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Le Projet FAVL : historique de la bataille 2008-2010

 

 


1 – Le dossier

Fin juin, les élus de 3115 communes ont reçu ce magnifique dossier .

Une superbe intox, n'est-ce-pas ?

Il est intéressant de regarder les arguments incroyables mis en avant, ainsi que le mode de communication :

  • une démarche ouverte et progressive, basée sur le volontariat des collectivités locales.
  • s’agissant d’un projet d’intérêt national, l’Andra souhaite associer plusieurs organisations et représentants institutionnels, garants du sérieux de la démarche. L’Andra souhaite également aller à la rencontre d’organisations pouvant être intéressées par le projet. (elle a trouvé un député)
  • pour être sélectionnée la commune devra montrer un « intérêt local pour le projet ». En échange l’Andra assurera son développement territorial.
  • en lien avec la Commission nationale du débat public (CNDP), des rencontres seront organisées avec les acteurs locaux (habitants, acteurs socio-économiques, élus, associations…) en fonction de leurs attentes, afin de leur présenter le projet, de l’expliquer et de répondre à leurs questions.
  • une opportunité de développement économique, comme le montrent les retours d’expériences d’installations comparables.
  • une dynamisation de l’activité locale
  • la mobilisation d’entreprises de travaux publics au moment de la construction
  • la création d’emplois pour les opérations de gestion de déchets en phase d’exploitation.
  • le développement d’infrastructures, l’implantation d’entreprises de services de proximité…
  • de nouvelles ressources fiscales pour les collectivités (taxes professionnelles et foncières)
  • un renforcement de la notoriété du territoire (site ouvert aux visites et accueil des experts)
  • un accompagnement des projets locaux
  • les industriels propriétaires des déchets (EDF, le CEA, AREVA, Rhodia…) seront appelés à participer à cette démarche.

A titre d’exemples, l'Andra énumère ensuite :

  • La valorisation des savoir-faire et des atouts du territoire,
  • L’appui au développement d’entreprises sur le territoire et d’activités de services de proximité
  • La contribution à des projets locaux liés à la réduction des émissions de gaz à effets de serre, pour lutter contre le changement climatique
  • La coopération avec des organismes de recherche et d’enseignement impliquant un renforcement des liens de ces organismes avec le territoire.
  • Le coût de construction pour mise en exploitation est aujourd’hui estimé entre 200 et 350 M€.
  • Le coût d’exploitation est estimé entre 10 et 30 M€ par an, pendant une durée d’au moins 20 ans

2 – Résultat pour l'Aube

Résultat : pour l'Aube deux communes se sont immédiatement déclarées candidates, au dire de l'Est-Eclair. Cupidité, orgueil ?

Le 22 septembre le journal L'UNION développe la menace qui se précise sur l'Aube et la Champagne, et le 11 octobre, La Q.V. organise une légitime et nécessaire réunion d’information publique participative.

Quand on se penche sur ce dossier FA-VL, quand on mesure la dangerosité du projet, il devient difficilement acceptable pour un citoyen et un contribuable
d’imaginer qu’une dizaine d’élus pour seulemet 6 ans, puissent décider, seuls, ce qui est bon pour des milliers de concitoyens et leurs descendants sur plus de 12 000 générations... le 02 Octobre, Soulaines a dit NON au projet FA-VL. C'est une bonne chose. Mais, dans le canton,  il y a 20 autres communes qui n'ont pas encore délibéré. Et 184 communes sollicitées dans l'Aube...

Au cours de cette réunion du 11 octobre, l’occasion fut d’informer la population sur ce qui se passe chez DAHER à EPOTHEMONT, où, dans le plus grand secret, va se construire un centre de tri, de re-conditionnement et de stockage de déchets radioactifs, au milieu d’une banale Zone Industrielle, à 4 km du Parc Naturel Régional de la Forêt d’Orient,
et à 12 km de La Route du Champagne.

Faut-il préciser que le dit bâtiment "nucléaire" est propriété de la Communauté de Communes de Soulaines..
On croit rêver.

