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Les dernères news du site

10 novembre 2008

Dailymotion  Ouvert

à Monsieur le Ministre d’Etat
Jean-Louis BORLOO

MEEDDAT
Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l’Aménagement du Territoire





Une vidéo de 10 mn, publique, transparente.
Un cri du coeur.
Une supplication,
pour que notre Champagne ne soit pas massacrée davantage
par un quatrième site de stockage de déchets nucléaires.

Voir la vidéo.

Il reste un petit travail à effectuer sur les pistes sons,
mais je souhaitais que ce message soit diffusé au plus vite.


Citoyennement vôtre.

Michel  GUERITTE
Président de La  Q.V.
8  route de Soulaines
10200  VILLE-sur-TERRE
http://www.villesurterre.com

__________________________________________________

 

Kamtchatka

 

 

Les russes annoncent avoir découvert un procédé révolutionnaire de neutralisation des déchets nucléaires !

 

Cette annonce a été publiée en effet dans trois articles :

le 28 mai 2010

puis le 8 juillet 2010

et enfin le 1 septembre 2010

Quelques explications et un début de réponse...

Même pour les néophytes, l'idée d'enfouir des déchets hautement radioactifs à 350°C, dans le sous-sol, et sans aucun conditionnement semble saugrenue. Comment être certain qu'il n'y aura aucune migration, donc aucune contamination future en surface !

De nombreux scientifiques et de simples citoyens animés d'un minimum de bon sens considèrent déjà les projets "hexagonaux" de l'ANDRA , comme une folie, voire un crime contre l'humanité. L'ANDRA projette en effet d'enfouir en grande profondeur les déchets radioactifs, conditionnés dans des colis en acier et en béton, à 200 m dans l'Aube, et à 500 m à Bure (Haute-Marne/Meuse) - selon la catégorie.
 
Voir le projet FA-VL (déchets Faible Activité et à Vie Longue) :

Voir le projet MA-VL/HA-VL : MA-VL (déchets Moyenne Activité et à Vie Longue) et HA-VL (déchets Haute Activité et à Vie Longue):


Interrogée sur ce projet russe, une physicienne nucléaire du GSIEN fait ce commentaire :

Ce communiqué n'a rien de surprenant. En effet les Russes se positionnent sur le marché :
-    Ils acceptent de stocker à Tomsk l'uranium appauvri de retraitement produit par AREVA.
-    Ils fournissent des réacteurs au monde entier (Iran , Inde , Turquie ...) - et même des centrales nucléaires flottantes ... nomades !

Cela fait des années qu'on voit sortir des projets plus ou moins surréalistes. Et parfois cela dépasse le stade des élucubrations de comptoir de bistrot. Il y a en effet des budgets pour pousser ces investigations, tant le problème de la gestion des déchets est le talon d'Achille des programmes nucléaires.  

Ce style de communication "scientifique" n'est pas nouveau, souvenons-nous des avions renifleurs, de la fusion froide ...

En matière de déchets nucléaires tous les "coups" sont permis pour faire croire que le problème est réglé.

Les soviétiques avaient enfouis des déchets dans des conditions incontrôlables, ce qui a provoqué la catastrophe de Kychtym en 1957-58, révélée par Jaures Medvedev en 1976 - voir également "Les jeux de l'atome et du hasard " par Jean Pierre Pharabod et Jean Paul Schapira, ed Calman Levy).

Les américains ont fait n'importe quoi à Hanford, puis ils ont proposé d'injecter des déchets dans des formations salines, sous forme d'un coulis de ciment. Mais ils ont eu d'énormes problèmes avec des dépôts dans le sel. En théorie, les formations salines sont à l'abri d'une intrusion d'eau - la preuve, c'est qu'elles existent encore aujourd'hui ! - mais dans leur cas, à quelque distance, il y a eu une exploitation de sel faite par injection d'eau.....

Toujours pour le sel, il y a plus récemment la mine de Asse en Allemagne : une véritable catastrophe écologique : 126 000 fûts qui vont finir par flotter dans la saumure !

Dans le plus folklorique encore, il y a eu un procédé consistant à mettre des atomes radioactifs dans un champ électrique ultra puissant afin que les orbites électroniques soient rapprochées du noyau, permettant ainsi une capture d'un électron par le noyau, donc de faire une transmutation. C'était beau comme l'antique. Le brevet de ce procédé a même été proposé à la vente au gouvernement suisse. Les contre-vérités ont été mises à jour, et cela a permis au gouvernement fédéral suisse de faire des économies !
 

Alors que penser de ce "procédé révolutionnaire" russe ?

Les Russes déclarent : L'expérience a montré que la chaîne des réactions chimiques conduit à la formation, à partir des déchets radioactifs, de combinaisons stables et de gisements géologiques miniers d'origine hydrothermale. Dans ces conditions naturelles, les déchets s'associent dans des ensembles géologiques localisés, inoffensifs pour la biosphère, affirment les auteurs du projet. Autrement dit, l'opération consiste à restituer à la nature ce qu'on lui a pris.

Au Kamtchatka et dans les îles Kouriles, on a mis en évidence une combinaison unique de pression, de températures et autres facteurs, qui activent des processus géochimiques naturels de dépôt des sels de métaux lourds dans ce que l'on appelle les "zones de transition profondes". Et la réaction se produit en quelques heures. Ce système, assure Alexandre Vaïner, a une capacité permettant "d'enfouir tous les déchets radioactifs de tous les pays du monde".


C'est du même acabit que l'injection sous forme d'un coulis de ciment. Les  "combinaisons stables" vont se trouver dans des zones géothermiques, et rien ne garantit qu'il n'y aura pas de lixiviation , puis de migration . D'ailleurs, ils font leurs essais (en inactif) sur une île - 'île de Paramouchir, dans les Kouriles. ( Détail : l'île possède 5 volcans actifs !!! ) En cas de problème, les fuites se dilueront dans la mer ! Et on sera revenu à la vieille idée de tout rejeter à la mer pour profiter d'une dilution maximale.... Et après nous, le déluge.

D'ailleurs, le texte contient un vieil argument. "Autrement dit, l'opération consiste à restituer à la nature ce qu'on lui a pris". Cet argument a déjà été employé pour justifier le stockage de combustibles irradiés dans une ancienne mine. On se contente d'y remettre ce qu'on y a pris, et comme, en plus, on a brûlé une partie de l'Uranium (235 et 238), c'est tout bénéfice, cela diminue la quantité d'origine.

Le contre argument qui a démoli ce joli scénario est celui de : "Comment se fait-on un café ? ". On ne fait pas le café directement avec du café en grain, mais après l'avoir moulu. Sinon la surface de contact serait trop faible pour extraire les composantes du café. Pour le minerai d'uranium, c'est la même chose. Quand il est bloqué dans sa structure géologique il se déplace très peu, mais quand il a été réduit en poudre, il offre une immense surface de contact pour être dissous.

Dans leur idée, les Russes pensent que les "combinaisons stables" seront insolubles (ce qui est sûrement faux, car il y a autant de chance d'en avoir des solubles que des insolubles) et qu'en aucun cas il n'y aura de retour dans l'écosystème.

Mais leur forage d'injection est lui-même une zone de perte d'étanchéité. Voir l'accident de Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique, mais aussi ce forage près de Java qui a produit un jaillissement de boue,  qui, depuis plusieurs années, ne s'est toujours pas arrêté.  "Le volcan de boue de Sidoarjo , que les Indonésiens appellent Lusi pour Lumpur Sidoarjo (« boue de Sidoarjo ») ou lumpur Lapindo (d'après le nom de la société pétrolière dont le forage pourrait avoir provoqué la catastrophe, PT Lapindo Brantas), est une éruption continue de gaz et de boue, située dans la province orientale de l'île de Java en Indonésie, à environ 20 kilomètres au sud de Surabaya, la capitale provinciale. Ce phénomène, considéré comme un volcan de boue, a débuté le 22 mai 2006 et depuis éjecte 50 000 m3 de boue par jour, ayant déjà recouvert plus de 25 km² (à décembre 2007) et plusieurs villages. L'éruption, encore mal expliquée, risque de continuer pendant un temps qu'on ne peut déterminer et à ce jour, tous les efforts pour l'arrêter ont échoué."

"D’après certains géologues, de l’eau réchauffée et pressurisée dans le manteau terrestre s’échapperait d’une poche gigantesque. Lors de sa remontée dans des fissures, elle se chargerait de sédiment et d’argile, formant a la sortie une boue et des vapeurs toxiques. De tels phénomènes sont assez rares et peu étudiés.

Il existe des précédents, en Azerbaïjan où le Lokbatan a craché de la boue pendant 30 minutes, alors que son voisin, le Koturdag est lui en activité depuis 1950 ! Le débit étant faible il n’a recouvert que 0,3 km2. Quant à savoir ce qui a, en l’occurrence, provoqué la remontée de cette masse d’eau, personne n’a réussi à trancher entre la catastrophe naturelle et l’erreur humaine.

Deux jours avant que la boue ne remonte, un tremblement de terre d’une amplitude de 6.3 sur l’échelle de Richter s’est produit à 250 km au sud ouest. D’après Oliver Dequincey, chercheur a l'ENS Lyon, l’éruption serait due à “une surpression naturelle importante dans une région propice de subduction associant volcanisme, compression tectonique et hydrothermalisme”.

Près du cratère, où s'élève une fumée blanche, on aperçoit une usine submergée. Les quelques pompes dispersées ici et là, paraissent dérisoires comparées à l'ampleur du phénomène. Mais l’homme pourrait bien avoir provoqué cette catastrophe. Le jour de l’éruption, l’entreprise de forage Lapindo Bantas - liée au gouvernement indonésien - prospectait dans la zone à la recherche d’hydrocarbures. Lors d’un forage à 2800 mètres de profondeur, une tige a heurté la chambre du volcan créant un lien entre l’eau pressurisée et la surface. Une première éruption de vapeur et d’eau a eu lieu. Cinq jours plus tard le volcan s’est mis à cracher de le boue a une température de 70-100°C. L’entreprise est mise en cause puisqu’elle a négligé les consignes de sécurité idoines. Elles consistent à revêtir les tiges de forage d’un tubage pour l’isoler de l’extérieur. Et éviter ce genre de désagrément."
Source : Science.blog.lemonde

Heureusement qu'on ne s'était pas amusé à y injecter des produits radioactifs ... sinon, ils remonteraient.

Autre couplet "gratiné" de ce communiqué :
" ...estime qu'un système tel que celui de Paramouchir permettrait de neutraliser une centaine de tonnes d'uranium par an, ainsi que des déchets radioactifs..."
Une centaine de tonnes... c'est ce qu'on décharge de 3 réacteurs de 1 GWe par an. Il y a environ 450 réacteurs dans le monde, donc il ne faudrait que 150 emplacements (îles de préférence) ayant les caractéristiques ad hoc, pour gérer tous les déchets nucléaires de la planète.

Les déchets servent également de justificatif supplémentaire pour les RNR Na (4eme génération de réacteurs à neutrons rapides refroidis au sodium - genre Super Phoenix), réacteurs qui sont sensés détruire les actinides, et autres produits ... sans en produire !!! - Une illusion ?

Enfin nous l'avons signaler : la région de Kamtchatka et des îles Kouriles est activement volcanique !

Yucca Mountain aux USA, aussi me direz-vous…

Russes et Américains feraient-ils un concours d'apprentis sorciers et prendraient-ils les habitants de la Terre pour des imbéciles.

L'ANDRA interrogée sur cet article, n'a bien sûr fait aucune réponse…

Charlotte MIJON, porte parole de Sortir du Nucléaire a fait ce commentaire :

La proposition russe consiste donc simplement à poursuivre dans la voie de restitution des déchets à la nature...  On a prouvé que l'on savait déjà très bien faire cette restitution :
 - en laissant percoler sur place les millions de tonnes de déchets concassés des mines d'uranium (alors que la radioactivité était piégée dans la roche depuis des millions d'années),
 - en rejetant les déchets radioactifs en mer depuis la terre comme à La Hague
 - etc...

