AREVA - La HAGUE - enquête publique 2015

                                                                                Ce dossier est une première.

                                                             Il expose au grand jour

                                                             le problème de la conception

                                                             d'une stratégie : la communication autour

                                                             de l'enquête publique concernant l'extension

                                                             d'entreposage des déchets vitrifiés à la HAGUE...

 

 

 


 

AREVA LA HAGUE :

ENQUÊTE PUBLIQUE INB 116

L’INB 116, dénommée « UP3-A » est l’une des sept installations nucléaires de base (INB) composant le site AREVA NC de la Hague. Sa création a été autorisée en 1981 et sa mise en exploitation réalisée en 1986. Sa vocation principale est le traitement des combustibles usés, matières nucléaires et substances radioactives.

AREVA NC présente une demande d’autorisation de modification de l’INB 116, visant à étendre la capacité d’entreposage des déchets vitrifiés.

Conformément à la règlementation, une enquête publique est organisée afin de permettre à toute personne de prendre connaissance du projet et, si elle le souhaite, de s’exprimer sur son contenu.

A cette fin, des dossiers d’enquête publique sont mis à la disposition du public du lundi 13 avril 2015 au lundi 18 mai 2015, à la préfecture de la Manche à Saint-Lô, à la sous-préfecture de la Manche à Cherbourg et dans les onze mairies citées dans l'avis d’enquête et l’arrêté d’ouverture de l’enquête publique: Beaumont-Hague, Auderville, Digulleville, Eculleville, Gréville-Hague, Herqueville, Jobourg, Omonville la Petite, Omonville la Rogue, Saint Germain des Vaux, Vauville.

L’étude d’impact et son résumé non technique, l’avis d’enquête et l’avis de l’autorité environnementale peuvent être consultés sur le site internet de la préfecture de la Manche.

20 fichiers sont accessibles.

 


 

2 mai 2015

Didier ANGER du CRILAN explique : AREVA-La Hague, poubelle atomique, dans le lieu et dans le temps ! Nouvelle Enquête Publique pour doubler la capacité  dite “d’entreposage”, mais en fait, de stockage des déchets vitrifiés produits par l’usine.
La capacité totale de “l’entreposage” existant ne peut couvrir les besoins que jusqu’en ...2017 et nécessite donc une extension rapide, prévue en deux temps . Dès 2016-2017 , mise en service d’une seconde alvéole dans un atelier déjà existant puis dans un second temps, entre 2018 et 2022, construction d’un nouveau bâtiment.

Le dossier complet de Didier ANGERS.

 


 

7 mai 2015

CC diffuse :

Merci de faire parvenir votre indignation  avant le 18 mai à Patrick OPEZZO, Commissaire enquêteur / enquête extension stockage de la Hague- Mairie de  Beaumont La Hague 41 rue Jallot- 50440 Beaumont-La Hague ou par mail  Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
 
Vous lui demandez l'arrêt du retraitement-extraction du plutonium,  (d'autant plus qu'AREVA est en faillite, ) cela évitera de doubler la capacité de la poubelle  atomique de la Hague pour au moins 100 ans afin d'accueillir 25 000 conteneurs.
 
Plutot que d'extraire le plutonium, les autres pays stockent sur site les  combustibes usés.
 
A lire ces 3 pages documentées du CRILAN déposées à l'enquête qui
- protestent contre le doublement de cette capacité
- dénoncent l'hérésie du retraitement-extraction du plutonium inutile, polluant, dangereux
- dénoncent le risque encouru avec plus d'une centaine de coeurs de  réacteurs entreposé

 


 

7 mai 2015

La riche contribution du Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs.

 


 

8 mai 2015

La lettre de CC au Commissaire :

Dans le cadre de l'enquête publique ouverte du 13 avril au 18 mai 2015 concernant la demande de modification de l'INB 116 (UP3-A), je vous demande de prendre en compte mon avis défavorable au doublement de la capacité d'entreposage des produits vitrifiés produits par l'usine de La Hague.

