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Impact sur les animaux




Il existe hélas trop peu de communications accessibles concernant les expériences de laboratoires concernant les effets des faibles doses de radiation sur les animaux.
C’est dommage.
 
En France, durant les premiers
jours, de mai 1986, la radioactivité bêta totale dans l’air a atteint 8 Bq par m3, à la frontière italienne.
L’IPSN a calculé 15 000 Bq d’iode 131 par litre de lait de chèvre en Corse.
On connaît également les
quantités, de césium 137 déposées sur le sol, qui ont dépassé les 30 000 Bq/m2 sur les reliefs de l’est.
D’où quantité de pathologies dont les cancers, qui se sont révélés et se révèleraient durant des dizaines d‘années ?
Alors, mais ce n’est peut-être qu’une idée stupide, pourquoi ne pas faire vivre des animaux, à durée de vie courte, ( si toute fois les extrapolations avec l’homme sont valables ) dans de telles conditions, et vérifier leur état de santé, et celui de leurs descendants ?

A - Les expériences en laboratoire


Dés 1930, le médecin Antoine
LACASSAGNE, réalise une expérience, qui représente le premier cas de cancérogénèse. Il montre que l'on provoque des cancers avec une très faible dose de radiation, agissant sur des foyers infectieux, alors que ces doses sont sans effet sur des tissus non enflammés.

De nos jours, l’Institut
Curie, et différentes facultés de médecine, comme celle de Toulouse, travaillent sur les faibles doses.

De même les laboratoires du CNRS, comme celui de
Bordeaux, qui développe des techniques d'irradiation en microfaisceau (ion par ion) pour mettre en évidence les différents mécanismes cellulaires de réponse à l'irradiation de l’homme avec des faibles à long terme.

Au CEA, la direction des sciences du
vivant, fait des recherches sur les effets des faibles doses (<100 mSv) et des très faibles doses (quelques mSv), doses comparables à celles auxquelles sont naturellement soumis les êtres vivants (radioactivité naturelle).
A ces niveaux, les études ne mettent pas en évidence d'effet délétère. Cependant, les interrogations persistent et se focalisent sur l'influence de la nature du rayonnement et de la durée d'exposition.

Après Tchernobyl, s'est posée la question des conséquences des contaminations chroniques dues aux faibles doses. De nouvelles pathologies sont apparues : pathologies cardiovasculaires, troubles du comportement, baisse de fertilité, tous liés à la consommation d'aliments faiblement contaminés. 

L’IRSN a alors lancé le programme ENVIRHOM.

ENVIRHOM.

L’un des objectifs d’ENVIRHOM est d’identifier, à partir de modèles expérimentaux sur l’animal, les effets biologiques et les dysfonctionnements éventuels induits par les radionucléides sur les grandes fonctions physiologiques (systèmes nerveux central, immunitaire, reproducteur, etc.).

Les
études portent sur des algues microscopiques, des mollusques, des crustacés, des daphnies, des insectes, des écrevisses, des poissons, des rats, et sur l’activité microbienne des sols.

Elles mettent en évidence des modifications du fonctionnement du système nerveux, de la respiration, de la digestion et de la reproduction à très faibles doses :
- diminution de la croissance chez les algues monocellulaires,
- diminution de la respiration chez les escargots,
- anxiété et troubles de la mémoire et du sommeil chez le rat.
En réalisant des hypnogrammes, pour étudier les différents états de vigilance (éveil, sommeil lent, et sommeil paradoxal) on a constaté une perturbation du cycle veille-sommeil.
 Les premiers résultats  montrent :
- des effets sur le contrôle de la motricité et de certaines fonctions cognitives
- une réduction des capacités de mémorisation spatiale et d’apprentissage,
- une augmentation des comportements anxieux.
- voire des caractéristiques de la maladie de Parkinson.

Ce qui m’a fait écrire dans le chapitre Les faibles doses :
Est-ce-que ces rats seraient atteints d’une sorte de maladie d’Alzheimer…?

Chez le rat contaminé de façon chronique à l’uranium appauvri (1 microgramme par jour), les radionucléides s’accumulent dans la plupart des organes (reins, squelette, intestin grêle, cerveau, muscle, foie...).
De plus, le processus d’élimination des médicaments, des polluants ou des pesticides, et donc le système de protection de l’organisme contre les agressions extérieures, sont affectés.

On constate également des
problèmes sur le métabolisme du médicament, de la vitamine D et du cholestérol.

Par ailleurs, l’uranium enrichi modifie certaines fonctions du système nerveux.

L’
eau utilisée dans ces expériences contenait 40 milligramme d'uranium par litre, (soit 1 milligramme/j/rat ), concentration qui correspond quasiment, aux concentrations naturelles les plus fortes, répertoriées dans des eaux profondes du sud de la Filnlande. 

Pour le césium 137, l’eau contenait 6 500 Bq par litre, (soit 160 Bq/j/rat).  Cette concentration correspond à environ 2 fois le niveau admissible de consommation pour l'eau de boisson, tel que défini par les autorités soviétiques le 6 mai 1986, soit immédiatement après l'accident de Tchernobyl.