On pouvait imaginer que les rejets radioactifs quotidiens des poubelles de Soulaines et de Morvilliers étaient suffisants pour les organismes des habitants sous les vents dominants. Eh bien non. Les deux tiers de nos élus pensent que DAHER peut en rajouter une couche !

 

Incroyable :

Nicolas DHUICK, notre député de la 1° circonscription de l'Aube,

lui, est candidat à la nouvelle poubelle FAVL !  Et c'est à l'évidence le meilleur candidat !

L'ANDRA recherchait une commune pour stocker les déchets FAVL, elle a trouvé mieux : un député !

Mais le scoop, le scoop du dimanche 14 septembre, c'est l'interview du maire de Soulaines, Philippe DALLEMAGNE qui, à la surprise générale, a déclaré devant la caméra de M6 qui réalisait un reportage [non diffusé : censure oblige] sur la vie autour des sites nucléaires : "Au prochain vote, je vote POUR !"

Incroyable retournement de veste : en effet, le 27 juin, après délibération, avec le conseil municipal à l'unanimité des présents, il avait dit NON à cette 3° poubelle FAVL. Le procès verbal est clair : REFUS à l'unanimité des présents.

Le 4 septembre, Philippe DALLEMAGNE déclare au journaliste Bertrand Puysségur de La Croix hebdo de Haute-Marne : "Stratégiquement, on est plus fort quand on dit non !" Une déclaration inquiétante.

Le 5 septembre, Philippe DALLEMAGNE confirme ses propos, et annonce qu'une réunion d'information aura bien lieu avec Jean-Paul BAILLET (secrétaire général de l'ANDRA). Selon le maire, ce serait "à la demande du conseil municipal". Et lui de s'excuser : "Tu sais, je ne suis pas tout seul...", comme si la demande émanait de ses conseillers.

En fait de réunion d'information, ( j'imaginais en effet une réunion publique style celle de St BLIN), l'Est-Eclair du 8 septembre nous apprendra qu'il s'agit d'une réunion du conseil municipal, ouverte au public, à laquelle participeront 4 "pauvres" administrés..

Quelle pression aurait reçu les élus de Soulaines, entre le 27 juin et le14 septembre ?

Qu'est-ce qui peut se passer dans le crâne d'un maire, président d'une communauté de communes, vice président d'une Commission Locale d'Information, et qui, en plus a été largement informé sur les dangers de ce projet, grâce aux nombreux documents publiés notamment par La Q.V. et le Réseau Sortir du Nucléaire ?

Nous sommes quelques uns à La Q.V à bien le connaître ! Monsieur Philippe DALLEMAGNE est en bonne santé.  Son cerveau fonctionne bien. Il n'est pas irradié. Bon, il a bien eu une épouse salariée de l'Andra. Mais ça ce n'est pas grave, puisque l'épouse du maire d'Epothémont, elle, travaille bien chez DAHER...

Non, vraiment, nous cherchons une bonne raison.

Qu'a-t-il fallu pour le faire changer d'avis ? Une enveloppe, une valise, une promesse, des promesses ?

Que se passe-t-il donc dans ce canton ?

Il est vrai qu'il y a tellement de jalousie entre communes.

Difficile de tout savoir, faut-il prêcher le faux pour savoir le vrai ? Mais les langues commencent à se délier : 

  • il y a un voisin de DAHER qui s'inquète sérieusement, et qui attend de l'industriel et des autorités des réponses à ses questions,
  • il y a ceux qui se demandent comment on peut envisager de déplacer les frontières d'un Parc Naturel, pour y inclure des sites nucléaires,
  • ceux qui rêve d'un audit de la CCS,
  • etc... 

A l'équipe de reportage de M6 qui couvrait la manif du 14 septembre, aux abords du CSA, et qui trouvait les militants bien calmes, j'ai proposé (pour sourire) qu'on s'en prenne à la voiture de Sandra Roger, la journaliste de l'Est-Eclair, vous savez, comme ils font dans le "Neuf Trois". Et le non moins pacifique Jacques LERAY, maire de Beurville, nous a alors conseillé d'attendre la parution du compte rendu de la prochaine réunion de la CLI, mardi 16 septembre...