Le retraitement-extraction de plutonium est une absurdité. La France est l'un des rares pays à le faire. Sa création était justifiée dans les années 60 par le pouvoir en place pour avoir du plutonium pour la bombe atomique, puis ensuite pour la filière surgénératrice. Ces raisons sont devenues caduques. L'activité de l'usine a été maintenue en obligeant EDF à accepter dans ses réacteurs un combustible mélangé avec du plutonium appelé MOX, ce qui fragilise les réacteurs. Cette activité d'extraction de plutonium dit de "retraitement " est de plus hautement génératrice d'énormes rejets radioactifs notamment de tritium (hydrogène radioactif), lors du cissaillage des barres de combustibles. Le tritium se concentre tout au long de la chaîne alimentaire et se fixe dans nos cellules, déclenchant cancer et mutations génétiques.   

Il est plus que temps de stopper cette activité complètement inutile, hautement dangereuse, véritable fabrique à poison et il est préférable de stocker sur site les combustibles usés, comme le font la plupart des pays. Et par conséquent, cette activité d'extraction de plutonium dit de "retraitement ", stoppée, il devient inutile de doubler la capacité de stockage de la plus grande poubelle atomique. mondiale.

AREVA est dans une situation de faillite et mène notre pays à une ruine certaine tant qu'il s'entêtera dans la filière nucléaire qu'elle soit civile ou militaire. 

Pour donner un espoir d'avenir, merci de prononcer un avis salutaire défavorable à cette extension, ce qui devrait concourir à l'arrêt de cette activité mortifère.

 


 

9 mai 2015

JMM et CC diffusent : Des alternatives existent pourtant à lʼimpasse de la stratégie française : La quasi totalité des pays nucléarisés ont refusé lʼextraction du plutonium et ses conséquences ou lʼont abandonné. Le stockage direct a été choisi sans retraitement-extraction
du plutonium, matière sensible : il reste dans sa gangue de combustible usé, en attente, soit de stockage définitif, en surface, pour rendre ce dernier réversible et possible à reconditionner en cas de problème, soit de stockage en subsurface, moins sensible aux attaques extérieures. Où ? Sur les sites EDF de production de ces déchets ou à leur proximité pour la responsabiliser, limiter les risques des transports et diminuer la concentration sur un seul site vulnérable. Aucune région de la Planète ne mérite une telle concentration de risques inhérents à ce stockage.
La meilleure façon de réduire la quantité de déchets est de programmer lʼarrêt de leur production, cʼest à dire celle des centrales nucléaires et de développer économies dʼénergie et énergies renouvelables.
Pour ce qui existe, le plutonium déjà extrait et stocké pourrait être réintroduit dans les déchets FAVL pour le rendre le plus inutilisable à des fins terroristes ou militaires et les déchets existants multiples, retournés, sous contrôle permanent sur les sites de lʼorigine de leur production, ou à proximité...

Question de MG : ces déchets seront-ils encore des F-VL

Réponse de EV : Si c'est du 239 de fait, OUI.

Et précisions de MG : NON : C’est le 239 qui les intéresse : c’est le plutonium militaire. Le plutonium qualité militaire utilisé pour les bombes contient plus de 93 % d'isotope 239 fissile. La contamination de l'isotope 240 ne doit pas dépasser 6 %. Le plutonium 240 qui possède en effet un taux de fission spontané relativement élevé émet des neutrons qui déclenchent des réactions en chaîne non désirées. Une concentration dépassant ce seuil provoquerait une pré-détonation de la bombe gênante pour sa fiabilité et mauvaise pour son efficacité.

Le plutonium civil formé dans le cœur des réacteurs contient environ 60 % d'isotope 239. Le reste est composé d'isotopes plus lourds dont environ 25 % de plutonium-240. Cette concentration élevée le rend impropre à la bombe.

Extrait de la radioactivité.com 

Vous pouvez aussi y ajouter les transports radioactifs économisés en arrêtant l'extraction du plutonium, le combustible usé restant sur le site de chaque centrale. Ce doublement nous concerne tous...

Nul besoin de se pencher dans le dossier d'enquête ou alors commencez par le résumé non technique.
 
A vos plumes, exprimez-vous, c'est le moment.
Dénoncez le retraitement-extraction plutonium, inutile, hautement dangereux à arrêter immédiatement, ainsi le doublement de cette poubelle n'a plus lieu d'être. Ou si ce doublement n'est pas autorisé, le retraitement ne peut pas continuer.
Lisez l'article des Inrocks de 2011.

 


 

11 mai 2015

MM réagit au message de CC :

La partie stockage de La Hague est en saturation (les résistants de Bure ont trop résisté et le trou de Bure a pris des années de retard) - on projette donc de DOUBLER la capacité de stockage - ceci oblige à une enquête publique - on pense ce que l’on veut de ce genre de procédure mais y ramener son grain de sel permet de montrer et démontrer que certains lancent des alarmes, et de manière argumentée.
 
