personnes suivies depuis 1950, on considère qu’il y a entre 500 et 600 cancers de plus que les quelque 9 000 cancers spontanés attendus dont environ 90 leucémies.

En épidémiologie, la population surveillée à Hiroshima-Nagasaki constitue le groupe le plus important. Elle concerne environ 86 000 personnes des deux sexes, de tous âges, irradiées à toutes doses, dont le corps a été exposé dans son ensemble, avec des doses reçues, décroissantes de l’épicentre de l’explosion vers la périphérie des villes. Près de 70 000 personnes ont reçu une dose inférieure ou égale à 100 mSv, dont environ 30 000 personnes une dose comprise entre 5 mSv et 100 mSv.
C’est donc l’étude épidémiologique de référence, y compris aux faibles doses.

La plupart des études épidémiologiques concernant les travailleurs et les malades irradiés montrent le même type de courbe « dose-effet » avec des incertitudes analogues en dessous de 100 à 500 mSv. Les résultats sont similaires chez l’animal de laboratoire.
Les relations dose-effet sont considérées comme linéaires, mais en dessous de 0,5 Sv, les incertitudes sont importantes.

L’excès de leucémies, observable aux fortes doses, diminue quand la dose diminue jusqu’à ce que l’on descende à un niveau pour lequel l’épidémiologie ne montre pas de différence de fréquence entre le groupe irradié et le groupe non irradié. Ce domaine de doses correspond aux faibles doses, domaine de l’irradiation naturelle, médicale, diagnostique, ainsi qu’à la plupart des expositions industrielles dès lors qu’elles ne sont pas accidentelles. Ce domaine des faibles doses, correspond à des doses inférieures ou égales à une centaine de fois celle de l’irradiation naturelle annuelle : cela est observé pour la fréquence d’apparition (l’incidence) et pour la mortalité par leucémies.
Remarque : le seuil calculé par les modèles mathématiques est de 100 mSv pour les leucémies. Pour les cancers solides dans leur ensemble, les modèles mathématiques ne mettent pas en évidence de seuil.


8 - Quelques exemples de contamination


Contamination interne par le radium 226
Les ouvrières ayant peint des cadrans lumineux avec une peinture à base de radium ont absorbé, entre 1903 et 1926, jusqu'à 1 mg de radium 226 (37 MBq), entraînant des irradiations alpha ayant pu atteindre 500 Gy. Cette absorption s'est faite en appointant le pinceau avec les lèvres ; le radium ainsi ingéré demeure fixé sur les os pour la vie.

Contamination interne par le plutonium 239

Les 26 travailleurs qui ont travaillé au laboratoire de Los Alamos, sur le projet Manhattan, ont subi des doses importantes par inhalation et par ingestion de plutonium (élément radioactif alpha appelé « la substance la plus toxique connue de l'homme »). Pourtant, ces travailleurs sont restés étonnamment en bonne santé.

Contamination interne par le thorium 232
(thorotrast)
Le thorotrast est une solution d’oxyde de thorium, utilisée de 1928 à 1955 comme produit de contraste radiologique. Le thorium 232 est un élément radioactif naturel (demi-vie 1,47.1010 ans), dont les particules alpha ont un parcours de 40 μm dans les tissus. Il a été injecté à des centaines de milliers de patients à des volumes de 1 à 100 ml, correspondant à des activités de 2 à 200 kBq. Le premier cancer a été observé en 1947 et il a été suivi d'une longue série. Le cancer du foie a été plus fréquent, son apparition (vingt à vingt-huit ans après l'injection) est d'autant plus précoce que l'activité injectée est plus grande.

Irradiation par la radioactivité naturelle
En France (dose d'irradiation d’origine naturelle, entre 1,5 et 6 mSv/an), les études n'ont détecté aucun accroissement du nombre de cancers ni de leucémies en fonction de la dose d'irradiation.
Dans les régions où des dizaines de milliers de personnes reçoivent, depuis toujours, des doses de 10 mSv / an et plus, les études n'ont décelé aucune augmentation de la fréquence des cancers et des leucémies ni de la fréquence des malformations congénitales.