Mais l'association La Q.V. est interdite de CLI. Dommage je vous aurais tout raconté.

Nous nous limiterons donc au compte rendu de l'Est-Eclair, qui reflète le déroulement de la réunion. Il y manque la lecture des questions posées par La Q.V.: ( les 0,4 Tera Becquerels de chlore 36 stockés au CSA).

A propos de la nouvelle loi sur la transparence, et donc de la définition des membres de la CLI, on peut lire : "« Je m'inscris en faux contre cette loi », fustige l'actuel président de la CLI, Michel Roche, qui considère que cette commission doit être majoritairement composée d'élus. « On fera une proposition localement en proposant tel nom, tel nom… Il faut que nous conservions une certaine indépendance. »

Rappelons que notre gentil conseiller général, a été élu parce qu'il était contre l'implantation de l'ANDRA, il y a 25 ans, (voir sa profession de foi), avec un slogan de qualité, qui s'applique à merveille aujourd'hui pour la poubelle FAVL.

slogan

Une Commission Locale d'Information, c'est une interface entre l'industriel & la population. C'est fait pour dialoguer avec la population, et pas uniquement entre élus.

Un journal quotidien regional, c'est également fait pour informer la population. Visiblement il est interdit à l'Est-Eclair de donner la parole à ce qu'on pourrait appeler l'opposition. Cela existe en politique, pourquoi est-ce impossible dans le monde nucléaire ?

Résultat : parmi les projets de la Q.V.,

  • la distribution dans les boîtes aux lettres des cantons concernés d'un journal au format l'est-éclair (l'est-irradié).
  • la réalisation d'un reportage sur DVD, qui seraît le clône de la séquence qui devait être diffusée le 17 septembre sur M6, dans le cadre de l'émission 66 mn, et qui a été censurée.

 Revenons à Nicolas DHUICQ, notre député qui se comporte comme un VRP de l'ANDRA.

Pourquoi pas, on a bien un autre Nicolas, VRP international en centrales nucléaires pour AREVA...

Nicolas DHUICQ, un député-maire, médecin, qui plus est : il a peut-être étudié, dans sa jeunesse, les pathologies dues aux faibles doses radioactives?

Un député qui a comme attachée parlementaire, une ancienne responsable de communication de l'ANDRA. Il est donc a bonne école.

Et puis, dans son département, il baigne dans le nucléaire :

  • le stockage d'obus avec tête à l'uranium appauvri (Brienne-le-Chateau),
  • les déchets radioactifs TFA (Morvilliers),
  • les déchets radioactifs FMA (Soulaines),
  • le terminal ferroviare de Brienne,
  • l'entreprise DAHER (Epothémont)
  • et les 2 réacteurs de Nogent-sur-Seine.

Il est UMP, sarkoziste et pronucléaire. A l'Assemblée Nationale, il est membre de la commission de la défense nationale et des forces armées...

A la question : Nucléaire : une autre décharge dans l'Aube? Il n'a pas répondu non ! Il a déclaré au journaliste Willy BILLIARD, dans L'Est-Eclair du 30 juin 2008 :