 Dans les nouveautés :  
 - les hautes pressions du magma évoquées pourraient bien nous pulvériser  la "soupe radioactive" à la figure comme la démonstration vient d'être faite avec le pétrole dans le Golfe,
 - après nous avoir raconté que les déchets des centrales d'Edf étaient stockés en Russie pour réutilisation, ils ne seraient donc aujourd'hui tout juste bons à être injectés dans le magma,
 - les déchets retirés des REP ne correspondent plus du tout à ce qui a été retiré de la nature : un millier de radioéléments artificiels sont créés dans le cœur...
 
 Faute de solution aux déchets nucléaires, la proposition de rendre à César ce qui appartient à Jules ne constitue en fait qu'une nouvelle image d'Epinal : cette dernière se révèle indispensable à la poursuite de l'atome suite à la fin  du mythe du nucléaire comme solution à l'effet de serre..

Mise en forme par Michel GUERITTE

09/09/2010

 

 

Episode01

 

 

Fiction pédagogique

La catastrope de Nogent-sur-Seine

Episode 01:

"La centrale ronronne paisiblement..."
 


Lundi 25 - 21 h - Intérieur de la centrale

Les hommes du quart précédent ne sont pas contents. La relève est en retard. Les nouveaux arrivants manifestent une bonne humeur peu ordinaire pour un lundi soir.
- « Si vous aviez vu Ruel face à la caméra ! plaisante le vieux Robert. Comment elle a fait, la journaliste de france3, pour te mettre si facilement à l'aise ?
- Arrête, elle est enceinte jusqu’aux dents !
- Si cela ne vous fatigue pas trop, nous pourrions peut-être travailler ? » coupe Raymond, le chef de quart.
Depuis décembre 1987, cette tranche ronronne paisiblement. A l'intérieur de la cuve du réacteur, confinée sous trois enceintes de béton et d'acier, la radioactivité est maximale : près de mille cinq cents fois celle créée par la bombe d'Hiroshima.
Mais dans la grande salle de commande, les hommes écoutent tranquillement leur chef de quart distribuer les tâches de la soirée. Les schémas de contrôle luisent doucement au-dessus des pupitres. Les imprimantes reliées aux ordinateurs débitent par intermittence des lignes de chiffres. Trois écrans vidéo affichent silencieusement des informations sur l'état de la centrale.
Une gigantesque passerelle, un monstrueux tableau de bord, le centre névralgique de la centrale nucléaire. Un cerveau éclaté en plusieurs systèmes automatiques, ou télécommandés par les opérateurs.
Aujourd'hui comme toujours, ils sont deux : Hervé, le chef de bloc, et Michel, son adjoint. Eux ne bougeront pas de cette salle des commandes, quel que soit l'endroit où Raymond enverra ses agents. Comme chaque semaine, le chef de quart a prévu une inspection générale du circuit d'injection de sécurité.  « Je m'en occupe personnellement, dit Raymond, et j'emmène Jean. Robert, tu vas en salle des machines. » Robert sourit à son arpète, un jeune en formation, frais émoulu de l'école :
- « A toi de dresser la liste des opérations à effectuer. Tu te souviens ? Noter ce que tu dois faire, faire ce que tu as noté, et écrire ce que tu as fait. C'est la méthode du "contrôle-qualité". »
Le vieux rondier, (c’est le préposé qui effectue des rondes régulières pour surveiller les installations de la centrale), comme les autres agents techniques, aux vérifications et aux manœuvres, éclate de rire devant la mine piteuse du garçon.
- « Il est temps d'apprendre qu'une centrale nucléaire ne produit pas seulement du courant, mais aussi des montagnes de paperasses ! »
Les hommes disparaissent l'un après l'autre dans le couloir. Avant de sortir, Robert, décidément en veine ce soir, expédie une bourrade dans les épaules du chef de bloc :
- « Tu veux que je rappelle la journaliste pour t'empêcher de roupiller ?
- Arrête tes vannes », soupire Hervé.
Penché sur un pupitre rose et jaune constellé de voyants verts, Hervé rêve : garçon ou fille ? Le gynécologue souriait, cet après-midi. Sylvie voulait connaître le sexe du futur bébé pendant l'échographie. A trois mois, c'est un peu tôt, a dit le médecin de Provins.
Comme le pilotage de cette centrale, l'enfant était minutieusement programmé. Pendant deux ans, Hervé a travaillé comme assistant-chef de bloc au centre de production nucléaire de Paluel, en Normandie. A cette époque, quand il rentrait chez lui, il étudiait. L'acharnement a payé : il est passé chef-opérateur sur cette première tranche de Nogent il y a trois ans. Une centrale toute neuve, une maison confortable à Provins, Paris pas trop loin ...
- « J'ai trente ans, pense Hervé, un boulot formidable, et je passe bientôt à la télé…
-  Dis-donc, le dispatching national demande de maintenir la tranche à ce régime de production jusqu'à minuit, claironne Michel en raccrochant le téléphone. On doit se tenir prêt à baisser de vingt pour cent ensuite. (Le dispatching a pour mission de répartir les moyens de production d'EDF en fonction de la demande)
- Sans doute après la fin de l’émission du Festival international du cirque de Monte-Carlo, sur France3. Même si je n'avais pas été de quart, je ne l'aurais pas regardé. Sylvie et moi, on était invités à l'anniversaire d'un copain, à Traînel.
- Où bosse Raymond, ce soir ? Je n'ai pas écouté tout à l'heure. »

Vingt mètres sous la salle des commandes, au niveau moins 5, le plus bas de l'usine, Raymond et Jean s'affairent auprès du circuit d'injection de sécurité, le RIS dans le jargon nucléaire. L'ensemble jouxte l'enceinte de confinement et s'étend sur plus de trois cents mètres carrés, partagés entre plusieurs salles hautes de quatre mètres. Le dispositif est complété par un système d'aspersion d'enceinte. Il servirait à déclencher une formidable averse à l'intérieur du bâtiment si de la radioactivité s'échappait du cœur du réacteur. A plus de cent mètres de leurs collègues, Robert et son apprenti avancent dans la salle des machines, véritable cale du grand vaisseau nucléaire. Difficile de parler tant le vacarme est infernal.
- « Fixe bien tes protections auditives », a hurlé Robert en arrivant.
Ce casque qui écrase les oreilles énerve le garçon. Le bruit effroyable l'enivre, et la chaleur étouffante de l'immense nef l'assomme. Il rit. Il a toujours rêvé de travailler dans une usine de cette envergure.
- « Tu verras quand tu ne pourras plus écouter de musique parce que tu seras dur de la feuille! »
Robert se penche, et appelle d'un signe le jeune rondier. « Regarde, petit, la pression d'huile du système de graissage du palier d'arbre est insuffisante côté moteur.
- C'est embêtant ? »
Le vieil agent se relève et regarde le gamin :
- « Ecoute, je n'y connais pas grand-chose, moi, à la technique nucléaire. Je m'occupe de l'entretien des machines « normales ». Mais je sais une chose fondamentale, et tu dois aussi te la fourrer dans la tête : la dépendance entre le réacteur et le turbo alternateur est totale. Tout événement imprévu sur la partie classique - celle où nous sommes en ce moment - a des effets sur la bonne marche du réacteur.
- « Tu me demandes si la baisse de pression d'huile est importante ? Non, pas vraiment. Mais tu notes le défaut, et on viendra réparer plus tard. »
Le jeune homme baisse les yeux. Un jour, lorsqu'il était encore en stage à l'école d'EDF, un professeur avait tenu un discours extraordinaire aux élèves.
- « Qu'est-ce qu'une centrale nucléaire ?
Une énorme tour surmontée d'un dôme, accolée à un long bâtiment parallélépipédique, voisinant parfois avec un monumental diabolo de béton. Vues de près, mais toujours en restant à l'extérieur, les choses se compliquent : le tableau cubiste s'enrichit de nombreuses constructions, de réservoirs aux fonctions obscures, de tuyauteries qui semblent passer furtivement d'un bâtiment à l'autre, de cheminées et de conduits d'aération, dont la présence renvoie aux attributs traditionnels des grandes constructions industrielles ... »
Les jeunes gens aimaient bien ce professeur. Suspendus à ses lèvres, ils attendaient la suite.
- « ...le visiteur découvre une fantastique plomberie, une plomberie qu'aucun visionnaire n'aurait pu imaginer. Les contraintes et les nécessités de cette énergie, tirée du plus profond de la matière, ont dicté aux ingénieurs la disposition des quelque cinq cents à mille kilomètres de tuyauteries.
« Qui dit plomberie dit aussi vannes, soupapes et clapets, (des dizaines de milliers), pompes et moteurs (plusieurs centaines). Mais ces milliers de vannes, soupapes, pompes et moteurs signifient autant d'instruments de mesure de pression, de débit, de température, de vibration, et d'actionneurs pneumatiques, hydrauliques ou électriques, reliés aux équipements de contrôle et de commande par des centaines de kilomètres de câbles électriques ... »

Là-haut, en salle de commande, les deux opérateurs n'ont rien de spécial à surveiller. Ils relisent les procédures.
Michel s'étire devant la grande table qui trône au milieu de la pièce.
- « Tu veux un café ? »
Il se dirige vers la cuisine d'exploitation, contiguë à la salle de commande. Hervé cligne des yeux. Décidément, il supporte mal l’éclairage.

Episode02

 

Fiction pédagogique

La catastrope de Nogent-sur-Seine

Episode 02 :

"Dans le bureau du directeur"

 

lundi 25 – 22 h – bureau du directeur

La direction de la centrale de Nogent-sur-Seine avait été très claire : « Pour ce reportage de france3 Champagne-Ardenne : équipe réduite au minimum. »  Il avait fallu batailler dur pour obtenir une autorisation de tournage au plus près de l’actualité de Fukushima, et à la veille du 25ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. Il s'agissait de faire d'une pierre deux coups. L’idée était de couvrir le rassemblement qui avait lieu place de l’Eglise à Nogent-sur-Seine, à 15 heures, événement à ne pas rater puisque la visite de Cécile DUFLOT (la secrétaire des Verts) était annoncée, et de faire un rapide reportage sur la sécurité de la centrale, en interviewant quelques techniciens et responsables. L’équipe semble satisfaite des plans qu’ils ont mis en boîte. Tiphaine, la journaliste de France3 Aube et son cameraman Olivier Mayer sont maintenant de retour à Troyes. Tiphaine, qui habite pas très loin de la gare, n’est pas mécontente d’être loin des deux réacteurs. Elle sait le danger potentiel que représentent les rejets dans l’environnement immédiat d’une centrale nucléaire. Elle l'a lu en surfant sur le site villesurterre.com… Et quand on est enceinte, il y a des endroits plus fréquentables…

 

Episode03

 

Fiction pédagogique

La catastrope de Nogent-sur-Seine

Episode 03 :

"L’accident"

 
mardi 26 - 1 h 23 mn 04 s - Salle de commande : l’accident

La tranche est à son régime nominal. C’est son régime de fonctionnement à pleine puissance continue. La température moyenne du cœur, le niveau d'eau dans les quatre générateurs de vapeur, le niveau et la pression du pressuriseur... Tout est normal .
Hervé pilote aux réflexes. En vérité, il a l'esprit ailleurs ...
Sous les combles de son pavillon de Saint-Brice, à la sortie de Provins, qu'il va commencer à aménager demain. Encore six mois avant la naissance du bébé.
- « Et deux petits cafés, deux ! »
Michel est comme toujours d'excellente humeur. Hervé apprécie son adjoint.
Au moment où il se tourne vers son collègue, esquissant un sourire, une alarme retentit. Les deux hommes sursautent, se figent une fraction de seconde. Que diable se passe-t-il ?
Dans la baie des générateurs de vapeur, les « GV » en langage codé, des verrines jaunes et rouges clignotent furieusement, comme l'éclairage syncopé d'une discothèque.
« Bon, il va falloir faire le tri dans ce tohu-bohu, soupire Hervé, prenant Michel à témoin : tout de même, on devrait améliorer le système de sélection des informations. »
A quelques pas, dans la salle des calculateurs, sans se poser de question, l'ordinateur de la tranche vient de graver dans sa mémoire l'événement qui a tout déclenché : à 01 h 23 mn 04 s, la pression de vapeur à l'admission de la turbine a brusquement chuté.