Radioactivité et thyroïde.
La thyroïde est un des organes les plus sensibles à l’action cancérigène de l’iode radioactif. La période de latence est d’environ dix ans, et le maximum des tumeurs survient vers vingt ans après l’irradiation, puis le risque diminue mais reste élevé. Le risque est maximal chez les enfants irradiés, et très faible chez les adultes (mais deux à trois fois plus grand chez la femme que chez l’homme).
Après l’accident de Tchernobyl, en 1986, on a constaté en Ukraine et en Biélorussie une augmentation considérable des cancers de la thyroïde chez les enfants fortement contaminés par les iodes radioactifs et âgés de moins de 10 ans au moment de l’accident. En revanche, il n’y a pas d’augmentation des autres cancers et des leucémies chez ces enfants. En France, on n’a observé aucune augmentation de l’incidence des cancers de la thyroïde ni d’autres organes après cet accident.

Radon et cancer du poumon Le cancer du poumon est connu depuis 1870. Entre 1870 et 1900, seulement quarante cas ont été signalés au niveau mondial.
À partir de 1910 environ, on constate un accroissement significatif du nombre des cancers du poumon chez les
mineurs des mines d’uranium de la Saxe, accroissement dû à la forte teneur en radon dans ces mines, mais encore en augmentation chez les mineurs fumeurs, ou plus tard, après 1945, chez les mineurs de fond.
Les effets ci-dessus, extrapolés pour les populations exposées à l'irradiation naturelle aux faibles doses, conduisent, lorsque l’on applique le modèle dit « de la relation linéaire sans seuil », aux estimations impressionnantes qui apparaissent parfois dans les rapports d’organismes nationaux ou internationaux.
Par exemple, l'Agence de protection environnementale des États-Unis (EPA) indique que le radon serait une cause majeure du cancer du poumon (d’après les données de 1983, il y aurait dans ce pays 20 000 cas de cancers causés chaque année par le radon) et encourage un programme de protection des locaux d'un énorme coût financier, dont la justification sanitaire reste à démontrer.
Pourtant, des scientifiques reconnus ont exprimé leur désaccord avec la RLSS : en 1980, L.S. Taylor, président honoraire du Conseil national de radioprotection et de mesure des rayonnements des États-Unis (NCRP) écrivait que l'application de la RLSS est une « utilisation immorale de notre connaissance scientifique ».


9 - Effets bénéfiques des rayonnements ionisants à faibles doses

La communauté scientifique internationale s’intéresse aux effets bénéfiques des rayonnements aux faibles doses :
l'hormesis. Depuis 1970, ces effets ont fait l'objet de très nombreuses recherches pour lesquelles des milliers de références sont mentionnées dans le rapport du comité scientifique de l'ONU, publié en 1994.

Accroissement de la longévité
Les effets bénéfiques des rayonnements, sous certaines conditions, sont demeurés longtemps inaperçus. Il était considéré comme un dogme :
- que les rayonnements X et gamma présentaient la même efficacité biologique ;
- que le débit de dose n'était pas à prendre en considération.
Pourtant il n'en est rien. Des
études récentes sur les rayonnements X et γ ont démontré que le rayonnement γ à faible débit de dose stimule les réparations cellulaires, ce qui n’est pas observé pour le rayonnement X, toujours produit à haut débit de dose.

Résistance accrue à une irradiation importante après une première irradiation à faible dose.
L'expérimentation de laboratoire portant également sur des cellules humaines a montré que si l'on donne une petite dose de quelques cGy, puis, après quelques heures d'attente, une dose importante de 3 Gy par exemple, on observe que le nombre des anomalies génétiques sur l'ADN est nettement inférieur à celui obtenu pour la même dose de 3 Gy donnée directement.
On peut parfois se trouver dans une situation exceptionnelle où une faible dose reçue auparavant protège la victime.

Action antitumorale des faibles doses
Des chercheurs japonais ont utilisé les irradiations à faibles doses pour supprimer les cellules cancéreuses réapparaissant après un traitement conventionnel par radiothérapie.
La thérapie des cancers par les faibles doses a montré une stimulation des systèmes immunitaires : des rémissions de plus de dix ans ont été obtenues et le taux de guérison des patients atteints de lymphomes non hodgkiniens a été augmenté de 50 % à 84 %.
On envisage l'application de ces techniques pour le traitement du cancer dans les hôpitaux d'Ottawa et de Toronto.


10 – Les cancers dans la région de Tchernobyl

Suite au tragique accident, les experts
admettent qu'il existe une pathologie de la glande thyroïde, en partie due à l'iode 131, dont la toxicité sera renforcée par le Cs137 dans les tissus.
 