Mission : le Cedra, concerné par ces déchets, ne devrait-il pas crier STOP à la production de déchets HA, et donc stop au « retraitement » des combustibles usés ?

MG diffuse :

J’ai abordé cette affaire dés que l’information a circulé.
Il y a là un réel problème de stratégie de communication.
Et j’ai demandé que les spécialistes réfléchissent à la meilleure façon de communiquer.
Et ce serait du ressort de la Gouvernance de SDN de s’y coller.
Mais elle n’a sûrement pas le temps. Et il faudrait qu’elle embauche...

Résumons :
Oui, il faut arrêter de produire des déchets nucléaires.
Oui, il faut fermer les centrales nucléaires au plus vite.
Oui, il faut gérer les déchets déjà produits.
Non, il ne faut pas les enfouir, ni au fond des mers, ni à 500 m sous terre, ni à BURE, ni ailleurs dans du sel, du granit ou de l’argile...
Oui, en attendant de trouver une solution, il faut les entreposer “proprement” près des sites de production.

C’est ce que je crois avoir compris, et que je répète au quotidien.

Alors, si il n’y a plus de place à La Hague, que faire, que dire...
Je veux bien collecter les retours et les mettre en ligne.
Ce serait bien de parvenir à un consensus.
Mais il y a peut-être plusieurs stratégies.
Et de grâce que ce ne soit pas un nouveau prétexte pour "nous taper dessus..."

YL réagit :

Il faudrait confier au CRILAN, que j'ai vu très actif lors de mon passage à Flamanville le 26 avril, d'être le coordonnateur d'un programme structuré d'information, pour commencer, partant de la question de l'enquête public.

Il faut absolument sortir de ce qui dissuade quiconque d'en savoir plus : chacun veut montrer qu'il en sait plus que l'autre et assomme tout le monde avec des papiers long comme le bras. Avec les moyens modernes : faire un papier très court basé sur ton résumé avec des renvois par liens à des petits chapitres explicatifs de la situation, eux mêmes renvoyant à des papiers sur les différents aspects des problèmes, physiques, médicaux, historiques, politiques etc.

C'est un gros boulot collectif. C'est bien pourquoi il faut un chef d'orchestre qui a le mandat, collecte les contributions, demande les corrections et les expertises si nécessaires. Rien de pire qu'un traitement horizontal où l'on s'enlise en discussions et réunions à n'en plus finir.

Les actions viendront après si l'on considère que bien informer n'en est pas une !

Réponse de MG :

Tu as complètement raison. Je me suis proposé de collecter les infos pour soulager Paulette. Et l’idée d’une mise en ligne des contributions est intéressante. Cela exprime la diversité. Et les internautes en feront ce qu’ils veulent. Didier et Paulette en feront la synthèse.

Une pétition à signer.

L'auteur de la pétition ajoute : Enfin, demander l'arrêt du retraitement-extraction du plutonium, (d'autant plus qu'AREVA est en faillite ) : cela évitera de doubler la capacité de la poubelle atomique de la Hague pour au moins 100 ans afin d'accueillir 25 000 conteneurs.

Ce faisant je tiens à dénoncer l'hérésie du retraitement-extraction du plutonium inutile, polluant, dangereux et le risque encouru avec plus d'une centaine de coeurs de réacteurs entreposés.

MG précise : Certes, il ne faut plus retraiter les combustibles usés pour en extraire le plutonium. OK. Et on en fait quoi des combustibles usés ?

YL confirme :  Le plutonium concentré n'est pas un déchet, à cause du risque de criticité. Il faudrait le diluer dans une composition chimique d'où il serait quasi impossible de l'extraire (rien d'évident). Bref : on ferait mieux de le laisser dans les combustibles usés non retraités. la stratégie plutonium engendre emm sur emm.

 


 

11 mai 2015

Contribution de CC :

On n'a pas besoin d'amener les combustibles à La Hague pour les cisailler (ce qui libère le tritium en grande quantité) et en extraire le plutomium. Cette usine de la Hague a été conçue pour la bombe au plutonium et une hypothétique filière de la surgénération (Après Superphénix, ils essayent de revenir à la charge avec ASTRID) et actuellement AREVA s'est rabattu à défaut sur le MOX en s'employant à charger ses réacteurs avec.
 