mardi 26 - 01 h 34 mn 25 s - Chemin de ronde, extérieur du site

Un sifflement terrible, strident.
Les policiers de la voiture banalisée numéro 1 roulent au pas. Ils roulent depuis 20 h. Ils sont las de tourner autour de cette centrale. Ils se disputent depuis mardi à propos d'une décision de l'inspecteur A., lequel a décidé d'arrêter de fumer. Or l'inspecteur B. lui, mâchouille des cigarillos à longueur de temps. L'autre a enfilé une fois pour toutes une énorme canadienne, des gants, et conduit fenêtre ouverte.
Ils longent les grillages et les barbelés, à la hauteur de la première tranche, indifférents au grondement sourd et perpétuel de l'usine électrique. Ils n'entendent plus rien, même plus le ronronnement humide des tours de refroidissement qui crachent sans discontinuer. L'inspecteur B. maudit son collègue et ce fichu plan PlRATOME, dont il ignorait l'existence jusqu'à ce que ses chefs, avertis d'une éventuelle menace terroriste sur Nogent, l'expédient surveiller la centrale. C’est le Premier ministre qui a élaboré le plan PIRATOME en 1978, « dans le but de contrer tout acte de terrorisme nucléaire ».
Naturellement, les saboteurs vont être assez futés pour surgir dans nos phares, pense rageusement l'inspecteur, et vont nous lancer un : « Bonjour c'est nous !», et offrir gentiment les détails de l'attentat sur un plateau. Le policier en est là de ses réflexions lorsqu'ils entendent ce bruit terrifiant.
- « On dirait une fusée qui décolle.
- Rien à voir avec une explosion, mon vieux.
- Tu crois que c'est normal, en pleine nuit ?
- J'y connais rien, moi ! Fais demi-tour, on va voir les gardiens. »
Ils démarrent sur les chapeaux de roues. Tout de même, ils laissent de côté le gyrophare, il n'y a pas un chat sur cette voie de contour. Quand ils pilent devant la guérite de l'entrée principale, les gardiens passent une tête amusée à la porte.
« Vous vous décidez à faire les présentations ?
- Police ! Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Les mecs de la salle de commande ne nous téléphonent pas pour donner le détail. Sûrement un arrêt d'urgence. Ils commandent quelquefois des relâchements de vapeur. C'est contrôlé, il paraît, »
Arrêt d'urgence ? Les inspecteurs ne veulent pas avoir l'air ridicule.
- « Tu crois qu'on doit avertir le Centre?
- Je ne pense pas. Attends un peu, on reste sur le parking. S'il y a des mouvements : on avisera. »
La semaine dernière, la SDAT a hésité avant de déclencher le plan PlRATOME. Finalement, une simple alerte basse a été jugée suffisante. La SDAT est désormais établie dans les mêmes locaux que la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), dans un bâtiment ultra-sécurisé, au 84, rue de Villiers, à Levallois-Perret.
Bref, les inspecteurs A. et B. tournent depuis quelques jours autour de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine.
Puisqu'ils ont décidé de rester sur le parking, l'inspecteur A. jette son collègue à la porte de la voiture.
- « Fume tes cochonneries dehors, s'il te plaît. »


Episode04

 

Fiction pédagogique

La catastrophe de Nogent-sur-Seine

Episode 04 :

"Mon vieux, je crois qu’on est mal barré."

 

mardi 26 - 01 h 34 mn 27 s - Salle de commande

Dans le générateur de vapeur N°4, le débit vient d'augmenter brutalement.
Deux circuits d'eau s'affrontent dans cette énorme marmite à pression, haute de vingt mètres : le primaire, brûlant et contaminé par les fuites routinières du combustible nucléaire, transmet sa chaleur au circuit secondaire, exempt de radioactivité, grâce à un fabuleux faisceau de minces tubes (19 mm de section). Un faisceau haut de onze mètres, constitué de cinq mille trois cents tubes en U, soit cent vingt kilomètres de minces tuyaux, surnommé « le chignon ». Cette surface d'échange représente environ trois quarts d'hectare. (Un hectare c’est 10 000 m2.) L'eau de ce circuit « propre» est portée à ébullition. La vapeur sous pression est transférée vers la turbine par de grosses tuyauteries pour produire de l'électricité.
D'après les indications affichées sur le panneau de contrôle, la production de vapeur du GV vient de passer de cinq cent cinquante kilos par seconde à plus du double... Hervé et Michel restent immobiles face aux instruments. On dirait un cas d'école : ils ont été confrontés à un accident du même type pendant un de leurs stages sur simulateur.
Ou bien une soupape de décharge à l'atmosphère s'est malencontreusement ouverte…
- « Mais comment? .. » murmure Michel
- ou bien il s'agit d'une rupture de la conduite de vapeur.
- « Mon vieux, je crois qu'on est mal barré. » Hervé a soudain la gorge serrée.
Il n'y a rien à tenter pour l'instant. Observer et réfléchir, voilà tout. Où s'est produite la brèche ? Dans l'enceinte de confinement ou à l'extérieur, quelque part au-dessus de leur tête ?

mardi 26 - 01 h 34 mn 40 s - Salle des machines

- « Que dit le manomètre ? hurle Robert à l'apprenti...
Parle plus fort ! Eh, les pompes ont décroché ! Tu entends ? La vitesse diminue.
- On fait quoi, dans ce cas-là ?
- Dans un cas pareil, un arrêt imprévu comme ça, il n'y a qu'à appeler en salle de commande pour savoir ce qui se passe, et où on peut être utile.
- « Allô, Michel ? Qu'est-ce ... quoi ? Une rupture de ... ça alors ! OK, on ne s'éternise pas ici. »
Robert a légèrement blêmi. Il se reprend sous le regard inquiet du garçon.
- « Petit, tu es gâté. Pour un baptême du feu, te voilà servi : une rupture de canalisation principale de vapeur, celle du GV 4. D'ailleurs, tu entends ce bruit ?
- Le grondement ? Ça a l'air fort ! C'est dangereux ?
- Rassure-toi, c'est grave, parce qu'il va falloir arrêter pour un bout de temps, mais tu sais bien que cette vapeur qu'on entend s'échapper avec un tel boucan n'est pas radioactive pour un sou. On ne risque rien, mais quand même, ça va pas mal secouer le matériel. Après, on aura à inspecter partout pour voir comment il a encaissé. »
En marchant, Robert explique les contraintes violentes subies par l'installation lors d'un arrêt d'urgence. Le jeune est très impressionné. La passerelle ne vibre-t-elle pas davantage ? Tout à l'heure, au début de la ronde, elle ne bougeait pas. Non, c'est idiot...
- « Est-ce que ça veut dire que le réacteur est arrêté ? risque timidement le stagiaire.
- Ah oui, tu peux le dire ! Robert éclate de rire. Mais à l'intérieur, il ne ferait pas bon y mettre les pieds en ce moment. Ça fait vingt ans qu'elle tourne, cette tranche ! Le combustible, en ce moment précis, dégage une chaleur dont tu n'as pas idée. A peu près deux cent cinquante mille kilowatts. Attends, pour que tu comprennes ... la puissance de deux cent cinquante mille fers à repasser, dans un volume inférieur à un studio. L'essentiel, c'est de l'évacuer sans interruption. Il y a des circuits spéciaux pour ça.
- Et s'ils ne marchent pas?
- Oh, alors, ça peut provoquer une vraie catastrophe ! »
Le jeune homme réprime mal un frisson. 

 

Episode05

 

 

Fiction pédagogique

La catastrophe de Nogent-sur-Seine

Episode 05 :
"Messieurs, nous voilà avec un accident de niveau 4 sur les bras."

 

 

mardi 26 - 01 h 34 mn 32 s - Salle de commande

Hervé perçoit nettement une vibration sourde.
Pas de doute, la vapeur s'échappe à l'extérieur. Sinon la température et la pression augmenteraient dans l'enceinte du bâtiment-réacteur, et il le verrait sur les tableaux.
- « C'est peut-être mieux ainsi », pense Hervé, songeant aux problèmes posés par la vidange d'un GV dans le bâtiment.
Les deux opérateurs n'ont aucun mal à imaginer le spectacIe, dehors, là où la canalisation a cédé : un sifflement assourdissant, le bâtiment environné d'un nuage de vapeur qui semble jaillir de la paroi, comme si celle-ci s'était brusquement fendue.
Dans la salle de commande, on n'entend rien. On sent. Le relâchement a lieu au-dessus de leurs têtes, mais la dalle de béton - plus d'un mètre d'épaisseur - qui les isole du reste du monde étouffe complètement le son.
- « Le rejet a l'air colossal. Sans doute une rupture-guillotine. Je me demande ... Dans moins de vingt secondes, le générateur vapeur sera à sec. Tu imagines le chambard à l'intérieur, avec quarante tonnes d'eau qui se vaporisent en un rien de temps pour foutre le camp à l'extérieur ? Va chercher la fiche A0. »
Michel se dirige vers le meuble de classement où sont rangées les fiches de procédure en cas d'accident.

mardi 26 - 01 h 34 mn 45 s – Salle de commande

Hervé reprend son souffle : un voyant signale que le système de borication d'urgence du cœur a démarré. Il faut augmenter la concentration en bore du circuit primaire. Le bore est cet élément chimique qui absorbe les neutrons, et qui va empêcher une reprise de la réaction en chaîne et des surchauffes au sein du combustible. Un premier danger est donc écarté. Simultanément, un second voyant indique que le circuit d'injection de sécurité est entré en action.
- « Tout se déroule correctement », chuchote Hervé pour se rassurer.

mardi 26 - 01 h 34 mn 50 s – salle de commande

Au moment où Michel tend la fiche A0 (fiche introductive de la nomenclature : A = accident, 0 = zéro.), à Hervé, Pierre Duguey, l'ingénieur de sûreté et radioprotection (l'ISR) entre en trombe dans la salle de commande. Hervé lui montre qu'il est à la hauteur.
- « Ça vient de commencer. D'après les instruments, c'est une rupture de la tuyauterie de vapeur du GV 4. Sûrement une grosse brèche à l'extérieur, entre le bâtiment-réacteur et la salle des machines. Tu lances le PUI ? » (le PUI est le Plan d'urgence interne.)
Pierre Duguey examine les cadrans.
- « Ce n'est pas à moi de le faire. Qui est d'astreinte de direction, cette nuit ?
- Hervé Maillart, le directeur, lui même »
Pierre compulse rapidement la fiche de quart. Il saute sur le téléphone.
- « 03 25 …, allons-y ...
- « Monsieur Maillart ? On a un accident. Chute de la pression vapeur, turbine déclenchée, borication d'urgence, baisse de température sur le retour de la boucle 4. La tuyauterie de vapeur du GV a dû se rompre ... Non, certainement à l'extérieur, il y a une minute. »
L'ISR se tourne vers les opérateurs, avec un drôle de ricanement nerveux :
- « Messieurs, nous voilà avec un accident de niveau 4 sur les bras. Le premier en France depuis la rupture d'un tube en U sur Tricastin 3. J'espère qu'on s'en sortira aussi bien. Bon, je préviens l'équipe de la tranche 2. »

mardi 26 - 01 h 34 mn 55 s - Sous-sol de la centrale


Le chef de quart n'en croit pas ses yeux : la pompe démarre sans crier gare ! Jean, le rondier, tout chevronné qu'il soit, n'a jamais vu ça.
- « Attends, j'appelle la salle de commande. »
- « Alors, qu'est-il arrivé ? .. Ouh, c'est sérieux ! Nous remontons tout de suite. »
Raymond est un vieux chef de quart. Il a gagné ses galons à Chinon, sur un réacteur graphite-gaz.
« Allons, Jean, pas la peine de s'éterniser ici.
- Je ne comprends pas, remarque le rondier. On a une rupture sur le secondaire, et voilà que l'injection de sécurité démarre. Il n'y a pourtant pas de brèche dans le circuit primaire !
- Heureusement, que ça a démarré ! Trop compliqué à t'expliquer ! C'est nécessaire pour protéger le cœur, pour éviter des dégâts sur le combustible. »
Les deux hommes empruntent l'escalier pour remonter au niveau zéro. Ils se dirigent vers la tour d'accès pour rejoindre l'ascenseur. La salle de commande se trouve quinze mètres plus haut. 