Les études portaient sur des durées de contamination variables, allant de 1 mois à toute la vie de l'animal (2 ans).

Des expériences avec du sélénium sur l’effet de traversée des sols ont montré que la pénétration varie selon que le sol est stérile ou vivant, riche ou non en micro-organismes. Dans le premier cas, le produit traverse le sol, dans le second cas, il reste en surface.

A noter dans les
projets : l’étude d’émetteurs bêta, gamma à vie longue susceptibles d’être libérés dans la biosphère après stockage à long terme des déchets radioactifs, C14, Se79, Tc99, Cl36, I129, Nb94, Ni63
Ces actions futures seront essentiellement axées sur l’étude des effets lors de multi-pollutions et sur les mécanismes d’adaptation des organismes vivants lorsque l’exposition s’étale sur plusieurs générations.

Ce
mémoire très illustré, explique comment l'uranium se fixe dans le cerveau. Elle met aussi en lumière le rôle chimique de l'uranium qui, comme le plomb, le mercure, le manganèse, le cuivre, et l' aluminium, sont reconnus neurotoxiques, et sont aujourd’hui mis en cause dans l’émergence de maladies neurodégénératives (Parkinson, Alzheimer, sclérose en plaques)


Pour en savoir plus sur les études en cours.


B - Les expériences « grandeur nature » : Tchernobyl

Hélas, la région de Tchernobyl est devenue un vaste laboratoire où l’on peut étudier la nature contaminée, selon la distance au réacteur…

Il est regrettable, là encore que les différentes entités internationales qui y travaillent, notamment dans le cadre des programmes
CORE et ETHOS ne soient pas plus généreuses en communiqués…

Lorsqu'il était recteur de l'Institut médical de
Gomel, Youri Bandajevski avait pratiqué des autopsies sur des cadavres de gens dont le décès, prétendait-on, n'était pas lié à Tchernobyl. En comparant leurs organes avec ceux de rats nourris de céréales contenant du césium, il avait fait une troublante découverte: «les altérations pathologiques des reins, du coeur, du foie et des poumons étaient identiques à celles constatées chez les cobayes». Conclusion, le césium avait bien rendu ces gens malades, et provoqué leur mort.

Dans le
kolkhoze Petrovski, dans le district de Naroditchi, on a photographié un porcelet dont la tête ressemblait à celle d'une grenouille, un poulain à 8 pattes…
On parle de bocaux pleins de carpes sans bouche s'alimentant par les ouïes !
Des visions de cauchemars, !
Le nombre de malformations d’animaux de ferme, à la naissance, aurait explosé.

En 1987, on a vu des sapins avec des branches aussi larges en haut qu’en bas. On a vu des feuilles géantes de chêne, de tilleul, d'acacia blanc et de marronnier.. Ces feuilles d'une dimension jamais atteinte avaient une forme tellement dénaturée, et prenaient parfois des contours si capricieux qu'on ne pouvait plus déterminer l'espèce à laquelle elles appartenaient.

L’Irlande et la Scandinavie doivent toujours organiser des campagnes de
surveillance pour les troupeaux de moutons et de  rennes. D’autant plus, explique la Commission "que des taux de contamination au césium 137 pouvant aller à plusieurs milliers de Bq/kg sont atteints dans le gibier, les baies sauvages, les champignons sauvages et dans les poissons lacustres carnivores, provenant de certaines régions en Allemagne, Autriche, Italie, Suède, Finlande, Lituanie et Pologne."

Bien que les
niveaux de contamination aient eu tendance à diminuer pendant un certain temps après l'accident, il apparaît de plus en plus qu'un équilibre écologique a été atteint. Tel est notamment le cas pour les zones de forêt. La baisse de la contamination semble désormais suivre la période de décroissance radioactive du césium 137, dont la demi-vie est de 30 ans. Si cette tendance se maintenait, une contamination mesurable devrait persister dans ces zones pendant environ 10 demi-vies, soit 300 ans.

Il subsiste actuellement certaines régions d'Europe où des restrictions sont encore imposées à l'abattage et à la commercialisation d'animaux. Cette remarque s'applique, par exemple, à plusieurs centaines de milliers de moutons au Royaume-Uni et à un très grand nombre de moutons et de rennesdans certains pays nordiques.

La forêt constitue un environnement particulier qui soulève encore des problèmes. Compte tenu du fort caractère filtrant des arbres, le dépôt a souvent été plus important dans les forêts que dans d'autres zones. Un cas extrême est celui de la forêt rousse à proximité du site de Tchernobyl, où l'irradiation a été si intense qu'elle a tué les arbres, qui ont dû être détruits en tant que déchets radioactifs. Les forêts étant une source de bois, de gibier sauvage, de baies et de champignons, ainsi qu'un lieu de travail et de loisirs, elles continuent à susciter des préoccupations dans certaines zones et constitueront probablement un problème radiologique pendant longtemps encore.