Si on entrepose le combustible sur chaque site de centrale, cela ne pourra qu'accélérer la prise de décision d'arrêt et cela évite le risque de méga-catastrophe avec 100 coeurs de "barres de combustibles" à La Hague entreposés sous de simples toitures de hangar (un crash d'avion volontaire ou involontaire ne peut pas être écarté) .
 
De plus en arrêtant le "retraitement"-extraction de plutonium, cela évite d'accueillir tous les combustibles usés de l'étranger (Taiwan veut envoyer ses CU, l'Italie a envoyé aussi ses CU) en ne leur en retournant à peine 3% de la quantité car l'uranium et le plutonium (issus du "retraitement") ne sont pas des déchets mais des matières valorisables ou recyclables pour l'industrie nucléaire (qui n'en fait pratiquement rien mais ce sont des déchets dès qu'on arrête le nucléaire) . 
 
Je rappelle les 8 principes de la plateforme rédigée par le groupe de travail DDT (Déchets Démantèlement Transports) créé en 2008  en reliant ces problématiques diaboliques. Il  tenait à mettre en oeuvre une solidarité pour dénoncer le cauchemar des déchets nucléaires où qu'ils soient, de s'en servir d'un levier pour obtenir l'arrêt du nucléaire. Ensuite, il faudra veiller à la moins mauvaise solution.
 
- 1) Arrêter de produire des déchets radioactifs

- 2) Arrêter d'extraire le plutonium des combustibles irradiés

- 3) Ne créer aucun nouveau site de stockage de déchets.

- 4) Exclure tout enfouissement de déchets en grande profondeur.

- 5) Entreposer les déchets sur site pour limiter les transports de matières radioactives.

- 6) Placer la filière nucléaire sous le contrôle d’organismes réellement indépendants de celle-ci.

- 7) Subordonner la stratégie globale de démantèlement des installations nucléaires aux conclusions d’un débat public national préalable, démocratique et équitable envers toutes les parties prenantes.

- 8) Inclure les mines d’uranium, pour la plupart laissées à l’abandon, dans la stratégie globale de démantèlement des installations nucléaires.

 


 

17 mai 2015

Contribution de YL :

L'option non-retraitement a été évaluée dans le cadre de la Mission Castaing en 1982 (on peut certainement trouver le rapport et ses annexes sur internet). Il n'y a plus de HA selon la définition retenue pour Bure. Cette solution "à l'américaine" a le mérite de ne générer aucun déchet de procédé, et de conserver le Pu inexploitable (pas de MOX, pas de Génération IV).

Je crois que le rapport Charpin-Dessus revient à la charge. Il doit être sur le site de Global Chance.

Voilà, à mon avis, une approche ouverte évitant de s'enferrer dans un tout ou rien sans autre issue que la poursuite du business "as usual". Même un  pro-nuc pourrait y adhérer car le dossier économique est bien plus favorable que celui du retraitement. Ce n'est pas par hasard que les américains s'y tiennent.

 


 

17 mai 2015

Envoi de Michel GUERITTE :

Patrick OPEZZO
Commissaire enquêteur
Enquête extension stockage de la Hague
Mairie de Beaumont-La Hague
41 rue Jallot
50440 Beaumont-La Hague



Monsieur

Vous avez probablement reçu des centaines de mails de militants antinucléaires
qui se déclarent hostiles à la construction d’une extension de l’entreposage des colis HA.

Et ils vous ont donné quantités d’arguments tout à fait pertinents.

Je me mets à votre place.
J’imagine votre tâche et votre responsabilité.
Je pense que vous allez avoir beaucoup de mal à restituer la synthèse de leurs contributions.

Et je viens volontairement compliquer encore votre travail en vous déclarant ceci :

Militant anti-nucléaire radical moi même, je pense que mes homologues ont tord.
Je suis, moi, favorable à la création d’un entrepôt pour assurer l’entreposage de ces déchets,
et dans des bâtiments qui puissent tenir 1 siècle voire 3 siècles,
afin de donner le temps aux ingénieurs des générations futures de trouver une vraie solution à la gestion de ces déchets,
autre que l’enfouissement en couche géologique profonde.

Si Rutherford a découvert le noyau de l’atome il y a seulement un siècle,
on peut bien se donner un siècle aussi pour trouver une solution aux déchets résultants de la fission de l’atome.