 

 

Episode06

Fiction pédagogique

La catastrophe de Nogent-sur-Seine

Episode 06 :

"Le pire est devant nous !"

 

 

mardi 26 - 01 h 35 mn - Salle de commande

Michel surveille le déroulement des séquences automatiques. Pierre et Hervé ont pris position devant le panneau de sûreté. Deux écrans affichent, sélectionnées par l'ordinateur de la tranche, les informations importantes sur l'accident en cours.
Le téléphone qui relie la centrale au dispatching résonne près d'Hervé.
( En effet, l'arrêt imprévu de Nogent 1 doit être compensé par une augmentation de la puissance produite par des tranches en production ou par la mise en route de tranches disponibles en réserve. Pour guider son choix, le dispatching a besoin de connaître la durée probable de l'arrêt.)
L'échange est bref :
- « Combien de temps va durer cet arrêt ?
- On ne redémarrera pas avant très longtemps. Poussez les frangines en conséquence, Salut ! »
Un instant déconnecté, Hervé observe ses deux collègues, tendus, mais parfaitement calmes. Il est assez fier, finalement. La formation sur simulateur paye, tout de même! 
- « Camarades, à boire ! Je suis assoif ...
- La ferme ! »
Pierre a quasiment hurlé. Le quatrième rondier émerge, ahuri. Il vient de terminer l'inspection de quelques ateliers du bâtiment des auxiliaires nucléaires.
- « Quelle mouche a piqué Pierre ? se demande Hervé. Il n'y a vraiment pas de quoi s'affoler. Quelque chose doit l'inquiéter… »
Michel prend le nouvel arrivant à part. D'un revers de main, il balaie l'ensemble des instruments de mesure affolés, et murmure au rondier :
- « T'en fais pas, les sauvegardes se déroulent comme à la parade. D'ici peu de temps, Hervé va stopper le RIS, et mettre en route le système de refroidissement à l'arrêt. Dans quelques heures, nous aurons amené tranquillement le réacteur en arrêt à froid. On te dira ce que tu dois faire en temps utile. Tiens, va préparer du café pour tout le monde. »
Le rondier n'en revient pas : pour la première fois, un opérateur prend le temps de lui expliquer quelque chose.

mardi 26 - 01 h 36 mn 30 s - Rez-de-chaussée de la tour d'accès

Le chef de quart attrape Jean avant qu'il n'entre dans l'ascenseur.
- « Viens, on va faire un tour dehors, histoire de voir la tête que ça a ... »
Les deux hommes sont saisis par la fraîcheur de la nuit.
Immédiatement, bien qu'il provienne de l'autre côté du bâtiment-réacteur, l'oreille exercée de Raymond repère le sifflement du rejet de vapeur.
- « Bizarre! Après une rupture guillotine, le GV se vide en moins de trente secondes. Ecoute, c'est toujours pas fini ! » Raymond scrute le ciel derrière l'enceinte. Naturellement, il manque de recul pour voir. Ce qu'il entend lui suffit. « Oh là là ! Vite ! Dans l'ascenseur. »

mardi 26 - 01 h 37 - Salle de commande

Pierre est livide. Il désigne quelques chiffres affichés sur l'écran gauche. D'une voix blanche, il appelle Hervé. Effrayé, Michel contemple le visage de l'ISR et la physionomie atterrée du chef de bloc.
- « Le pressuriseur est toujours vide, balbutie Hervé. (Le pressuriseur a pour fonction de maintenir l’eau du circuit primaire à l’état liquide.) La pression continue de baisser, et ... et le niveau de la cuve baisse aussi. Le circuit d'injection de sécurité débite de plus en plus. Non, ce n'est pas possible!
- La perte de charge en sortie du GV 4 prouve que ça rejette toujours dehors », conclut Pierre.
L'ingénieur semble assommé. Une seule explication : un, ou plutôt plusieurs tubes en U n'ont pas résisté à la dépressurisation brutale du GV. Maintenant, c'est le circuit primaire, de l'eau contaminée, qui se vide, via la brèche du GV, directement dans l'air extérieur. Hervé est pris d'un terrible vertige.
- « Si le débit du circuit d'injection ne suffit pas à maintenir le niveau d'eau dans le réacteur, ç'est que les dégâts dans le chignon dépassent le pire.
- Le cœur sera bientôt à découvert. Le refroidissement du combustible a probablement cessé, à cause de l'ébullition en masse du circuit primaire. Le combustible va être endommagé ... il l'est sans doute déjà ... De la radioactivité va s'échapper, et ... il ne reste aucun obstacle à lui opposer. »
Pierre Duguey sent la panique monter. Un instant distraits de leur propre affolement, ses collègues le regardent, stupéfaits.
- « A quoi bon toutes ces fiches, pour les grosses brèches, pour la rupture d'un tube en U ... Rien n'est prévu pour cet accident. Nulle part, dans aucun rapport de sûreté, on n'a envisagé que la rupture d'une tuyauterie de vapeur, « accident possible mais hautement improbable », puisse engendrer des ruptures de tubes en U, accident finalement pas si rare que ça en marche normale. »
Il ébauche un geste d'abandon, et poursuit, sarcastique et théâtral :
- « Messieurs, une nouvelle période de l'ère nucléaire vient de s'ouvrir ! Quelque chose de totalement inédit sur nos réacteurs REP, un accident de perte simultanée du refroidissement et de toutes les barrières. Désormais, l'intérieur du réacteur communique directement avec l'atmosphère. Le pire est devant nous ! »

Coursan Concert 1er mai 2011

 

 

Le TchernoShima Day

à COURSAN-EN-OTHE

 

Un concert de musique sacrée   
dans une cathédrale de verdure
le 1er mai 2011.
 
Initialement prévu pour célébrer le triste 25ème anniversaire de Tchernobyl, les récents événements ont conduit l'organisation, menée par l'Association La Qualité de Vie, et son Président Michel Guéritte, à rajouter à la très longue liste des victimes de Tchernobyl, celles de Fukushima, dont le nombre sera sans aucun doute effrayant.

Un grand et beau Tchernobyl Day,
un 1er mai dans un écrin de verdure
!

 

Recalé de la grande salle du Cube de Troyes par les élus, chassé de la Cathédrale de Troyes par le planning, banni de l'église de Ste Savine par un curé « manipulé » par des élus, interdit de séjour par les biches à termes de la forêt de Davrey, l’événement atterrit finalement à Coursan-en-Othe, haut lieu de batailles médiévales, où d’autres braves se sont tant battus au nom de la liberté ! Nous reviendrons sur cette histoire qui rappelle les célèbres affrontements entre Don Camillo et Peppone… Souvenez-vous : La grande bagarre de Don Camillo, un Don Camillo interprété par Monseigneur Fernandel ! La seule différence, c’est qu’à l’époque, lui aurait organisé le concert !

Le joli village de Coursan-en-Othe n'est situé qu'à quelques kilomètres d'Auxon, où s'est déroulée en 2009 une autre bataille, celle qui a vu échouer le terrible projet FA-VL, qui devait rapporter des millions d'euros à la commune, (on a parlé de 17 millions d’euros), mais qui devait aussi et surtout hypothéquer la santé de dizaines, voire de centaines de générations sur la région... Sans oublier les désastres sur l'image de tout un terroir, de ses produits et de ses prétentions dans les activités touristiques. Notez que le projet de l’Andra est toujours sous couveuse, prêt à éclore dans le nid des collectivités territoriales, quelque part dans l'Aube de François Baroin….
 
Accueilli à Coursan-en-Othe , par son maire, à qui il avait juré-craché qu'il n'y aurait ni manif, ni défilé, ni banderole, ni menace d'incendie des ruines du château, Michel Guéritte a fait installer une sonorisation de 3 500 watts sur la butte de l'ancien château médiéval. Habillé de ses magnifiques arbres séculaires, et entouré de ses douves pleines de vie, cet endroit féérique et chargé d'histoire, est devenu le lieu idéal pour écouter, réfléchir, se recueillir. “C’est magique ! C’est  peut-être à cause des arbres qui ont 350 ans, ils renvoient des ondes !” déclare une parisienne, qui fait étape à Coursan.
Un mélomane qui a tout écouté les yeux fermés : « Je  n’ai jamais perçu une acoustique de cette qualité, l’orgue s’exprimait  pleinement... La Toccata, je ne l’avais jamais entendue comme ça  ! ”
Une maman : “Le plafond de la salle était un peu trop haut !” Ce sera la seule critique.

En plein coeur du village de cent habitants, le dépaysement y est total. La nature se transforme en une sorte de conque qui renvoie les accords puissants des grandes orgues et la voix des divas. Une combinaison de lumières et de sons propices à la méditation…

 "Les frondaisons en guise de vitraux, les chants des oiseaux catalogués par Olivier Messiaen en écho, le soleil pour cierges", raconte Michel Guéritte. Il avouera : "En fait je m'en veux de ne pas y avoir pensé plus tôt. C'est le lieu rêvé !". Et d'ajouter aux personnes attentives et curieuses : "Et même, s'il avait plu des hallebardes, je l'aurais fait quand même, je l'aurais fait pour moi tout seul !" Et c'est vrai : parfois le hasard, les coïncidences et la météo peuvent contrecarrer la mauvaise foi des hommes, des hommes politiques, des hommes d’Eglise, et nous concocter quelques jolies surprises. « J’ai bien aimé la variété des couleurs des vitraux de la cathédrale... » dira une militante écologiste troyenne.
 
Des bancs étaient disposés, et les visiteurs venaient, s'asseyaient, écoutaient. Pour certains, les yeux clos, ils savouraient les œuvres, toutes d'une qualité excellente, et d'une sonorité exceptionnelle. Michel expliquait les titres, que l'assistance pouvait choisir, (selon la méthode de « disque à la demande » ). Un programme avait été imprimé et distribué.
L’animateur expérimenté les définissait, et les qualifiait pour la circonstance, que ces chefs d'oeuvre soient issus de l'opéra, du répertoire "classique", ou liturgique ou encore du profane.

L'émotion était grande. Cet  "enveloppement" musical, ces notes aux résonnances bouleversantes, agrémentées des chants d'oiseaux et du frémissement des feuilles dans le vent, s'envolaient au loin, et nous amenaient naturellement à penser à toutes ces victimes des catastrophes de Tchernobyl, de Fukushima, ou celles du docu-fiction de Nogent-sur-Seine... Le long feuilleton pédagogique diffusé sur auboisementcorrect et villesurterre.com !

Certains sont restés, du début à la fin, à écouter, à se laisser aller à leurs pensées. D'autres se sont levés pour visiter les lieux bucoliques, et ainsi, sur tout un après-midi, ce sont entre 100 et 150 personnes qui se sont déplacées, parfois de loin, pour assister à cette première. C'est peu, mais la qualité des auditeurs vaut bien la quantité des visiteurs qu'aurait pu attirer un site plus proche d'une grande agglomération !
 
