Géothermie 131117 CA en cours de diffusion

 

 

Ce document est la base d'un cahier d'acteurs pour le Débat public de Cigéo,

rédigé par un géologue,

et en cours de diffusion.

 

La négation du potentiel géothermique de BURE,

une des nombreuses manipulations,

un des nombreux mensonges de l’ANDRA

pour permettre la réalisation de CIGéo

 

4 novembre 2013 : lors de l’assemblée générale du CLIS de BURE (Commission locale d'information et de suivi), le cabinet suisse indépendant GEOWATT confirme la présence d’eau à 66°C à 1800 m. Soit une géothermie économiquement exploitable sous Bure.

Ce dossier très technique est complexe pour les non-initiés. Le géologue Antoine Godinot a réalisé cette synthèse générale. Il est l’expert qui connaît le mieux cette histoire.

Le plus important aujourd’hui dans cette affaire, ce n’est pas l’empêchement de l’exploitation d’un gisement de chaleur, dont les générations actuelles et futures pourraient souffrir, c’est le mensonge avéré de l’ANDRA pour arriver à ses fins.

 

Rapide historique :

Années 1970 (voir page 14) : Le potentiel géothermique de Lorraine est bien connu suite aux travaux du BRGM Bureau de Recherches Géologiques et Minières. La meilleure zone se trouve précisément sous Bure.

1973 : avec le premier choc pétrolier, la presse régionale de l'époque (dont l'Est-Républicain) magnifient la floraison de projets d'exploitation de cette énergie propre et peu coûteuse, déjà connue en Ile-de-France et ponctuellement exploitée à Nancy.

1974-75 : le programme nucléaire s’accélère, et la géothermie, privée d'avantages fiscaux pour ne pas concurrencer l'EDF, est mise au placard.

Décembre 1991 : paraît la «loi Bataille» évoquant trois voies de recherche pour le traitement des déchets, dont l'enfouissement : le nucléaire écarte la géothermie de ses propres terres pour faire place aux déchets qu'il génère.

1997 : l'existence du potentiel géothermique, lors de l'enquête publique pour l'installation du laboratoire sur le site de Bure est alors oubliée de tous, sauf par l'ANDRA qui était parfaitement au courant (MOUROT, décembre 2002, p 3) mais n'en a soufflé mot, violant ainsi délibérément la règle fondamentale de sûreté (RFS.III.2.f.) publiée par le Ministère de l'Industrie, Direction de la sûreté des installations nucléaires, qui stipule qu'on ne peut choisir de site qu'en l'absence de toutes ressources naturelles exploitables, géothermie incluse.

2002 : le potentiel géothermique refait surface grâce aux recherches d'André Mourot (documents du BRGM) puis de Jean-Marc Fleury, président de l'Association des élus opposés à l'enfouissement (voir les coupures de presse de l'époque).

Comme pour les risques liés à l’hydrogène dans le stockage, l'ANDRA ment dès le début par omission. Après la redécouverte du pot aux roses, elle en nie la valeur, bien que les prédictions du BRGM aient été confirmées par un forage pétrolier à Lezéville (7 km de Bure). L’Andra se garde bien de sonder trop profond, là où commence à croître le degré géothermique. L’ANDRA prétend que l'eau est trop salée, que le gradient géothermique est anormalement bas. Ce qui est faux. L’ANDRA oublie également de signaler qu’au dessous, le gradient dépasse les 5°C/100m.

Nullement convaincue par les allégations de l'ANDRA, le CLIS demande alors une étude de contrôle par des experts indépendants qui proposent trois sondages à la limite de la «zone de transposition »

2008 - premiers résultats du seul sondage retenu par l'ANDRA : à Montiers, à 1.892 m, la température est de 66°C, avec une bonne perméabilité.

Dès à présent, on peut dire que les deux sondages réalisés au-dessous de 1.500m dans la zone de Bure, celui de Montiers comme celui de Lezéville, confirment son potentiel géothermique. Le forage de Montiers a été stoppé par l'ANDRA le plus tôt possible, comme si elle redoutait une amélioration des résultats du score. 

4 novembre 2013 : Au cours de l’Assemblée générale du CLIS : GEOWATT déclare : Nous estimons qu’il est possible d’obtenir des débits du même ordre de grandeur que les débits d’exploitation obtenus en région parisienne. - Les ressources géothermiques au Trias dans la région de Bure peuvent être exploitées de manière économique. - L’enfouissement des déchets radioactifs empêche l’accès aux ressources géothermiques dans une région donnée, et crée ainsi une perte au niveau économique.

Dans la salle on hurle : ANDRA : des dissimulateurs, des tricheurs, des menteurs !

6 novembre 2013 : Le Journal de la Haute-Marne titre : Il y a bien de la géothermie à BURE ! - L’Est-Républicain précise : Le rapport présenté par Vincent Badoux, chef du département ressources de Géowatt AG conclut : « Il y a une vraie ressource géothermique, même supérieure au bassin de Paris. » - Le Républicain-Lorrain : Et si la géothermie empêchait BURE ?

Des années de mensonges ?

Il y a donc sous Bure une géothermie de la qualité de celle exploitée depuis plus de 30 ans en région parisienne. Pourtant l’ANDRA, l’IRSN et l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) l’ont nié tout au long de leurs communications, et ils continuent. ?Exemples de déclarations mensongères :

5 avril 2004 : Jack-Pierre PIGUET, directeur du laboratoire : Les recherches menées par l’ANDRA .../… sont suffisantes pour montrer que les conditions ne sont pas favorables à une exploitation de ressources géothermiques. 