L'augmentation des cancers de la thyroïde a été notée dès 1989 en Biélorussie.

Les leucémies des petits enfants dont les mères avaient été irradiées pendant la grossesse ont été observées également très tôt. Le mécanisme de la survenue de leucémies chez des enfants de mères irradiées pendant la grossesse, avait été déjà décrit dans les années 60.

A Chélyabinsk (Russie) le maximum des pics de leucémie est atteint après 15 à 19 années.

Chez les liquidateurs, Okeanov note un doublement de l'incidence des leucémies après 9 ans, mais ce n'est bien entendu pas encore le pic. Il précise que chez les liquidateurs qui ont travaillé plus de 30 jours sur le site contaminé, l'incidence de la leucémie a déjà triplé.

Entre 1993 et 1995 des épidémiologistes notent une augmentation de l'incidence des cancers, en particulier chez des jeunes, l'âge moyen des liquidateurs étant de 33 ans.

Chez les liquidateurs femmes, le cancer de la thyroïde a également augmenté de façon significative. Il en est de même à Gomel, à 180 km de Tchernobyl, avec une augmentation évidente des cancers du côlon, du rectum, du poumon, du sein et des voies urinaires.

On a constaté une épidémie de leucémies du petit enfant dans les zones les plus touchées par les retombées de Tchernobyl, en Grèce, à 1000 km de Tchernobyl.

Vous trouverez une description des plus complètes dans ce
rapport sur Les rencontres à l’OMS, le 18 juillet 2002.


11 – Les normes internationales : controverse

Les essais nucléaires atmosphériques ont entraîné la dispersion de quantités de césium 137 & 134, d’iode 131, de strontium 90 et d'autres isotopes cancérigènes, sur l'ensemble de la planète. Ils ont été terriblement préjudiciables à l'environnement et à la santé.
Actuellement, la
dose maximale admissible est fixée à 1 milliSievert pour la population et 20 milliSievert pour les salariés du secteur nucléaire.

Ce sont des limites contestées par le Comité Européen sur le Risque de l’Irradiation, CERI, soutenu par le groupe des Verts au Parlement européen, qui préconise 0,1 mSv pour la population et 5 mSv pour les salariés du nucléaire.
Aujourd'hui, un modèle mathématique doit être élaboré afin d'évaluer les risques pour de faibles doses.
Le risque est sous-évalué parce qu'invisible. "Soyons plus prudents", affirme le CERI contestant les modèles "basés sur des calculs de moyennes" au niveau d'un organe ou du corps entier.

Dans un livre, Recommandations 2003, le CERI explique :
L'évaluation des risques liés à une exposition aux radiations, telle qu'adoptée aujourd'hui par les experts en radioprotection, et qui sert de référence à la législation européenne en vigueur, est grossièrement insuffisante et scientifiquement obsolète.
Le CERI ne se contente pas d'analyser les insuffisances du modèle adopté pour rendre compte des effets de la radioactivité sur l'homme, mais il propose une approche nouvelle. Il se base sur toutes les données épidémiologiques disponibles, et introduit pour le calcul des doses reçues des facteurs de pondération biologiques et biophysiques, qui rendent compte des effets biologiques au niveau cellulaire pour tous les types d'irradiation, et notamment par contamination interne. Ainsi, les effets d'une contamination par des particules radioactives microscopiques (notamment de plutonium ou d'uranium appauvri) se révèlent 100 à 1000 fois plus graves que prévu par les instances officielles.
De même, l'exposition à certains radio-isotopes particuliers comme le carbone 14, tritium ou encore le strontium 90, produits et rejetés par l'industrie nucléaire, est largement plus dommageable qu'envisagé à ce jour.
Les scientifiques du CERI recommandent en conclusion des valeurs limites plus sévères pour les doses reçues par le public, et les travailleurs du nucléaire et, en conséquence, une re-évaluation des exigences légales à l'égard de l'industrie nucléaire.

Nous sommes prévenus contre les expositions prolongées aux rayons solaires, mais rarement contre la radioactivité environnementale (rejets de l'industrie nucléaire, catastrophe de Tchernobyl, retombées d'essais nucléaires…), source de nombreux cancers des poumons ou de la peau. Les autochtones et les militaires irradiés font les frais des essais nucléaires en Polynésie française. L'état militarisé ne veut jamais reconnaître facilement ses tords !