Les déchets produits, il faut les entreposer en surface comme AREVA sait le faire depuis un demi-siècle.
Et si il n’y a plus aujourd’hui de place dans les bâtiments réservés à cet usage, il faut en construire de nouveaux.

Et bien sûr, je compte sur vous, Monsieur le Commissaire pour rappeler que des centaines de contributeurs, et je pense comme eux, vous ont déclaré :

# - qu’il faut arrêter de produire des déchets, donc

# - qu’il faut sortir au plus vite du nucléaire

# - que le retraitement-extraction du plutonium est une absurdité, une hérésie...

# - que le retraitement-extraction est une technique inutile, polluante, et dangereuse

# - que la concentration de plus d'une centaine de coeurs de réacteurs entreposés au même endroit est un risque incensé

# - que de nombreux scientifiques ont démontré que la vitrification des déchets HA dans du verre est une erreur, parce que dans 1 000 ans, dans le stockage géologique, le verre en miette se dissoudra dans l’eau comme le café dans le lait et remontera à la surface.

# - qu’il est donc préférable de conserver les déchets dans leur état

# - qu’il est préférable de stocker sur site les combustibles usés, comme le font la plupart des pays


Merci Monsieur le Commissaire de restituer ma contribution de la façon la plus complète possible.

Merci d’accuser réception du présent mail.

Cordialement

Michel GUERITTE
Président de l’Association La Qualité de Vie
8 route de Soulaines
10200 VILLE-SUR-TERRE

 


 

12 juin 2015

AFP :

Avis favorable pour beaucoup plus de déchets nucléaires à la Hague

Caen

12 juin 2015

Le projet d'Areva d'augmenter de 75% ses capacités d'entreposage de déchets nucléaires à Beaumont-Hague (Manche) a reçu un avis favorable, à l'unanimité, de la commission d'enquête publique, a-t-on appris vendredi.


"Si la commission constate qu'Areva s'engage à (...) garantir la sécurité des populations, elle regrette toutefois l'absence de mention des coûts", nuance toutefois la commission dans son rapport mis en ligne vendredi par la préfecture de la Manche.


Areva, groupe par ailleurs en grande difficulté financière, a demandé à augmenter de 12.636 conteneurs ses capacités de stockage, actuellement fixées à 16.740.  


"Le public a montré globalement une inquiétude sur les risques qui s'attachent à ce projet", précise la commission.  
Près de 4.500 courriers lui ont été adressés, la plupart sous forme d'une pétition dans laquelle la Hague est qualifiée de "territoire poubelle". "Les difficultés économiques d'Areva" y sont présentées comme "susceptibles d'altérer la sécurité" de l'entreposage.


Tous les combustibles irradiés dans les centrales nucléaires françaises convergent vers l'usine de la Hague pour y être retraités (le plutonium en est extrait en vue de fabriquer de nouveaux combustibles). Les déchets ultimes qui en ressortent sont vitrifiés et entreposés à 20 mètres sous terre en attendant que le législateur fixe leur sort définitif.
Mais les halls d'entreposage seront pleins fin 2017.


En outre, le sort final des déchets demeure incertain. Un projet de stockage à 500 m sous terre, baptisé Cigeo, est en cours depuis plusieurs années à Bure (Meuse) mais son autorisation n'est pas acquise.


La commission "exprime" d'ailleurs "sa perplexité sur l'évolution possible de ce dossier (Cigeo) et est consciente de la possibilité d'un retard voire d'un ajournement". En conséquence, "des extensions ultérieures de ce site (la Hague) ne sont pas à exclure".


Aux craintes pour la sécurité, la commission répond que "les mesures techniques prévues dans le dossier sont de nature à garantir la résistance des installations d'entreposage". "La durée de vie des installations a été établie sur une durée séculaire", précise la commission.


Celle-ci souligne aussi que ce projet "sensible", "ne peut être dissocié d'un tout" et "qu'en l'espèce, seule une inflexion substantielle de la stratégie nationale de la filière (nucléaire) serait à même de pouvoir agir sur la pertinence du projet présenté".


L'Etat est libre de suivre ou pas l'avis de la commission d'enquête avant d'autoriser ou pas, par décret, le projet. 