Michel Guéritte a souligné le sabotage en règle des médias locaux : pas même une simple annonce ! Il faut souligner aussi que toutes les communautés culturelles et religieuses avaient été conviées… Une raison supplémentaire qui aurait du convaincre Jean-François Laville, responsable des affaires religieuses, de prendre sa plume…

Ce fut un bel événement, un appel au recueillement, un rassemblement apolitique et multiconfessionnel, où tous étaient conviés à réfléchir, prier, parler à sa manière, selon ses convictions, en amitié, en empathie avec les victimes du nucléaire, et en harmonie avec les lieux.
Patrice, le correspondant local de l'Est-Eclair / Libération Champagne était présent comme à chaque manifestation sur la commune. Son article a trouvé place dans les colonnes de son journal, le 9 mai !

AuboisementCorrect.com, qui relaie la fiction pédagogique : La catastrophe de Nogent sur Seine était représenté par Pascal Houplon.
La présidente de l’association Auxon-Dit-Non, Loëtitia Carougeat était également venue en famille, ainsi que les mouvements écologistes aubois.
Le Maire de Coursan-en-Othe était excusé.
La Présidente de la Communauté de Communes du Val d'Armance a félicité Michel Guéritte pour la qualité de son organisation. Qu'elle en soit ici remerciée.

« L'ambiance était à la décontraction, à la détente profonde, plus bénéfique qu’une séance de relaxation. » remarquera une militante de la Marne. Un rendez vous partagé très apprécié, que la plupart des visiteurs souhaiteraient voir se pérenniser, et même se multiplier.


 

Merci aux organisateurs de nous avoir offert un grand moment d’émotions partagées, que Marcel a su résumer en quelques talentueuses rimes :


Dans la grande cour du château
On a dressé table et tréteau
La compagnie me verse à boire
Une musique incantatoire
Un sacrement, un exutoire
Devant l’angoisse à fleur de peau
Qui noue les cœurs et les cerveaux
 
Le cadre est vert et bucolique
Les arbres comptent leurs années
Sous le soleil du premier mai
Loin des vagues du Pacifique
Chargées d’écumes irradiées
Loin du sarcophage d’Ukraine
Au quart de siècle momifié
 
Que jaillissent aux frondaisons
Les chants sacrés de l’émotion
Parmi les feuilles qui miroitent
Telles les larmes maladroites
D’une humanité qui se perd
Et que les notes du concert
Unissent tendresse et colère
Pour nous sortir du nucléaire
 
 
Yves, Michel, Patrice, Nathalie, Danielle, Marcel… journalistes éphémères !
 
6 mai 2011

 

 

 

Avenir radieux

 

 

"AVENIR RADIEUX, une fission française"

 AVENIR RADIEUX

 

"AVENIR RADIEUX, une fission française"

est un spectacle théâtral écrit et interprété magistralement par Nicolas Lambert . C'est le deuxième volet d'une trilogie consacrée à «l’a-démocratie» française du point de vue de ses grandes sources de richesse. Pétrole, nucléaire, armement...
Après "elf, la pompe Afrique " qui à travers le procès des dirigeants d’elf éclairait la politique néo-coloniale de la France et ses logiques de corruption, il s’agit ici d’explorer le discours officiel du pouvoir, et la confiscation de la possibilité de débattre.

2010 : la Commission Nationale du Débat Public organise une série de débats sur l'utilité et les modalités de la construction d'une deuxième centrale nucléaire de type EPR en France, sur le site de Penly.

 

A partir des interrogations des rares citoyens présents, à partir des discours verrouillés d’EDF et de l’industrie nucléaire française en général, à partir du silence du donneur d’ordres, le spectacle remonte un fil de l’histoire du nucléaire français, ses ors républicains, ses non-dits étouffants.

Nicolas Lambert fait monter sur scène les morceaux de notre histoire publique et les a parte officieux, les débats de l’Euratom à l’Assemblée Nationale en 1956, les attentats terroristes à Paris des années 1980, le franc-parler d’un Pierre Guillaumat (agent des renseignements, administrateur du CEA, ministre gaullien), l’«indépendance énergétique», la «grandeur de la France» et le goût du pouvoir.

Une militante de la Q.V. nous relate la performance étonnante de l'acteur Nicolas LAMBERT :

Un électron libre...

et un homme libre, l'acteur Nicolas LAMBERT.

Dans son spectacle au Grand Parquet, "AVENIR RADIEUX, une fission française", tour à tour meneur de jeu, responsable EDF, préfet, maire d'un "village poubelle", intermittent précaire des arrêts de tranche, paysan, citoyen anonyme, l'acteur nous fait vivre des Assemblées Générales de Comité Locale d'Information, en alternance avec des rappels de faits historiques, dates, décisions prises par les éminences grises de l'Industrie et du Nucléaire dans la plus grande opacité.
Il ose tout raconter, même les plus gros mensonges des représentants de l'Etat. Dans la salle, le rire salvateur réunit militants avertis et néophytes.
Un spectacle à diffuser pour sa véracité et son courage.

Un spectacle à organiser dans nos départements de l'Aube, de la Haute-Marne et de la Meuse !

Des lieux à déterminer et des dates à caler dans un calendrier qui se remplit....

 

Une fission française...


Le fait nucléaire français se pose en cette deuxième décennie du 21ème siècle comme une évidence telle que toute discussion est considérée comme une contestation et derechef déconsidérée.
Son histoire tient du conte merveilleux pour enfants et ne tolère ni froncement de sourcil, ni interrogation et pourrait se raconter ainsi : « un jour, Le Général vit qu’il ne serait pas bon pour son Peuple qu’il fut dépendant de l’énergie d’autres puissances. Il décida que ses savants et industriels devaient créer, seuls, les moyens de palier cet état en devenant une Grande-Puissance-Nucléaire ».
On est prié de continuer à croire cette histoire «abracadabrantesque»: un pays vaincu si facilement par le Troisième Reich, devient dans les ruines de la reconstruction des années 50, une très grande puissance nucléaire, toute seule, juste parce qu’elle en a une très grande envie. Quand on sait aujourd’hui ce qu’il en coûte diplomatiquement à d’immenses pays comme l’Iran d’oser réclamer le droit d’utiliser l’énergie nucléaire dite civile, est-on en droit de réexaminer ce conte pour enfants ?
Le pétrole, le nucléaire et l’armement sont aujourd’hui les sources de richesse de la France comme le pâturage et le labourage en étaient les mamelles il y a lurette. À ceci près que l’on est ici en présence d’enjeux existentiels et universels qui peuvent mettre en cause la viabilité non seulement du pays mais aussi de la planète pour les générations immédiatement à venir.
Le débat devrait donc être vif sur ces sujets, les opinions s’échanger régulièrement, les parlementaires saisir ces sujets, interroger les gouvernants, et les citoyens leurs élus sur les options prises, sur la puissance des industriels de l’énergie ou de l’armement qui tirent leur pouvoir et leurs fortunes gigantesques des commandes des états.
Or, non.
Silence.
L’information relative à ces sujets est confisquée. La presse papier ou audiovisuelle est la propriété de ces mêmes industriels de l’énergie ou de l’armement qui tirent leur pouvoir et leurs fortunes gigantesques des commandes des états et qui ont contribué à faire de l’information un robinet perpétuellement ouvert qui inonde les esprits sans qu’il soit question de comprendre quoi que ce soit pour le consommateur noyé par l’image, les flux,  les sons.
Aujourd’hui, le nucléaire civil conçu à l’origine pour légitimer, dissimuler et rentabiliser les investissements publics colossaux est familier, intégré, ingéré.

Tchernobyl est maintenant vingt cinq ans derrière nous et évoque plus aux jeunes génération la fin du soviétisme que la catastrophe invitant les peuples à « sortir du nucléaire » au plus tôt.  Les questions de base (quels dangers ? quels coûts ? quelles alternatives ? quelle légitimité ont les pays qui détiennent cette puissance ? pourquoi et à qui la refuser si cette puissance est légitime pour remplacer des ressources fossiles s’épuisant ?) sont occultées par une omniprésence de la communication d’Areva ou d’EDF (« le nucléaire c’est propre et il n’y a pas d’alternative crédible. Point ») et de son représentant de commerce le plus efficace : le(s) Président(s) de la République Française.

Dans la Revue de Presse :

- un article du Canard Enchaîné.

- du JDD, le 20 juillet 2012

 

Le dossier de Presse.

 

 

 

 

Cli Soulaines 120131

 

 

18 janvier 2011

 
Destinataire Monsieur Philippe DALLEMAGNE
et les membres de la CLI de Soulaines en copie (*)



Monsieur le vice-président

Lors de la dernière réunion de la CLI de Soulaines, vous avez déclaré, en grand démocrate que vous êtes : “Ce n’est quand même pas toi Michel qui va faire l’ordre du jour !

 

C’est effectivement un choix de votre part. Résultat, un certain nombre de problèmes ne sont pas traités correctement lors des trop courtes réunions de la CLI.

Par ce mail, je me permets donc de récidiver et peut-être d’innover dans la façon de préparer une réunion.



D’abord, vous pourriez démocratiquement demander aux membres les thèmes qu’ils souhaiteraient voir être traités, ensuite, si vous communiquiez le contenu des “gros dossiers” par avance pour que chacun puisse les étudier, les réunions seraient d’une part plus riches, et d’autre part il y aurait plus de temps pour les échanges, les débats, et l’éclairage des propositions, décisions et votes.

Je soumets donc à votre attention et à celle des membres les points suivants :


1

J’aimerais qu’on débatte sur l’opportunité, la nécessité, l’obligation de lancer cette nouvelle campagne d’analyses. En effet, pourquoi cette campagne ?
Elle semble imposée !
Comme l’a montrée la première étude faite par l’ACRO et présentée à la CLi le 18 février 2008, il est évident que les mesures faites par des ingénieurs compétents,
avec la même méthodologie et les mêmes appareils ne peuvent donner que les mêmes résultats.

4 années plus tard, pourquoi voudriez-vous que les nouvelles mesures de 2012 ne soient pas parfaitement identiques à celles faîtes par l’ANDRA, dans la même période.
Cela revient à vouloir démontrer  ou bien que l’ANDRA est incompétente, ou bien que l’ANDRA triche ! Or chacun sait que l’ANDRA ne se fera jamais prendre sur ce terrain là !

Par ailleurs vous aller confier le travail au même laboratoire : l’ACRO. Pourquoi ?

Revenons au pourquoi cette étude ?
Stratégiquement, cette nouvelle étude est une forme de manipulation de l’opinion : c’est se doter d’un document pour déclarer que :

- la CLI est vigilante,
- la CLI contrôle l’ANDRA,
- les mesures demandées par la CLi sont identiques à celles faîtes par l’ANDRA,
- les chiffres sont inférieurs aux plafonds fixés par les lois, tout est parfait,
- on peut donc faire confiance à l’ANDRA
- on peut encore implanter de nouveaux sites nucléaires dans le canton...

Permettez-moi donc d’insister pour qu’un débat soit lancé sur l’opportunité de réaliser cette campagne de mesures.


2

Monsieur le vice-président, c’est une enquête sanitaire, voire épidémiologique qu’il est urgent de lancer, en lieu et place de cette inutile et onéreuse campagne de mesures.
Parce que les résultats de la première enquête sanitaire étaient loin d’être rassurants, parce que la nécessité de la poursuivre figure dans les conclusions de l’étude et que cela a été dit lors de la réunion du 20 octobre 2010.

Sur l'avant dernier tableau :
Il persiste donc un doute sur le cancer du poumon, ce qui constitue un motif suffisant pour poursuivre l’investigation en surveillant l’évolution spatio-temporelle des cancers jusqu’en 2009...
Si l’investigation confirmait un signal sanitaire, il faudra en rechercher la cause
.