12 – Epidémiologie : controverse

Combien pouvait-on
attendre de cancers mortels lorsqu'une population donnée était soumise à une dose de rayonnement connue ?
Cette grandeur était caractérisée par le facteur de
risque cancérigène, un système de radioprotection fondé sur des données fausses !
L'étude officiellement retenue comme valable était le suivi de mortalité des survivants d'Hiroshima et de Nagasaki. D'après cette étude, ce facteur de risque était faible.
L'étude faite à partir de 1977 sur les travailleurs du centre nucléaire de Hanford (USA) donnait des valeurs beaucoup plus élevées. Elle ne fut jamais prise en compte. Cependant, à partir de 1980, de nombreux avatars s'abattirent sur l'étude officielle concernant les survivants.
Finalement, après diverses révisions et en utilisant le bilan de mortalité effectué sur une période plus longue, les résultats donnaient un facteur de risque cancérigène 14 fois plus élevé que le précédent. Adopté tel quel comme fondement de la radioprotection, ce facteur de risque serait extrêmement pénalisant pour l'industrie nucléaire. Les experts officiels introduisent, sans pouvoir s'appuyer sur une base expérimentale, des coefficients de réduction qui permettent de maintenir l'effet cancérigène dans des limites raisonnables. Mais une révision à la hausse était inéluctable et a dû être effectuée : officiellement, en 1990, le facteur de risque cancérigène du rayonnement a été multiplié par 4 par rapport aux estimations de 1977 qui servaient de référence.

 On admettait que les faibles doses de rayonnement ne pouvaient avoir d'effets sur la mortalité pour des maladies autres que les cancers et qu'il ne pouvait y avoir de conséquences sur la morbidité, (incidence des maladies).

L'épidémiologiste anglaise
Alice STEWART, au début des années 80, d'après les données accessibles sur les survivants japonais, avait mis en évidence un excès de mortalité par maladies infectieuses dont il n'était pas tenu compte. Cet effet se produisait pour des doses très élevées. Il serait dû à une atteinte de la moelle osseuse conduisant à un affaiblissement du système immunitaire. À partir de ce résultat, il était possible d'admettre que si, au-dessus d'un certain niveau de rayonnement, l'affaiblissement du système immunitaire pouvait conduire à des issues fatales pour certaines maladies infectieuses, on pouvait s'attendre pour des doses plus faibles à un accroissement de l'incidence des maladies infectieuses non fatales. Le suivi des survivants japonais ayant exclu les problèmes de morbidité, il n'est pas possible à partir de cette étude de conclure sur ce dernier point. D'autre part le recensement des survivants japonais d'Hiroshima et de Nagasaki n'ayant commencé qu'en 1950, les effets à court terme n'ont pas pu être observés. Ainsi, pour les officiels, les conséquences d'un accident nucléaire grave se résumaient de la sorte : à court terme, un nombre assez petit de personnes fortement irradiées, et, à long terme, un excès de mortalité par cancers détectable seulement par des statistiques de mortalité.


Tchernobyl a bouleversé complètement ces vues. La population avait assez rapidement constaté que la situation n'était pas normale. Elle avait vu que les animaux étaient affectés, car il apparaissait des naissances
monstrueuses, en nombre anormalement élevé.
Puis les problèmes ont surgi dans la population elle-même. Ainsi, trois ans après le désastre, on observa sur les territoires contaminés, loin du site, en Biélorussie et en Ukraine, une aggravation de la morbidité sous des formes quasi épidémiques, en particulier pour les maladies thyroïdiennes chez les enfants, pour les maladies infectieuses et les maladies du sang L'effet était suffisamment important pour que la population se rendît compte directement, sans l'aide d'experts en statistique, que sa situation sanitaire était tout à fait  anormale. Il n'était pas possible de cacher aux populations que leur santé avait subi des dommages à la suite de la contamination radioactive de leur territoire.
Il est probable que :

1. Les doses reçues par la population ont été fortement sous-évaluées.


2. Outre l'irradiation externe directe, une partie importante des doses reçues provient de la contamination interne par les radioéléments ingérés et inhalés.
3. Enfin, on ne peut exclure a priori un effet de synergie de la contamination radioactive avec d'autres polluants.

13 – Nos petits  enfants

On expliquera peut-être un jour à nos petits enfants qu’après :
tabac, amiante, plomb, OGM, pesticides, il faut ajouter les soit-disantes faibles doses de la radioactivité artificielle…

 

 

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