 

 


 

16 juin 2015

Le Monde :

Les déchets nucléaires continuent de s'accumuler à La Hague
 
Pierre Le Hir

Que faire des déchets ultimes produits par l'exploitation des cinquante-huit réacteurs du parc électronucléaire français ?
Dans l'immédiat, les stocker… et attendre. C'est le sens de l'avis favorable que vient de donner, à l'unanimité, la commission d'enquête publique  sur l’extension d’une installation d'entreposage du site de La Hague (Manche) du groupe Areva. Il s'agit de doubler sa capacité, pour la porter de 12 240 à 24 876 conteneurs.

Ces déchets radioactifs sont issus du retraitement du combustible « brûlé » dans les chaudières nucléaires. Cette opération, réalisée par Areva dans ses usines de La Hague, consiste à séparer les matières pouvant être recyclées pour fabriquer de nouveaux combustibles (uranium et plutonium) et les matières non valorisables (produits de fission et actinides mineurs).

Ces résidus finaux, qui ne représentent que 3 % du volume total des déchets nucléaires, concentrent à eux seuls plus de 99 % de leur radioactivité, et ils ne deviendront inoffensifs qu'au bout de centaines de milliers, voire de millions d'années. Ces produits sont coulés dans des matrices de verre, puis placés dans des puits ventilés, sur le site même de La Hague.

Il ne s’agit que d’une solution d’attente. A terme, ces colis sont destinés à rejoindre le futur centre industriel de stockage géologique (Cigéo) de Bure, entre la Meuse et la Haute-Marne, pour être enfouis à 500 mètres de profondeur, dans une couche d’argile censée les confiner pour des millénaires. Mais ce projet, qualifié de « poubelle nucléaire » par ses opposants, est encore en phase d'instruction. La mise en service du Cigéo n'est pas prévue avant 2025, et elle doit débuter par une période d'expérimentation, avant une éventuelle autorisation d'exploitation.
 

Lire : Le cimetière des déchets nucléaires sera testé en 2025.
 
34 000 conteneurs à conserver

Pour l’heure, les déchets radioactifs continuent donc de s'amonceler à La Hague. Outre l'installation pour laquelle elle demande le doublement de capacité, Areva dispose aussi d'une autre unité d'entreposage, pouvant accueillir 9 000 conteneurs. Au total, ce sont donc près de 34 000 conteneurs de déchets hautement radioactifs qui doivent être conservés sur place.

Le groupe nucléaire assure que cette solution, qui bénéficie d’un « retour d’expérience de plus de vingt ans », garantit « l'entreposage des déchets vitrifiés français de façon sûre et robuste dans l'attente de leur stockage définitif ». Dans ses conclusions, mises en ligne vendredi 12 juin par la préfecture de La Manche, la commission d'enquête souligne pourtant que, compte tenu « de la possibilité d'un retard, voire d'un ajournement du projet » Cigéo, « l'entreposage sur le site de La Hague pourrait perdurer au-delà de la durée prévisible ».

La commission note aussi que la consultation du public, ouverte du 13 avril au 18 mai, a donné lieu à l'envoi de près de 4 500 mails en forme de pétition, d'où il ressort que « le public a montré globalement une inquiétude sur les risques qui s'attachent à ce projet d'entreposage, à l'accumulation des déchets sur ce site et, plus généralement (...), à la filière française de retraitement ».
 
Difficultés financières

Elle relève aussi les craintes que suscitent les difficultés financières d'Areva, qui a subi une perte de 4,8 milliards d'euros en 2014, alors même que l'enquête publique ne faisait aucune mention du coût des travaux. Interrogé par Le Monde, l’industriel indique que 70 millions d’euros seront consacrés à l’équipement d’un premier hall, qui doit être mis en service en 2017, deux autres halls devant être construits d’ici à 2022.

Pour le réseau Sortir du nucléaire, qui dénonce « un passage en force », il est « impératif d’arrêter le retraitement des combustibles et la production de déchets nucléaires ». D'autant, rappelle-t-il, qu'Areva a subi de multiples rappels à l'ordre de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), en raison du « retard » pris pour reconditionner plusieurs dizaines de milliers de mètres cubes de déchets radioactifs anciens, stockés « en vrac » dans « du béton qui vieillit ».

Le dossier doit maintenant être transmis à la ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, Ségolène Royal. L’agrandissement des unités d’entreposage de La Hague nécessite en effet un décret gouvernemental, après avis de l’ASN. Le casse-tête des déchets nucléaires français est loin d’être résolu.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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