2005 : Page 18 du rapport du cabinet ERDYN-CONSULTANTS : Aucun forage n’a été fait dans le but d’exploiter la géothermie. On dispose donc d’hypothèses probables, de modèles, mais pas de certitudes.

5 octobre 2006 : Marie-Claude Dupuis : « Comme nous l’avons déjà dit, il n’y a pas de ressource géothermique. En grande profondeur, il y a des problèmes de salinité de l’eau, de température, de débit.

2007-2008 : Dans la synthèse 2007/2008, publiée en juillet 2009, l’ANDRA écrit : La production mesurée dans le test, 5 m3/h, est nettement inférieure à la gamme des débits des exploitations géothermiques, 150 à 400 m3/h.

2009 : dans une synthèse du programme de reconnaissance de la zone de transposition 2007-2008, on lit : ... L'ensemble de ces résultats indique, en référence à des installations géothermiques existant dans le bassin de Paris dans les mêmes gammes de température, que la ressource géothermique à l'échelle de la zone de transposition est faible.

2010 : L’ASN ment de la même façon : « Le forage traversant le Trias réalisé au centre de la zone permet de confirmer l’absence de potentiel géothermique exploitable à son aplomb. 

2013 : Page 31, dans le dossier du débat public du maître d’ouvrage : il n’existe pas de ressource naturelle exceptionnelle à l’aplomb de la zone étudiée pour le stockage profond. En particulier, un forage effectué à 2 000 mètres de profondeur a confirmé l’absence de ressource géothermique exceptionnelle à l’aplomb de la zone. 

Le même document confirme que la CNE (Commission nationale d’évaluation des travaux de l’ANDRA), dans son rapport n°4 de juin 2010, a abouti aux mêmes conclusions : Le Trias dans la région de Bure ne représente pas une ressource géothermique potentielle attractive dans les conditions technologiques et économiques actuelles.

3 mai 2013 : Quelques jours avant le débat public sur CIGEO, six associations assignent l’Andra en responsabilité pour faute devant le tribunal de grande instance de Nanterre afin qu’elle réponde de ses manipulations.

Octobre 2013 : Une étude réalisée par le cabinet suisse GEOWATT, expert en géothermie, à la demande du CLIS, montre clairement qu’il y a une géothermie économiquement exploitable sous Bure, et vient ainsi confirmer le bien-fondé de l’action en justice des associations.

Cela fait plus de dix ans que des géologues indépendants ont lancé l’alerte. Ce bon potentiel était déjà annoncé dans les rapports BRGM, établis entre 1976 et 1983 sur la base des données de l’époque. Ils sont aujourd’hui en concordance parfaite avec les conclusions de GEOWATT.

Petite tromperie et gros effets ?

Les artisans de Cigéo communiquent exclusivement aujourd’hui avec un outil cartographique BRGM qui traite du potentiel des "aquifères superficiels" pour "l’installation de pompes à chaleur". Cela n’a rien à voir avec la puissante géothermie profonde. Ils trompent ainsi le public non averti.

Que penser du petit jeu des chaises musicales :

- après avoir exercé de 2006 à 2010 au BRGM la fonction de directeur du département Géothermie qu’il a mis en place, Fabrice BOISSIER a été nommé directeur Maîtrise des Risques de l’Andra.

- après avoir occupé la fonction de directeur scientifique puis de la R&D à l’ANDRA, Patrick LANDAIS vient d’être nommé à la tête de la Direction Scientifique et de la Production du BRGM.

Le choix du site de BURE contraire aux règles de sûreté ?

CIGéo est soumis à des règles préalables et strictes : pas de ressources exploitables, ni de potentiel géothermique à l’aplomb du site, selon le guide de Sûreté 2008 de l’ASN (ex-Règle Fondamentale de Sûreté).

- Il faut éviter que nos descendants à la recherche d’eau chaude, soient victimes d’une intrusion dans le stockage. ?

- Il faut préserver cette ressource d’un intérêt inestimable pour les générations présentes et à venir.

La région de Bure doit préserver ses ressources ! ?

A l’heure de la transition énergétique où l’énergie est l’objet d’enjeux majeurs, il serait absurde de stériliser une ressource écologiquement remarquable par un stockage de déchets nucléaires. La production d’énergie locale est un formidable potentiel de développement à court et à très long terme. 

Exigeons :

- que la lumière soit faite sur cette affaire,

- que le CLIS poursuive les travaux d’investigations recommandés par le cabinet GEOWATT.

- qu’un nouveau forage soit lancé pour caractériser la ressource et l’évaluation du potentiel géothermique du bassin Permien de 2800 mètres d’épaisseur qui existe sous la région de Bure.?

- qu’une contre-expertise soit effectuée par des organismes indépendants non affiliés à l’industrie nucléaire.

Comment faire confiance à l’ANDRA ?

Quelle valeur accorder aux études présentées par une entreprise qui triche pour arriver à ses fins ?

Au vu du dossier CIGéo si polémique et si décrié, le CEDRA dans sa note du 5 novembre interroge :

- A moins d’en être complices, comment comprendre le jeu des évaluateurs/surveillants que sont ASN, IRSN, OPECST, CNE… qui ont toujours soutenu l’ANDRA dans ses dénégations des caractéristiques géothermiques ?

- Comment un organisme d’Etat, l’ANDRA, a-t-il pu mentir ainsi, depuis l’origine ?

- L’enjeu du projet de Bure étant énorme n’a-t-on pas affaire à une manipulation d’Etat ?

 

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