  • qu'il fallait “rompre avec cette idée négative de la filière nucléaire”,
  • qu'il souhaitait que “les retombées financières soient intercommunales”.
    (Rappelons que les cantons de Soulaines, Chavanges et Brienne, ont déjà reçu une enveloppe de 5,58 millions d’euros
    pour le seul site du CSA Soulaines. Par ailleurs l'ANDRA débourse, par an, 3,6 millions d'euros de taxes foncières et professionnelles. Après répartition, les communes riveraines reçoivent environ 0,5 euro, par jour et par habitant.)
  • qu'il y a des facteurs qui jouent en faveur du nord-est aubois :
  • la surface disponible, (c'est vrai: on a de magnifiques forêts de chênes à couper)
  • la qualité du sous-sol, (c'est vrai: 80 mètres d'épaisseur d'argile)
  • la proximité des 2 autres centres, (c'est vrai : quelle économie d'échelle !)
  • le transport par ferroutage plus sûr et plus écologique (Nicolas rêve peut-être de la création de deux gares à Brienne-le-Chateau, dont il est le maire, une pour les déchets radioactifs, une pour les touristes !). C'est l'occasion de rappeler qu'à l'époque (1995), où il arrivait 2 wagons de déchets radioactifs par jour, la pollution sur la terre entre les rails était telle, qu'il a fallu en enlever 400 kg considérés comme déchets radioactifs, et stockés au CSA !

Confirmation : DAHER à Epothémont, société de transport de déchets radioactifs, est bien entrain de créer une extension de ses bâtiments pour des activités de tri, de reconditionnement et d'entreposage de déchets radioactifs. Et c'est au beau milieu d'une zone artisanale ! Et c'est la communauté de communes de Soulaines qui est propriétaire des bâtiments !

  Nicolas DHUICQ

Voilà ce qui arrive quand on ne voit que par le nucléaire !

Notre député, est le digne héritier de Robert GALLEY. Il fait partie de ces humanistes, de ces hommes généreux, qui inspirent le respect, et qui garantissent à l’Aube son développement durable.

Désolé, messieurs les élus des communes hors du canton de Soulaines, vous serez peut-être sur le podium, mais pas sur la plus haute marche.

Et ce n'est pas la non-unanimité des conseillers généraux, constatée par L'Est-Eclair, qui changera quelquechose. La Q.V. ne s'acharnera pas pour l'instant contre ceux qui sont pour. Mais elle se mefiera de ceux qui sont contre.

Après le point de vue du député, des conseillers généraux, l'Est-Eclair donne celui des élus du Soulainois.  Ils sont contre, mais fatalistes !

A quand le point de vue des habitants ?

A quand le point de vue des collectifs et des associations ?

 

 


3 – Les premiers candidats aubois

a - La commune de Pars-les-Chavanges !

Tout de suite, le maire, Joelle PESME, par ailleurs conseillére générale, s'est déclarée favorable. Sans consultation de ses conseillers, ni de la population. Une coseillère générale qui a une conception tout à fait personnelle des risques industriels : elle est prête à accueillir une pobelle de déchets radioactifs, et a refusé à un agriculteur une extension de bâtiments pour la création d'un élevage de porcs ! .


b - La commune de St-Léger-sous-Brienne !

Là, il y a eu délbération et vote au conseil municipal. Mais la population n'est même pas a courant. Ni les riverains, ni les habitants des villages voisins. A St Léger ont a pris la décision à la légére ! Les conseillers municipaux  élus pour 6 ans ont décidé d'accueillir des déchets radioactifs qui eux seront nocifs pendant des centaines de milliers d'années... 

Jean-Claude BAILLET d l'ANDRA est même venu faire son show le 15 septembre, lors d'une réunion du conseil municipal, au cours de la quelle, 11 conseillers ont voté à la fois :

  • une candidature pour une poubelle nucléaire
  • et une demande d’appellation CHAMPAGNE !!!

J'ai hâte d'aller interviewer ce maire...

 

Les refus circonstanciés des maires sont légion. A titre d'exemple : Le 29 juillet, ARTE a abordé le sujet dans son JT :   vidéo Arte refus categorique du maire de Reynel  (Haute-Marne) et des habitants. Le point de vue du maire "expérimenté" de Soulaines complète le reportage.

Quand un maire se porte candidat, c'est toujours parce qu'il succombe à la manne financière, exemple : le  vidéo Arte maire de Gondrecourt-le-Château (Meuse).

 

Le 1° septembre 2008 la QV. a adressé ce mail aux 184 maires des communes ciblées par l'ANDRA. Avec copie pour information à la Presse, aux offices du tourisme aubois, etc...