Sur la dernière page :
En conséquence, l’InVS recommande de poursuivre la surveillance locale des cancers.
Une attention particulière devra être portée sur les cancers du poumon afin de vérifier si l’excès observé dans cette étude persiste dans le temps ou, au contraire, si la mortalité et la morbidité par cancer revient à un niveau comparable à celui de la population du reste des départements de l’Aube et de la Haute-Marne...

L’InVS recommande de poursuivre, Monsieur le vice-président.
Je vous demande donc de lancer une nouvelle enquête sanitaire avec un protocole différent, amélioré.

Par ailleurs, pourquoi ne s’est-on pas intéressé à ces centaines de personnes atteintes d’un cancer du poumon, afin de connaître leurs habitudes de vie, leurs données personnelles de vécu, et leurs comportements pour éventuellement découvrir un dénominateur commun à leurs pathologies, qu’il soit environnemental, professionnel, alimentaire, etc.

Nous sommes en pleine actualité par la diffusion d’une étude sur les leucémies autour des centrales. Certes cela n’a rien à voir. Mais, si les rejets des sites nucléaires de notre canton sont différents de ceux des centrales, il existe peu d’études sur les impacts des faibles doses sur les organismes.
En dehors des leucémies, cette étude et ses commentaires font également état :
- du rôle du radon dans les cancers du poumon. Or, les centres de Soulaines et de Morvilliers TFA, et le futur centre de Morvilliers FA-VL ne rejettent-ils pas du radon ?
- de l’ajout des agents chimiques (d’origine agricole) aux faibles doses de radioactivité. Molécules chimiques qui peuvent potentialiser l’action des radiations,
du fait que depuis 1928 les recommandations concernant les limites d’exposition ont été divisées par 30 ! (notamment pour le radon et la cataracte radio-induite),
- de la recommandation de poursuivre les travaux, les recherches et les enquêtes sur les facteurs en jeu.

Permettez-moi donc d’insister, Monsieur le vice-président, pour que cette enquête sanitaire soit poursuivie et qu’un appel d’offre soit lancé rapidement.



3

A l’occasion de l’enquête publique sur l’extension des activités du CSTFA, il a été entendu qu’il serait peut-être bon que les différentes CLI soient regroupées, fondues en une seule, qui aurait la vision de l’ensemble des problèmes.
Chacune des entités actuelles ainsi que les futures seront dotées de cheminées avec autorisation de rejets dans l’atmosphère, et d’évacuateur d’eaux radioactives dans des cours d’eau.
Même si le cumul théorique calculé par l’ANDRA, est inférieur aux plafonds fixés par les lois, on est en droit de s’inquiéter du cumul des faibles doses dans l’environnement proche :
- retombées des essais des bombes atomiques en atmosphère,
- retombées du nuage de Tchernobyl,
- rejets CSFMA Soulaines,
- rejets CSTFMA Morvilliers,
- rejets centre de tri de DAHER à Epothémont,
- rejets du futur entreposage FA-VL et MA-VL Morvilliers,
- rejets du futur centre de stockage FA-VL dans le canton de Soulaines (grâce à l’exception territoriale qui préserve le consensus)

Permettez donc que cette idée soit débattue. Et si des lois “stupides” empêchaient la constitution d’une telle CLI, rien n’interdit la création d’une association de représentants des différentes CLI.



4

Il serait bon que les informations concernant tous les projets nucléaires du canton circulent suffisamment tôt pour être étudiées.


5

Notamment sur l’entreposage des déchets FA-VL et MA-VL à Morvilliers.
Le 26 novembre dernier, le commissaire enquêteur a bien évidemment remis un avis favorable.

Quid de toutes les questions posées ?
Quid de toutes les inquiétudes de quelques élus, de quelques associations, du Comité interprofessionnel du vin de Champagne  ?

Le fait que des municipalités déclarent des désaccords et votent favorablement est-il acceptable par la communauté ?



6

Le projet de stockage de déchets nucléaires hors normes dimensionnelles à Morvilliers et à Soulaines.
Pourquoi aucune communication n’est faite en amont. Les riverains vont découvrir un jour que les centre TFA  et FMA accueillent des “monstres“ : générateur de vapeur, pressuriseur, cuve de réacteur, couvercle de réacteur, emballage de transport… peut-être dans des alvéoles dédiées.
Des monstres de plus de 30 tonnes, décontaminés et déclassés du fait de leur radioactivité à vie longue.

 


 

Pourquoi ce silence autour de ce projet ?
Tout est possible dans ce canton.
On verra peut-être débarquer un jour les déchets tritium, en échange de quelques millions d’euros. Ils sont tellement” moutons” ces champenois !

 

 

 

7

Que penser du centre de tri DAHER à Epothémont ? Il n’a pas été imposé par l’Etat, lui. Il a été construit par la Communauté de Communes de Soulaines. Dans ce canton, il est effectivement plus facile de promouvoir une implantation nucléaire qu’un relais GSM !

Aujourd’hui une rumeur circule, ravivée par Mr Matrion, lors de la dernière réunion de la CLIS de Morvilliers : DAHER ferait un entrepôt de 20 000 m2 ?
En effet si DAHER a acheté 20 000 m2, ce n’est pas pour y faire du gazon, avait déclaré Philippe DALLEMAGNE, le 3 avril 2010.

Alors s’agit-il d’entreposer des déchets ? Ou bien de construire une usine où on fondrait les déchets métalliques radioactifs, puis on les transformerait en fer à béton et en containers. (Radioactifs ? Aucune importance, c’est pour conditionner des déchets radioactifs !)

Et dans le Soulainois, on n’est pas à une cheminée “radioactive” près...

 

 

8

Autre rumeur, autre questionnement :
La vente de la ferme de Bridenne (une centaine d’hectares) à la SAFER, à l’évidence pour le compte de l’ANDRA, sans que la mairie de CRESPY-LE-NEF ne soit au courant ! Ce qui justifierait les relations “visibles” (relations privées et tout à fait légitimes d’ailleurs ) entre le directeur des CSFMA-CSTFA et la famille Marnat (propriétaire de la dite ferme).

- Mais Michel, c’est un achat pour constitution de réserves foncières, voire pour de futurs échanges de terres !

- Oui, mais alors, pourquoi cette autorisation préfectorale de transformation de la ligne basse tension, qui alimente la ferme, en une ligne 20 000 volts ?
L’autorisation préfectorale d’exécution porte le numéro 11-247
!


9

Des projets structurants dans notre canton, en lieu et place de cette industrie mortifère, vous n’en aurez jamais, messieurs les élus. Rien de sérieux ne peut se développer à l’ombre d’une INB et d’implantations nucléaires.

Vous criez : victoire, parce que le canton de Soulaines n’a pas été dépecé par Brienne, Chavanges et Bar-sur-Aube : tout le fric est pour nous.

Je crie : mensonge, parce que le consensus entre des élus cupides, et qui ont une vision à court terme, est préservé :  le canton va pouvoir devenir la poubelle nucléaire de la France.

Notre terre est bien une terre sacrificielle pour le stockage de tous les déchets,
à l’exception des HA, réservés à BURE, à 60 km...


10

A l’ordre du jour, je propose aussi qu’on supprime la commission communication
vue qu’elle ne communique rien.
Et c’est grave, parce que c’est la première mission de la CLI !


Bien cordialement

Michel GUERITTE


(*) ne sont pas en copie (faute d’adresse mail) :

Grégory de Bodt – Bernard Pasquier – Gilles Gérard – Daniel Tomasini – Georges JOFFRIN – Joel FALMET – Marcel FOURQUET – Raymond COURTILLIER

 


Nucléaire dans canton de Soulaines

Implantations nucléaires dans le canton de Soulaines

Installations nucléaires dans le canton de Soulaines

Légendes :

1 - le CSFMA de Soulaines, (Centre de Stockage des déchets nucléaires Faible et Moyenne Activité), et son terminal ferroviaire à Brienne-le-Château,
2 - le CSTFMA de Morvilliers, (Centre de Stockage des déchets nucléaires Très Faible Activité)
3 - le centre de tri de déchets radioactifs de DAHER à Epothémont,
4 - le futur entreposage FA-VL et MA-VL à Morvilliers, ( des déchets de Faible Activité à Vie Longue, qui seront enfouis dans la prochaine poubelle à venir - ainsi que des Moyenne Activité à Vie Longue, en attente de stockage à BURE)
5 - le futur centre de stockage FA-VL dans le canton de Soulaines, comme il est conseillé dans le dernier rapport de l'OPECST et celui du HCTSIN (et ce, grâce à l’exception territoriale qui préserve le consensus des élus cupides des 21 communes du canton de Soulaines)

Soit 5 implantations. Donc 5 cheminées de ventilation nucléaire, qui rejettent des radionucléides dans les poumons des riverains et dans l'environnement. Voir enquête sanitaire de l'InVS. Un excès de cancers du poumon, autour de Soulaines ? C'est impossible!

 

Besson à Bure 120227

Michel

 

 

 

Michel

Bure ANdra/Associations nationales 27 mars 2012 Mail

 

Destinataires :

 
UNAF : Union nationale des associations familiales
ANCCLI : Association Nationale des Cli
ACRO : association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest
MANES : Association des Malades et Accidentés du Nucléaire et du chimique et leurs Sympathisants
LNC : Ligue Nationale Contre le Cancer
FNE : Association France Nature Environnement
Association Robin des Bois
Greenpeace France
GSIEN
WISE Paris : World Information Survice On Energy
FNE : Association Ile de France Nature Environnement
CRIIRAD : Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité



Champagne-Ardenne-Lorraine
24 mars 2012



Bonjour

Parce que vous faîtes partie des associations membres de l’HCTISN, du PNGMDR, du CNAR et autres, l’ANDRA vous invite donc le 27 mars à une réunion d’information sur le projet CIGéO de BURE.

Nous ne connaissons pas votre niveau de connaissance sur cet épineux sujet.
Notre devoir est donc de vous éclairer.
Vous trouverez ci-après bon nombre de liens qui pourront vous aider à vous faire une idée de la triste réalité.

Merci à ceux qui ne pourront pas participer à cette réunion
de faire suivre ce mail à leur suppléant.

1

Il est clair que l’ANDRA va commencer par vous expliquer que l’enfouissement est la meilleure des solutions, selon le consensus de la communauté internationale des scientifiques.
Il a été demandé au HCTSIN, à Henri REVOL et à Monique SENE de nous communiquer la totalité des documents qui confirment cette décision.
Henri REVOL nous a répondu personnellemnt.

Nous avons entrepris une étude sur l'historique de la naissance de ce consensus. La vérité, c'est qu'il est basé sur "pas grand chose". Une réunion de quelques experts pro-nucléaires - des conclusions - un communiqué de l'ANDRA - un colloque ou un symposium - quelques projections de powerpoint - des débats - des conclusions - un communiqué - un congrès international - des projections de powerpoint -  des conclusions - un communiqué - une audition dans le cadre de l'OPECST - un rapport de l'OPECST... et boum : une LOI !!!

Parmi les documents : en 2006, l’AIEA a publié dans ses « standards » les critères de sûreté d’un stockage géologique des déchets radioactifs (WS-R-4).

Il existe aussi une directive européenne Euratom du 19 juillet 2011, qui conclut que "Le stockage géologique constitue actuellement la solution la plus pérenne et la plus durable".

Ces documents sont non seulement contestables, mais il y a d’autres solutions que l’enfouissement. Pourquoi ces solutions sont-elles d’emblée passées sous silence,
et pourquoi l’ANDRA ne jure t-elle que par l’enfouissement ?


2

Par ailleurs contrairement à ce que déclare régulièrement l’ANDRA, la CNE, Commission nationale d’évaluation, n’est pas du tout satisfaite des travaux de l’ANDRA. La CNE soulève de nombreux problèmes. Voir ce résumé des derniers rapports de la CNE.


