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Nucléaire



Peur du nucléaire !

Faut-il avoir peur du nucléaire ?

Bien sûr ceux que l’on qualifie d’anti-nucléaire vous expliquent qu’il y a lieu d’avoir peur.
Les pro-nucléaire, eux, affirment le contraire.

Vous qui lisez ces lignes, avez-vous peur de prendre l’avion ?
Bien sûr que non !
Vous savez en effet que la
probabilité d’être victime d’un accident d’avion, lors d’un vol d’une durée de 5 heures, est de 1 sur 2 millions !
Et puis vous savez des tas de choses sur les avions.
C’est un moyen de transport familier.
Vous êtes même convaincu que l’avion est plus sûr que l’automobile.
Vous percevez aussi que l’autoroute est plus sûre que la route, etc…

Il y a environ 40 millions de
véhicules qui roulent en France.
Ils parcourent en moyenne 13 000 km/an.
Ils ont été responsables de 150 000 blessés et tués sur la
route en 2006.

L’avion et les crash, la voiture et les accidents de la route, c’est connu, c’est visible, c’est palpable, c’est compréhensible, c’est physique !

Mais le nucléaire ?
C’est physique aussi, mais c’est beaucoup moins visible, parce qu'une irradiation c’est :

  • invisible
  • incolore
  • inodore
  • insipide
  • indolore
  • inaudible, sauf avec un compteur Geiger !

Les 6 i !

Le nucléaire, c’est compliqué, ça demande un peu plus de connaissances, ça demande un effort, ça demande qu’on y consacre un peu de temps !
Et j’ai comme l’impression que les industriels du nucléaire (militaire et civil) en profitent un peu. Ils auraient tendance à exploiter notre méconnaissance du sujet, et même à nous prendre pour des…

Ce n'est pas grave !

On invente la bombe atomique et on en fait exploser 543 dans l’atmosphère, ce n’est pas grave !

On invente les réacteurs nucléaires, on en installe partout, même tout près des villes, pour montrer que ce n’est pas dangereux, (propos attribués au professeur Aurengo), et on oublie de nous dire que cette activité, certes génératrice d’électricité, rejette dans l’atmosphère des quantités d’effluents gazeux et liquides radioactifs, donc dangereux pour l’homme et l’environnement.

On passe sous silence les accidents nucléaires.
Quand on ne peut pas les cacher, exemple Tchernobyl, « on ne nous dit pas tout », on rassure, on ment, on explique que les nuages radioactifs s’arrêtent aux frontières, on minimise les mesures, on minimise les dégâts, on ne mène pas les enquêtes épidémiologiques nécessaires…

Résultat : on a vite fait d'associer nucléaire et mensonge !
Et si il y a mensonge, si on cherche à nous cacher quelque chose, il y a inquiétude, donc peur.
Une peur d’autant plus grande, qu’il s’agit d’un domaine que l’on ne connaît pas.

Ce mensonge par omission est un mode de communication :

«Faut-il tout dire pour bien informer ?»
C’est la principale question posée aux intervenants et re-débattue lors d’un colloque
organisé par l’ANDRA, à Cherbourg, un colloque sur le thème Mieux répondre aux attentes d’information du public .
Voir le
communiqué de presse ACRO du 3 avril 2007.
L’ANDRA aurait-elle quelque chose à cacher ?


1 - La peur du nucléaire

A l’aube du XXe siècle, lorsque les époux Curie découvrent le radium, les foules 
enthousiastes iront jusqu’à consommer des crèmes de beauté à base de radium, des eaux minérales radioactives, des potions aux noms évocateurs comme le “Radithor”. Chacun rêve, avec les savants, d’une ère de fécondité grâce au nucléaire.
Jusqu’au jour où l’explosion des bombes atomiques d’Hiroshima et Nagasaki, suivie de la contamination des survivants déchaînent, après la deuxième guerre mondiale, la grande peur du nucléaire.

Dans les esprits, tout se mélange : la destruction volontaire par l’arme nucléaire, les applications civiles, comme les centrales électriques ou les techniques thérapeutiques. Plus question alors de rappeler que l’eau du Massif central est légèrement radioactive, ou que les murs en granit des jolies chaumières bretonnes le sont aussi…

Quelle que soit la dose de radiations, elle provoque la panique : inconsciemment, bon nombre des terriens pense qu’en touchant au coeur de la matière, les savants ont transgressé les lois de la nature, ce qui appelle une punition…


2 - La peur de l’atome


Cette
expression renvoie aux craintes liées au caractère à la fois invisible, démiurgique et létal du nucléaire. Le nucléaire est perçu comme une menace invisible, fruit de manipulations dans le secret des laboratoires, et susceptible de tuer massivement. Cette peur a inspiré de nombreux artistes, penseurs et philosophes dans le contexte de la guerre froide comme Karl Jaspers ou le cinéaste Stanley Kubrick dans Docteur Follamour.
Enfin, la peur de l’atome est associée à la contestation sociale des années soixante-dix. Le nucléaire lié au complexe militaro-industriel est alors associé à la société policière.
 