 

4 - Les dangers de l'enfouissement

Nous vous encourageons vivement à lire cette analyse critique du dossier remis aux maires, analyse qui en dit long sur les failles, les omissions, voire les mensonges utilisés pour séduire.

Par ailleurs la CNE, Commission Nationale d'Evaluation des recherches et études relatives à la gestion des matières des matières et déchets radioactifs, composée de 12 membres indépendants, vient de publier un rapport sur le stockage en profondeur. A la lecture des questions que se posent ces spécialistes, il y a vraiment lieu d'être inquiet : enfouir ces déchets est un défi  ! Les risques sont connus !

Pour ceux qui ne peuvent lire ces 148 pages, un résumé de 3 pages explicite les problèmes soulevés. Pour faire encore plus court :

Les déchets FAVL :
On ne sait pas tout de leur nature, ni de leur quantité.
On ne sait pas trop comment les enfouir, dans quel colis, à quelle profondeur.
On ne sait pas quand ils traverseront l’acier, le béton, l’argile, et à quelle vitesse ils arriveront dans l’organisme de nos descendants. Mais ce serait bien que ce ne soit pas avant 300 000 ans.
Et on veut qu’avant le 31 octobre de cette année, des maires soient candidats !
 
Vouloir enfouir ces déchets, où que ce soit, relève du crime contre l’humanité...

Gérald OUZOUNIAN  est un éminent spécialiste de l'ANDRA. Il a tout calculé, pour lui, il n’y a aucun danger à enfouir, ses équations le démontrent.... Tout est basé sur des modèles mathématiques. Et lui, il connait la vitesse de migration d'une goutte d'eau dans un mètre d'argile !

Fin septembre le Réseau Sortir du Nucléaire a édité une nouvelle plaquette : le projet FA-VL, Un projet lourd de conséquences. Pesez le pour... et le contre !

 

Historique du projet FAVL

5 - La loi

Ceux qui suivent la gestion des déchets nucléaires attendaient cette annonce de longue date. Cette décision relève des lois de 1991 et 2006. C’est en effet, avant la fin de 2008 que l’ANDRA doit commencer l’étude de l’implantation d’un centre de stockage pour les déchets FAVL (Faible Activité Vie longue). Le lieu doit répondre à des critères géologiques bien précis.

Le réseau Sortir du Nucléaire a rédigé un dossier complet sur le casse-tête de la gestion des déchets nucléaires. 

 

 6 - Le volontariat

Nous savions que le choix se ferait sur le principe du volontariat. On n’imposera pas cette « poubelle nucléaire » à une commune, comme on l’a fait pour Soulaines, Morvilliers et Bure. On arrosera avec des millions d’euros, une des 3115 communes géologiquement éligibles, qui se portera volontaire. C’est ce que Jean-Louis Borloo appelle l'accompagnement economique. C'est en fait un leurre, un mensonge de plus. Il est clair que la commune est déjà choisie...


7 – 8 régions – 20 départements – 3115 communes

Les maires des 3115 communes des vingt départements suivants ont reçu ce dossier remarquable : Ardennes, Aube, Aveyron, Cher, Eure, Indre, Lot, Marne, Haute-Marne, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle, Nord, Oise, Pas-de-Calais, Bas-Rhin, Seine-Maritime, Somme, Tarn-et-Garonne, Vosges.

Curieux : pour l'Aube, le canton de Soulaines est cité en premier.

Amusant : parmi les communes listées : Troyes ! Et Colombé-la-Fosse, village classé AOC Champagne de la Côte des Bars.