Les plans d'eau, les cours d'eau, les lacs et les bassins de retenue peuvent, s'ils sont contaminés, représenter une source importante de radio-exposition pour l'homme du fait qu'ils sont utilisés à des fins de loisirs, d'alimentation en eau de boisson et de pêche.

En Suisse et dans les pays nordiques, il a fallu imposer des restrictions à la consommation de poissons. Ces restrictions sont toujours en vigueur, par exemple, en Suède où, dans des milliers de lacs, la teneur en radioactivité des poissons demeure supérieure aux limites fixées par les autorités pour la vente sur le marché.

Dans les zones
arctiques particulièrement fragiles car les cycles naturels y sont très lents, les rennes ont été contaminés par l’ingestion de lichens, et les pays scandinaves ont dû procéder à l’abattage de troupeaux entiers.
Les eaux de surface ont été fortement contaminées rendant les poissons de certains lacs impropres à la consommation, y compris en Scandinavie et en Allemagne, et ce pour plusieurs décennies.

En mars 2006, un chercheur de l'IRSN, exposait l'
état des végétaux et des animaux : « Dans les régions les plus atteintes, on trouve des céréales contaminées à 100 000 Bq par kilo, 1000 fois la limite autorisée. De même pour les herbes, les prairies, les fourrages ou les légumes. Les champignons peuvent atteindre 1 000 000 Bq par kilo. Les animaux d'élevage, boeuf ou porc, sont moins touchés, mais le gibier, les cervidés, notamment, qui mangent des mousses et des lichens, sont très contaminés.»

Etonnamment la Nature s’adapte ! Des pins proches de la centrale accidentée de Tchernobyl ont adapté leur génome pour résister à la
contamination. Certains survivants ont en effet "blindé" leur ADN en y ajoutant des groupes chimiques méthylés. Cette réaction permet aux plantes de protéger les gènes essentiels.
Des chercheurs canadiens et ukrainiens ont vérifié en laboratoire : les jeunes pins plantés dans un terreau contaminé ont montré, après dix ans de croissance, un taux de méthylation de 30% supérieur à la normale. Parallèlement, l'Institut de biologie des mers du Sud (Sébastopol) a établi que deux espèces de vers d'un lac contaminé qui se reproduisent par autofécondation ou par accouplement ont opté pour la seconde solution sous la pression du milieu. Une façon d'assurer la survie par la diversité. Des découvertes prometteuses dans l'étude de la survie des espèces exposées à de fortes doses de radioactivité.

En 1992, des
recherches ont porté sur les méthodes de décontamination. Ainsi le topinambour accumule-t-il avec beaucoup d'efficacité le césium dans ses feuilles !

A Pripiat, une des serres qui fournissaient les habitants en fruits et légumes est devenue un vaste laboratoire de recherche sur l'effet des radiations sur les plantes. Dans d'autres, des chiens, chats, porcs, vaches, visons... vivent dans un milieu pollué. Ils sont ensuite sacrifiés. L’analyse biochimique de leur tissu a révélé que les faibles radiations perturbent le fonctionnement de la membrane des cellules.

La modification des lipides membranaires, pourrait expliquer notamment des phénomènes psychiques comme la dépression, généralement attribuée aux effets psychologiques de la "radiophobie": celle-ci découlerait des atteintes aux membranes des cellules du système nerveux central.
La mortalité accrue dans la région et la grande susceptibilité aux maladies infectieuses courantes (grippe, rhume, infections pulmonaires) pourraient, elles aussi, résulter de l'exposition chronique à de faibles doses de radiations. Ces effets seraient d'autant plus sensibles que l'alimentation est pauvre en légumes frais contenant des vitamines (A, C, E) et autres antioxydants dont le rôle protecteur est connu.
Il semble très probable, que les faibles doses de radiation provoquent un stress organique généralisé, qui mène à un vieillissement précoce de l'organisme. Ces faibles doses ne provoquent pas de changements brutaux dans l'apparence et le comportement des animaux, mais les cellules sont stressées, c'est-à-dire que les mécanismes de défense et d'adaptation de l'organisme travaillent à la limite de leurs capacités.
La composition des lipides dans le cerveau et dans le coeur se trouve changée. D'autres chercheurs ont observé que certaines modifications des phospholipides mènent à des troubles cardio-vasculaires. "Nos animaux semblent vieillir précocement et le nombre de petits dans les portées diminue".
Certains chercheurs occidentaux contestent la validité de ces hypothèses, fondées il est vrai sur de très petits échantillons et sur des observations récentes : ils pensent que les faibles doses de radiations ne suffisent pas à perturber directement le métabolisme des phospholipides.
Les Occidentaux sous-estiment souvent la valeur des travaux scientifiques réalisés en URSS autrefois et dans la CEI aujourd'hui. A tort, explique le professeur Emerit. Ils ont fabriqué la bombe atomique et la bombe à hydrogène, et "marché" dans l'espace. "Dans l'étude de la peroxydation des lipides, ils ont réalisé des travaux remarquables".

 






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