3 - La culture du secret

Largement imputable aux origines militaires des différents programmes nucléaires, la culture du secret a sans aucun doute fortement influencé le nucléaire civil. Cette nécessité stratégique du secret explique l’absence originelle de communication sur les risques associés à la production d’énergie nucléaire. Si la communication s’est améliorée, elle demeure problématique. Conséquence perverse de cet héritage, le secret est parfois invoqué au nom de la tranquillité des populations. 
 

4 - Les biais de perception à l’égard des risques nucléaires

Le risque nucléaire serait perçu négativement en raison de biais de perception psychologiques : les populations sont inquiètes parce qu’elles ont le sentiment de ne pas maîtriser le risque nucléaire. De plus, les accidents servent « d’ancrage psychologique » à la perception du risque. Tchernobyl, référence incantatoire de tous rapports ou articles sur ce sujet en est l’exemple type.


5 - La complexité technique et scientifique de cette activité à risque.


Contrairement aux risques liés à la production d’énergie par centrale thermique, ceux liés à la filière nucléaire sont souvent difficiles à exposer simplement et, en tout cas, très peu connus en raison aussi de la jeunesse de cette industrie, en comparaison de la chimie par exemple. Il est difficile de donner des repères et de communiquer sur des bases acceptables par tous. L’échelle INES, mise en place, tend à pallier cette difficulté. Mais les risques associés à l’énergie nucléaire restent « mal compris » en raison de ce manque de lisibilité. 
 
Ce qui est sûr, c’est que cette
peur du nucléaire, n’a rien d’irrationnel, vu les dangers de cette technologie.


6 - La peur des bombes atomiques

Horrifiantes ! Les bombes de Nagasaki et Hiroshima ont fait comprendre au public l'importance de la découverte de la radioactivité jusqu'alors réservée à quelques scientifiques et experts médicaux. C'est cette terreur, qui a donné au Général de Gaulle l'idée de lancer le programme de dissuasion par la bombe atomique.
Le nucléaire constitue la défense ultime contre un agresseur. Pour être efficace cette dissuasion doit être terrifiante et crédible, c'est-à-dire générer la peur.
La peur a débuté avec la bombe atomatique, puis avec la prolifération des armes atomiques.
C’était à celui qui en aurait le plus ! On avait même peur de faire exploser la planète !

Les premiers responsables du programme nucléaire miltaire français ( désolé de nommer ici Robert GALLEY) ont fait montre d’un comportement coupable, en exposant délibérément les militaires et les populations d'Algérie et d’outre-mer aux radiations. Les autorités continuent dans cette voie, en refusant de reconnaître les dommages humains commis, et de les indemniser à leur juste prix. Voir ce
rapport de la Criirad.

Quels que soient les risques énormes résultant de la dissémination des armements atomiques, à travers le monde, on peut considérer qu’ils ne seront pas plus grands que ceux résultant de l’affrontement des deux Super-Grands, pendant toute la guerre froide. Les générations de plus de 30 ans ont vécu avec cette peur et l’ont supporté.


7 - La peur d’un attentat


Aujourd’hui c’est l'
attentat terroriste qui a pris le relais.
Quelques kamikazes ont appris à piloter les Boeing et à les lancer sur des tours, d’autres pourraient-ils apprendre à viser un réacteur nucléaire ?
Et si ils apprenaient à fabriquer des armes nucléaires ?
Ou tout simplement si ils utilisaient des sources radioactives, comme l’explique ce compte rendu d’une conférence du G7, dans un
wagon de métro !


8 - La peur d’un autre Tchernobyl


La peur qu’un accident se renouvelle dans les centrales de même type, ou dans les centrales vétustes encore en service en Russie et à l’Est de l’Europe, est réelle.
A Tchernobyl même, tout reste encore à faire pour contenir sous un nouveau sarcophage les restes du réacteur 4, et démanteler les 3 autres, puis conditionner tous les déchets, y compris ceux disséminés dans la région (vaste cimetière radioactif).

Il est difficile, dans la gestion des risques, de mesurer exactement les probabilités d’accident et le coût des mesures préventives. Il est encore plus difficile de mesurer le niveau d’acceptabilité par la population.