 

8 – Les déchets FAVL

Il s’agit des déchets de graphite issus du démantèlement des centrales nucléaires de la filière "uranium naturel-graphite-gaz", et des déchets "radifères" provenant essentiellement du traitement de minerais utilisés notamment pour la fabrication de composants électroniques, et de pots catalytiques dans l'industrie automobile.
Comme nous l’a encore rappelé le sécrétaire général de l’ANDRA, lors d’une séance de questions/réponses avec les militants de La Marche Londres-Genève, devant les grilles du centre TFA de Morvilliers : « Ces déchets existent, il vaut mieux que leur stockage soit fait dans les meilleurs conditions possibles ». Et en écho, j’entends : « Le mieux, ce serait de ne pas en avoir produit, et surtout d’arrêter d’en produire »

Qelques précisions :

Les radifères contiennent des isotopes du radium. Ils sont issus d'activités nucléaires (mines d'uranium) ou de l'extraction de terres rares. Ils représenteront 70 000 m3 de colis à stocker. Ils sont actuellement entreposés sur les sites du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), et chez des producteurs industriels comme Rhodia et Cézus Chimie.
Les graphites proviennent des neuf réacteurs de la filière dite uranium naturel-graphite-gaz (UNGG) qui ont fonctionné entre les années 1960 et 1990. Ces rebuts contiennent notamment du carbone 14, qui perd la moitié de sa radioactivité en 5 730 ans, et du chlore 26, dont la demi-vie est de 302 000 ans. Le volume des déchets graphite, une fois conditionnés, représentera 100 000 m3. Pourraient y être adjoints 50 000 m3 de déchets divers classés en FAVL.


9 - Le Cedra Haute-Marne, réagit immédiatement :
Malgré la transparence qui, dit-on, caractérise l'industrie nucléaire, les localisations géographiques pressenties pour une telle poubelle restent curieusement des plus secrètes.

Le 5 juin, le site internet du Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire (MEEDDAT) publiait un
communiqué explicite. Un "appel à candidature" était lancé pour "l’accueil" d’un site de stockage. Comme en pareil cas, un certain nombre de sites ont dû être définis pour au final n'en retenir qu'un, certainement déjà ciblé depuis des mois.

Le site Bure-Stop consacre un chapître à ce projet.


10 – Silence – Secret – Non-transparence

Curieusement, ni le site du ministère, ni l’Andra ne fournissent d'information géographique. Seul, un article de presse dévoilait que vingt sites étaient ciblés sur tout le territoire. L'association "la Qualité de la Vie" (Aube) sollicitait préfecture et sous-préfecture, en vain, tandis que le CEDRA se tournait lui, vers le Ministère (téléphone et courriel), sans plus de résultats.
 
Une seconde piste journalistique indiquant, depuis, que pas moins de huit départements du Grand Est étaient sur la liste, le Cedra a alors testé une nouvelle fois les applications de la transparence. Promené de poste en poste au Ministère, puis à "l'Autorité de sûreté nucléaire" (ASN), il s'est enfin vu répondre par l'Andra (direction de la communication) que le Ministère n'avait "pas donné autorisation" à rendre publique pour l'instant la carte géologique-géographique !
 
Voilà qui augure bien mal les promesses du gouvernement qui, dans son communiqué, assurait que cette démarche serait conduite "de manière exemplaire et transparente". Transparence qui s'apparente à un artifice pour rassurer-abuser les réticents. L'explication tient peut-être dans une phrase sibylline du ministre Jean-Louis Borloo qui veut que le "centre de stockage" s'intègre "dans un projet de développement du territoire retenu". Une poubelle nucléaire pour développer un territoire ? Quel élu serait assez irresponsable pour accepter un tel cadeau empoisonné ? A moins qu'il n'y ait des sommes folles à la clé....et qui expliquerait que les pouvoirs publics démarchent déjà discrètement des élus locaux avant de dévoiler la carte des sites retenus...
 
11 – Les fuites dans la presse

L’affaire éclate d’autant plus fort et plus vite que des fuites permettent la diffusion dans quelques journaux, des communes éligibles.

Dans le Lot,
Le Petit Journal, et La Dépèche.
Le conseil général du Lot signera une
motion contre l'implantation d'un tel centre le 30 juin. La résistance s'organise. Réunion avec la participation du Réseau Sortir du Nucléaire, et de Michel MARIE. On peut même suivre ici les décisions des maires concernés. 