3

Tout récemment un ingénieur indépendant, Bertrand THUILLIER a analysé l’ensemble des documents officiels concernant le projet. A partir d'une véritable base de données des citations de l'ANDRA, il met à jour quantité de problèmes durant la phase d’enfouissement.
Il est vrai que, obnubilés par les risques à très long terme, beaucoup d’entre nous ont minimisé les risques avérés, à court terme, pendant le siècle de remplissage, et donc dés 2026, donc demain :
- transport des déchets par 10 000 trains de 10 wagons, (type CASTOR)
- entreposage en surface, avec rejets radioactifs dans l’environnement,
- rejets de gaz radioactifs par d’énormes ventilations, doublées !!!
- risque d’explosion et d’incendie dû à l’hydrogène provenant de la radiolyse,
- risque de criticité,
- sans oublier l’utopie qu’est la récupérabilité des colis...

Les trois analyses complètes de ce docteur es sciences :

- Volet 1

- Volet 2

- Volet 3


4

Quantité de questions sont soulevées.
Elles ont été transmises au secrétariat du CLIS de BURE, à l’occasion de la dernière Assemblée générale du CLIS, le 13 mars dernier. A ce jour, malgré de nombreuses relances, aucune réponse. Les "sages" de la CNE auront bien du mal à répondre sans mettre en avant de nombreusese lacunes...


5

Lors de l’Assemblée générale du CLIS, le 13 mars à Ligny-en-Barrois, la CNE a eu beaucoup de mal à répondre au feu nourri des questions posées par les représentants des différentes associations opposées à l’enfouissement.
Un résumé vidéo est en cours de réalisation.

A l’occasion de cette réunion un journal pastiche a été  distribué aux participants.
Les journaux locaux refusant de publier nos analyses, nous avons réalisé notre propre journal. Quelques articles synthétiques explicitent bien l’ensemble de la méthodologie de l’ANDRA :

- achat des consciences,
- promesses d’emplois,
- argent qui dégouline,
- éthique bafouée,
- non-indépendance de la CNE,
- etc...

Ceux qui n’ont pas beaucoup de temps à consacrer à lacture de cette double page A3, peuvent lire ce résumé d'une page.

6

Le 13 avril dernier, à BONNET, le docteur en géologie Antoine GODINOT a démontré devant une centaine de personnes comment le BRGM et l'ANDRA ont falsifié documents et communication pour nier le potentiel géothermique de la région de BURE, et ainsi ne pas gêner le projet d'enfouissement. Une action en Justice est à l'étude.

 

7

On note depuis peu un frémissement dans l’esprit des élus.
Flou et incertitudes...
De quoi ébranler sérieusement une confiance qui déjà n’est pas très forte...

CIGéO... le doute s’installe !

Nous restons à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.

Nous comptons sur votre vigilance pour vous opposer sciemment à ce projet
qui rejette le plus élémentaire principe de précaution.

Votre rôle est très important, parce que vous êtes trop souvent pris en otage dans les publications de l’ANDRA, et l’ANDRA sait parfaitement rédiger ses articles pour nous faire croire que vous cautionner les projets ou les méthodologies de l’ANDRA.

Les riverains sont résigné. beaucoup disent : "Vous savez, ça ne sert à rien de s'opposer, c'est fait !" - "Non, il reste la prière !"
 

 

Bien cordialement

Michel GUERITTE

Communication BURE


 


Vidéo Communication sur le projet CIGéo de Bure

Les bases d'un contenu ?

 

 

 

01 - Bure, c'est quoi, c'est où ?

BURE, c'est un tout petit village, moins de 100 habitants, dans le département de la Meuse (Lorraine) à la limite de la Haute-Marne (Champagne-Ardenne) et des Vosges (Lorraine).
En 1994, la région de Bure a été ciblée par l’Etat pour y implanter un « laboratoire souterrain », en vue d’un stockage en profondeur (500 mètres sous terre) destiné aux déchets radioactifs dits MA-VL (Moyenne Activité à Vie Longue) et HA (Haute Activité), dont les HA-VL (Haute Activité et à Vie Longue), les plus dangereux (voir la classification) par leur rayonnement intense et sur des périodes allant jusqu’à des milliards d’années.

La mise en œuvre du projet nommé aujourd'hui CiGéO est confiée à l’ANDRA : Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs.

Voir la vidéo de présentation de l'ANDRA. (14 mn)

 

02 - Pourquoi à BURE ?

La production d’électricité dans les centrales nucléaires génère des déchets radioactifs extrêmement dangereux. Malgré les assurances répétées aucune solution n’a jamais été trouvée pour les rendre inoffensifs.

Un peu d'histoire

L’idée de leur enfouissement en couche géologique profonde émerge dans les années 60, et des projets sont lancés, entravés par la vive réaction des populations locales relayées par leurs élus.

La notion de laboratoire souterrain est introduite au début des années 1980 par un groupe de travail sur le devenir des combustibles nucléaires usés et la gestion des déchets radioactifs. L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA), alors une entité au sein du CEA, est chargée de mener des travaux de reconnaissance géologique pour trouver un site susceptible d’accueillir un tel laboratoire.

À la fin des années 1980, ces travaux de reconnaissance sont bloqués par une forte opposition, ce qui conduit à la suspension des travaux et à la loi Bataille.

En 1991, afin d’encourager des territoires à se porter volontaires, cette loi Bataille modifie la stratégie : on parle à présent de laboratoire(s) et non plus d’enfouissement.

 La loi no 91-1381 fixe des obligations de concertation locale avant tout travaux de reconnaissance :
« Un médiateur, désigné par un arrêté du ministre chargé de l’énergie, est chargé de mener la concertation préalable au choix des sites sur lesquels des travaux préliminaires à la réalisation d’un laboratoire souterrain pourraient être menés

Le député Christian Bataille, rapporteur de la loi, est nommé médiateur par arrêté le 17 décembre 1992. Enfin, la loi prévoit la constitution d’un groupement d’intérêt public (GIP) chargé de mettre en œuvre les mesures d’accompagnement économique à l’implantation de chaque laboratoire.

Deux formations géologiques (argile et granite) sont envisagées. La loi prévoit ainsi la construction de plusieurs laboratoires de recherche afin d’étudier ces différentes formations géologiques.

En octobre et novembre 1993, les conseils généraux de la Haute-Marne et de la Meuse votent la candidature officielle de leur département à l’implantation d’un laboratoire. De nombreux autres départements font actes de candidature. Le processus de concertation, mené par Christian Bataille, se termine avec la remise d’un rapport au gouvernement le 21 décembre 1993. Sur la base de ce processus, quatre sites sont retenus par le gouvernement : la Haute-Marne, la Meuse, la Vienne et le Gard.

En 1994, des travaux de reconnaissance géologique sont menés par l’Andra sur les quatre secteurs identifiés et conduisent à retenir trois sites : Bure (site argileux à la frontière entre la Meuse et la Haute-Marne), Marcoule (site argileux près de Bagnols-sur-Cèze dans le Gard) et La Chapelle-Bâton (site granitique dans la Vienne). Cette même année, des manifestations sont organisées par les collectifs contre l’enfouissement des déchets radioactifs (à Chaumont, par exemple).

Le gouvernement autorise l’Andra le 15 mai 1996 à déposer trois Dossiers d’Autorisation d’Implantation et d’Exploitation de laboratoire souterrain (DAIE) au sens du décret no 93-940 du 16 juillet 1993.

Ceci est fait le 2 juillet 1996 pour le site de l’Est (le site de Bure). Les résultats des enquêtes publiques menées dans les trois sites sont publiées dans un rapport de la Direction de Sûreté des Installations Nucléaires (DSIN) au ministre de l’aménagement du territoire et de l’environnement et au secrétaire d’État à l’industrie en date du 1er décembre 1997. Pour le site de l’Est, les conclusions sont favorables.

En mars 1998, le réseau sortir du nucléaire lance une campagne contre l’enfouissement des déchets nucléaires15, avec la diffusion de 80000 documents. Cette campagne organisée en partenariat avec la Coordination nationale contre l'enfouissement des déchets radioactifs vise à demander au premier Ministre, au ministre de l'industrie et au ministre de l'Environnement de ne pas signer le décret d'autorisation de créations de laboratoire(s) d'enfouissement des déchets radioactifs.

Le 9 décembre 1998 la sélection du site de Bure est décidée par le gouvernement français. L’étude doit porter sur un stockage réversible. Le site argileux du Gard n’est pas retenu car il présente une formation géologique de même nature mais moins favorable que celui de Bure. Il existe également une forte opposition de la part des vignerons du Gard à l’implantation d’un laboratoire de recherche souterrain. Suite aux remarques de la DSIN sur les performances hydrogéologiques du granite du site de la Vienne, celui-ci n’est pas non plus retenu.

Le 3 août 1999 paraît le décret autorisant l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs à installer et exploiter sur le territoire de la commune de Bure (Meuse) un laboratoire souterrain destiné à étudier les formations géologiques profondes où pourraient être stockés des déchets radioactifs.

En janvier et février 2005, l’OPECST conduit des auditions publiques sur les trois axes de recherche sur la gestion des déchets radioactifs26. Les députés Christian Bataille et Claude Birraux rédigent pour le compte de l’OPECST un rapport sur l’état d’avancement et les perspectives des recherches sur la gestion des déchets radioactifs27 qui est remit au Parlement français le 16 mars 2005. Un premier débat parlementaire sur le sujet a lieu le 13 avril 2005 au Sénat après une question de Henri Revol28.
Sur le laboratoire, le 15 décembre 2005, les fronts de creusement des galeries issues des deux puits se rejoignent pour la cérémonie de la Sainte Barbe, patronne des mineurs29.
Le 20 décembre 2005, l’Andra remet au gouvernement la version définitive30 de son dossier 200531 qui synthétise les quinze années de recherche depuis la loi de 1991. Ces recherches s’appuient en particulier sur le programme scientifique mis en œuvre au laboratoire souterrain. Les travaux de l’Andra font l’objet de nombreuses évaluations. La pertinence du programme scientifique vis-à-vis de l’objectif de démonstration de la faisabilité du stockage dans la couche d’argile du Callovo-Oxfordien est évaluée, à la demande du Comité local d’information et de suivi du laboratoire, par l’Institut pour la recherche sur l’énergie et l’environnement (IEER)32. Le dossier 2005 est évalué en France par la Commission nationale d’évaluation33, par l’Autorité de sûreté nucléaire34 et par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire35. Il est également soumis à une revue par des pairs dans le cadre de l’Agence de l’OCDE pour l’énergie nucléaire36.
À la suite de la remise du dossier 2005 de l’Andra et des dossiers semblables remis par le CEA sur les deux autres axes de recherche (séparation / transmutation et entreposage de longue durée), un débat public est animé par la Commission nationale du débat public du 12 septembre 2005 au 13 janvier 200637.
En parallèle du débat public, une pétition est signée par plus de 55 000 électeurs sur les deux départements de la Haute-Marne et de la Meuse au cours des années 2005 et 2006. Elle demande l’organisation d’un référendum local dont la question serait « Êtes-vous pour la construction d’un centre d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure ? »

En octobre 2009, l’ANDRA a publié un rapport relatif à une zone voisine de 30 km2 environ, appelée ZIRA (Zone d'intérêt pour la reconnaissance approfondie), pour y poursuivre l'étude d'un centre de stockage souterrain. Le Gouvernement a autorisé en mars 2010 l'ANDRA à y réaliser des investigations

Il existe un historique des manifestations contre le projet de Bure : DVD de 26 mn de Alain Ries (à partir des reportages france3).

 

03 - Un projet qui n'est pas sans dangers dans le très long terme.

Dans la région de Bure, dès l’annonce du projet, des habitants s’interrogent, étudient la géologie locale et rassemblent des informations qui contredisent le tableau dressé par l’ANDRA. Ils apprennent que l’ennemi principal d’un site de stockage souterrain, c’est l’eau, qui dégrade les fûts, d’où le risque de contamination des nappes phréatiques. Depuis des temps immémoriaux, ce large secteur a été qualifié de château d’eau. Des aquifères s’étendent au dessous et au-dessus du stockage envisagé (des millions de m3 d’eau reconnaîtra l’ANDRA).