Les risques d'accident vont encore augmenter avec le
vieillissement des centrales. En France, l’EDF étudie sur des modèles mathématiques le prolongement de la vie des centrales de 25 à 40 ans !
Autre source d'inquiétude, la privatisation de l’industrie nucléaire. Ne va-t-elle pas conduire, au nom de la compétitivité, à un relâchement des contraintes de sûreté trop coûteuses ?

M. Piebalgs, membre de la Commission européenne responsable de l'énergie, a déclaré qu'il était nécessaire de répondre aux préoccupations en matière :

  • de sûreté,
  • de gestion des déchets
  • et de transparence,

qui sont des facteurs cruciaux pour l'acceptation de l'énergie nucléaire par la population.   


9 - La peur d’un accident de transports de matières radioactives

Et le risque est important en France, vu la grande dispersion des centrales sur le territoire.


Sans compter les transports
spéciaux de matières premières entre La Hague et Cadarache, par exmple.


10 - La peur du démantèlement des centrales

Cette peur rejoint celle du retraitement des déchets. Mais les matières à recycler, les volumes et les poids des produits à transporter et à stocker sont d’une toute autre dimension…
Par ailleurs les coûts ont été sous évalués. Et les économies à réaliser lors de la déconstruction, pourraient conduire à des économies de sécurité !


11 - La peur des centres de stockage de déchets radioactifs


Des débats très vifs se sont engagés avec les populations.
Avons-nous le droit de léguer aux générations futures des problèmes insolubles ?
Avons-nous le droit de penser que dans quelques années, dizaines ou centaines d’années, des solutions auront été trouvées ?
Quand on connaît le niveau des fuites à
La Hague !

 

12 - La peur de l’EPR

Le futur réacteur EPR serait le plus
dangereux au monde.

EDF a affirmé que le modèle EPR était parfaitement sûr et que son fonctionnement, même affecté par un accident très grave ou une attaque terroriste, n'entraînerait pas de graves conséquences pour les communautés locales, la France et l'Europe. L’étude de John Large apporte ce démenti :

EDF considère que la probabilité d'un accident est de 1 sur 10 000 000, grâce à une redondance de systèmes de sûreté. Mais ce chiffre ne tient pas compte des problèmes techniques : fuites, pannes d'électricité, erreur de pilotage, inondation, incendie... car EDF considère qu'ils doivent être évités en amont !
De plus, les séquences de fusion de coeur à haute pression, les phénomènes d'explosion de vapeur en cuve et hors cuve, les détonations d'hydrogène sont autant de situations " pratiquement éliminées " car proches de l'impossible !
Cet aveuglement fait peur.

L'EPR est le plus puissant des réacteurs au monde (1600 MW)
Il concentre plus de radioactivité que ses prédécesseurs.
L'utilisation du plutonium comme combustible au lieu de l'uranium, augmente la radioactivité et la toxicité des rejets.
En cas d'accident grave, les conséquences seraient dramatiques

Il y a pire que la peur du nucléaire, il y a l’angoisse du nucléaire !
C’est l’expression utilisée par un journaliste du Monde, à l’occasion de l’
accident de criticité survenu le 30 septembre 1999 au Japon.

 

13 - Ce communiqué de l'ASN du 20/02/08 vous fait-il peur ?

Jean-Luc Lachaume, directeur-adjoint de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), a indiqué qu'il remettra au gouvernement un rapport, afin que les risques sanitaires et environnementaux d'un éventuel accident nucléaire soient mieux pris en compte.

Le parc nucléaire français, le deuxième le plus important au monde après celui des Etats-Unis, compte 58 réacteurs à eau pressurisée répartis sur 19 centrales. Le principe, c'est que toute centrale nucléaire participe au moins tous les trois ans à un exercice national, a précisé le directeur-adjoint de l'ASN à l'AFP.
Chaque année, une dizaine de simulations d'accident ont lieu dans l'hexagone. Jusqu'à présent, les simulations d'accident s'intéressent à la première phase de secours d'urgence, qui comprend la sécurisation du site et l'évacuation des habitants.

Ce rapport va s'intéresser au long terme. En effet, après un accident nucléaire, il reste de la contamination plus ou moins importante à l'extérieur de la centrale pendant une période qui peut durer de plusieurs mois à plusieurs années.
Un certain nombre de problèmes délicats se posent, notamment le suivi sanitaire des populations qui ont pu être concernées par l'accident. Qu'est-ce qu'on fait dans les zones qui ont pu recevoir de la radioactivité? Faut-il décontaminer? Comment faut-il indemniser? Il y a beaucoup de questions qui se posent.
Le directeur-adjoint de l'ASN a précisé qu'il va falloir continuer à travailler en associant mieux le niveau local et les populations à la réflexion.

 

 

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