Dans les Ardennes (le Vouzinois), L'Union  – Et très vite Vouziers dira "non" au nuléaire : "Vouziers aurait bien besoin de cette manne financière, mais  la vie humaine vaut beaucoup plus que ça".

Dans l’Aube : à l’occasion de la célébration du stockage du 100 000 éme m3 de déchets radioactifs à Morvilliers, les élus et VIP aubois apprendront l'existence du
projet. Les maires de Morvilliers et de Soulaines confirmeront vite, que leur commune est éligible, qu’ils ont bien reçu l’offre, et qu’ils ne se portent pas candidats.

Dans le Quercy :
La dépèche du Midi 

Dans La Haute-Marne : Le JHM

Dans la région de Vitry-le-François :
L'Union  – Puis L'Union titre : "ne vous laissez pas abuser.", paroles de Michel MARIE, du CEDRA 52 !


12 – Le Réseau Sortir du Nucléaire se mobilise

Alors Le Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce une véritable "corruption légale" et prédit de fortes mobilisations.
Connaissant de longue date les pratiques déloyales des promoteurs de l'atome, le Réseau "Sortir du nucléaire" ne croit pas à la sincérité de cette démarche et soupçonne le ministère de l'écologie d'avoir préalablement convaincu des élus de se porter candidats.
 
Feignant de participer à une procédure démocratique, ils ne devraient pas tarder à se faire connaître. D'ailleurs des candidatures "spontanées" seraient déjà prévues dans les régions Centre, Alsace, Lorraine, ainsi que dans les départements du Lot et du Tarn-et-Garonne : le caractère "bidon" de l'appel à candidatures semble avéré.

Comme ce fut le cas lors de la désignation de Bure  pour recevoir un site de stockage profond de déchets nucléaires HAVL, on peut s'attendre au déversement de puissantes mannes financières, une sorte de "corruption légale" destinée à s'assurer la collaboration d'élus au détriment des populations locales.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" soutiendra et structurera les mobilisations citoyennes nécessaires pour faire échec à ce projet de stockage de déchets radioactifs. La première chose à faire, considérant les problèmes insolubles créés par les réacteurs actuels et les déchets qu'ils ont déjà généré, est de programmer la fermeture la plus rapide possible de ces réacteurs et, a fortiori, d'annuler tout projet de construction de nouveaux réacteurs.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" exige que la liste de la totalité des communes soient communiquée. C’est la moindre des choses en matière de transparence.

Vous trouverez :


13 - L’exemple du CSA Soulaines

La commune de Soulaines-Dhuys dans l’Aube accueille un centre de stockage de déchets FMA (faiblement à moyennement radioactifs), d’une capacité autorisée d’un million de m3, depuis 1992. L’implantation du site permet aujourd’hui d’observer des retombées intéressantes en termes d’emplois et d’activités économiques locales.
- Dotation d’accompagnement à l’implantation : 5, 58 M€ Utilisée pour équiper les collectivités, pour soutenir des projets de développement économique et mener des actions de conservation du patrimoine.
- Emplois locaux : 140 personnes employées à temps plein sur le site, 60 agents Andra, 80 sous-traitants.
- Commandes passées : 2,5 M€/an Fournitures de consommables, prestations d’études et d’expertises, matériaux.
- Fiscalité locale : Taxe foncière : 2 M€/an Taxe professionnelle : 1,6 M€/an
- Augmentation de la population locale

Une vision idyllique, non ?

En ce qui concerne la mémoire des "poubelles nucleaires" pour les explorateurs des prochains millénaires : tout est prévu. Un archéologue qui trouverait en l'an 4008, en forêt de Soulaines, sous sa pioche, un fût rouillé contenant du plutonium, sera moins surpris que son ancêtre qui a trouvé une chambre funéraire sous une pyramide égyptienne...

14 - La suite des événements FA-VL dans Chronologie des événements .

période 3 - du 19 août 2009 au 23 juin 2009

 


 

 

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