La question se pose alors : comment être sûr que jamais, dans un million d'années, ou dans 100 000 ans, ou même demain, ces masses d’eau ne s’infiltreraient pas dans le stockage ? L'ANDRA parle de 100 000 ans, mais devant un public averti elle annonce 1 million d'années. Gorgées de radioactivité, ces eaux n’iraient-elles pas contaminer de très vastes territoires ? Les circulations d’eaux souterraines se dirigent en effet vers le Bassin parisien et vers tout le Bassin de la Meuse.
Le risque est d’autant plus inquiétant que le creusement de cet immense stockage souterrain - on parle de plusieurs centaines de kilomètres de galeries et d’alvéoles - perturberait massivement le sous-sol. De véritables champs de fissures pourraient apparaître, de véritables drains amplement craints par les promoteurs eux-mêmes. Ils ont donné le nom de EDZ à ces phénomènes. (Quand on y fore des trous, l'argile autour des trous se fissure et se microfissure. Cette zone fissurée s'appelle une EDZ : Excavation Damaged Zone ou Zone Endommagée par l'Excavation. Cette zone fragilisée peut favoriser les écoulements d'eau et la migration des radioéléments. Les projections et calculs de l'ANDRA doivent prendre en compte l'hypothèse d'un non retour à la normale de l'EDZ.)

La structure même de la roche (argilite) contient aussi de l’eau. L’ANDRA affirme que les études démontrent que l’eau ne s’y déplace pratiquement pas. C’est vrai dans un bloc géologique non perturbé. Qu’en serait-il s’il était bouleversé, tel un gruyère, par des vides, pressions, dépressions ?

04 - Les dangers pendant le siècle d'enfouissement.

Le projet prévoit de concentrer à BURE près de 99% de la radioactivité totale des déchets produits en France.

05 - L'acheminement

L'acheminent par voie ferrée est le premier défi : au vu des volumes annoncés de déchets radioactifs HA et MA-VL, les riverains ont-ils conscience qu'il il va arriver en gare de Bure 10 000 trains de 10 wagons type CASTOR, ceux dont on a beaucoup parlé récemment (La Hague - Gorleben), soit un convoi incroyable de 2 200 km !

06 - L'entreposage

En surface, dans de simples entrepôts pendant quelques jous dit l'ANDRA, mais peut-être pendant des dizaines d’années, le temps que les déchets refroidissent et que les travaux miniers avancent...Il y aura bien des pannes, des retards...

Et, pendant un siècle, tous ces conditionnements provoqueront une pollution due à la contamination surfacique et dégageront des gaz radioactifs dangereux pour les riverains. Même si, bien sûr, les rejets seront toujours en dessous des seuils !

Voir les installations de surface ( 2 mn)

 

07 - Le remplissage

Pendant au moins 100 ans des robots vont descendre à 500 m sous terre environ 300 000 colis pesant de 2 tonnes pour les HA, à 25 tonnes pour les MAVL, sans la moindre intervention humaine. Le personnel, lui, est confiné dans la salle de commande, à grande distance des colis mortifères.

Voir l'animation pour les déchets MA-VL (6 mn)

Voir l'animation pour les déchets HA (9 mn)

Tout ça fonctionne comme une chaîne d'embouteillage à Contrexéville ! On est comme dans le monde des playmobil... sauf qu'il n'y a même plus de playmobil !

 

08 - Le risque d'explosion et d'incendie

Pendant 100 ans, d’énormes ventilations rejetteront en surface des gaz radioactifs et de l’hydrogène, avec un risque d’incendie et d’explosion. En effet le Dossier Argile de 2005 de l’ANDRA rappelait qu’en cas de dépassement de plus de 4% d’hydrogène dans tout espace incorrectement ventilé (alvéole, galerie, hotte, colis), la moindre étincelle peut produire une explosion, suivie d’un incendie. Or, cette production de l’ordre d’un million de litres d’hydrogène par an interdit tout arrêt de l’énorme ventilation (plusieurs centaines de m3 par seconde) durant une période de plus de 6 jours, et ce pendant un siècle.
Quel expert peut le garantir ?

Parmi ces déchets on dénombre 10 000 tonnes d’enrobés bitumineux auto-inflammables à 350°C. Quels pompiers iraient éteindre un incendie de bitume radioactif, à 500 m sous terre et sans eau ? Les conséquences d’un incendie seraient catastrophiques : fragilisation des structures en béton, suppression du confinement des substances, contamination des galeries d’accès... d’où la nécessaire fermeture du site.

09 - Le risque de criticité

Sans oublier le risque de criticité. Une réaction nucléaire en chaîne non contrôlée est possible. En effet les quantités présentes de Plutonium 239 sont très importantes. Et l’eau aggrave ce risque : en effet, "la présence d'eau, qui atténue l'énergie des neutrons et ralentit leur vitesse, les rend plus réactifs vis-à-vis des matières fissiles et a pour effet d'augmenter la réactivité du système".

Oublions tous les risques pour le personnel...

L’ANDRA a étudié, mais séparément, tous ces risques et pour chacun d’eux a trouvé une parade. Mais la difficulté vient de leurs combinaisons éventuelles. Peut-on réellement calculer tous ces risques ? Peut-on faire confiance en des modèles mathémathiques ?  Si un accident se produisait, les dommages pour les citoyens et l’environnement seraient considérables.  En cas d'incendie on se retrouverait dans une configuration voisine de celle de Tchernobyl. En cas d'explosion, on se retrouverait à Fukushima.

C'est Bertrand Thuillier, docteur ès sciences, qui a développé un argumentaire en 3 volets sur les risques de CiGéO à court terme :


Volet 1

Volet 2

Volet 3

Et si la situation conduisait à la nécessaire récupération des colis, il faudra autant de temps pour les récupérer qu’il en aura fallu pour les enfouir. Autrement dit, si l’accident se produit après 20 ans d’exploitation, il faudra 20 ans pour remonter les colis. Cette non récupérabilité immédiate est contraire à la réversibilité exigée par la loi. « …Le retrait s’effectuerait avec les mêmes moyens… /… et au même rythme que le stockage lui-même, soit 2.500 colis par an environ. Dans l’hypothèse (peu probable) d’un retrait total, il faudrait donc pour retirer les colis une durée comparable à l’âge du stockage au moment où le retrait serait décidé. »

10 - Enfin, à partir de 2125, le stockage “tranquille” !


Les géologues parient alors, que pendant un million d’années, aucun mouvement de terrain, aucune faille, aucune fissuration, aucun affaissement qui auraient pu être causés par les creusements ou les caprices de Dame Nature ne permettra à l’eau des aquifères de venir attaquer l’acier ou le béton des conditionnements, et de déloger les radionucléides.

CIGéO est une catastrophe écologique en devenir. C'est un crime contre l'humanité.
Pour de nombreux scientifiques c'est un défi que l'Homme ne devrait pas relever, vu les risques sismiques, (tremblement de terre de magnitude 5,9 sur l’échelle
de Richter, le 22 février 2003 à St Dié, à une centaine de km de Bure), les mouvements de terrain, les phénomènes géologiques connus et imprévus, les infiltrations d'eau possibles.

Enfin, dans son  rapport public thématique de janvier 2012, même la Cour des comptes relève  "des incertitudes scientifiques et des difficultés de mise en oeuvre".  

 

11 - La CNE

La CNE, Commission Nationale des travaux de l'ANDRA étudie les documents que lui transmet l'ANDRA. C'est le début du problème, elle ne peut étudier que les travaux que l'ANDRA lui soumet !

On pourrait comparer la CNE à un conseil de classe qui juge le travail de l’élève ANDRA. Dans certaines matières la CNE donne une mauvaise appréciation à l'élève. Par exemple : la démarche donne l’impression d’un foisonnement d’idées auxquel il manque encore une organisation d’ensemble.
Ou encore : peut mieux faire !
Effectivement, contrairement à ce que raconte l'ANDRA, les 12 professeurs et leur secrétaire qui suivent l'élève depuis plusieurs années, ne sont pas très satisfaits des résultats. Le drame, c'est que l'élève est seul dans sa classe, et donc, quoiqu'il fasse, on déclarera un jour, faute de comparaison, que l’élève a bien travaillé, que l’élève est en progrès, que les devoirs de l'ANDRA sont finalement parfaits…

Le projet sera finalement bien noté. Et on pourra enfouir !!!

Notons que la  CNE rappelle l’échelle de temps à considérer, (proche de l'éternité) qui est sans commune mesure avec celle des travaux usuels de génie civil, et une simple extrapolation des résultats et des méthodes classiques n'est pas suffisante pour asseoir une démonstration convaincante..

Le résumé de l'ensemble des conclusions de la CNE sur les derniers rapports est lisible ici.  Le nombre et la complexité des problèmes sont époustouflants.

 

12 - Exemple : la présentation du rapport n°5 de la CNE

lors de la derniére Assemblée générale du CLIS

A  Ligny-en-Barrois, le 13 mars dernier les "sages" de la CNE ont été quelque peu malmenés par les militants ! Un résumé vidéo est en cours de montage. Rapidement on notera :

- qu'il ne faut rien attendre de l'option séparation-transmutation (complexité et coût de la phase industrielle)

-  que rien n'est encore entrepris au niveau de la référence sanitaire (l'état zéro)

- que l'inventaire des déchets à enfouir devra impérativement être fait (c'est un contrat)

- que l'entreposage tampon en surface, pendant 100 ans, devra être fait dans des containers qui ne fuient pas. Il n'y aura pas d'entreposage avant 2025.

-  le rythme du remplissage : 6 colis par jour - 2 trains par semaine - si la chaîne de descente tombe en panne, on arrête le transport - tous les colis seront contrôlés - la mission de l'ANDRA est que le remplissage se passe bien, sous le contrôle de l'ASN.

- il y a quelques soucis avec le tunnelier : il ne creuserait pas parfaitement de façon rectiligne - par ailleurs il n'est pas très flexible d'où l'utilisation de machines à attaque ponctuelle.

- problème de la qualité des scellements provisoires et des scellements définitifs.

- à plusieurs reprises le président de la CNE a déclaré : " Que le stockage soit réalisé avec le plus grand soin.... c'est notre hantise !"

- la sûreté doit primer sur les coûts. D'où le mauvais accueil du projet STI de l'EDF.

- le projet STI a été abndonné parce que non conforme à la loi.

- Unanimement les "sages" de la CNE ont déclaré que le projet actuel CIGéO est flou !

- la question a été posée : "Mais pourquoi donc êtes-vous pressés d'enfouir ?" - La réponse semble être : il ne faut pas laisser le temps aux oppposants au projet CiGéO de s'organiser et de réussir à retourner la situation !

- Mr Canova, président du CLIS a exprimé son inquiétude de voir le stockage du Mox et du plutonium autorisé par un simple décret. Lui qui par ailleurs commence à douter sériusement. Voir sa lettre ouverte aux Meusiens, parue dans l'Est-Républicain le 1° mars 2012. Mr CANOVA y parle de flou et incertitudes ! Il termine par : "De quoi ébranler sérieusement une confiance qui n'est déjà pas très forte..."

En clair autour de BURE : le doute s'installe !

-  et si on arrête l'électronucléaire, que fera t-on des combustibles usés ?

- les délais par rapport au débat public et à la DAC sont ultra courts. Pourquoi ne pas retarder ?

- à ce jour les règles du débat public sont inconnues.

- une solution pour le problème du dégagement d'hydrogène : doubler la ventilation !

- il a été rappelé que l'existence de rejets de gaz radioactifs et d'hydrogène via des ventilations n'a jamais été communiqué. Comme à Soulaines l'ANDRA est encore dans le mensonge !

- confirmation est donnée au fait que la réversibilité est bien une caractéristique de la "rassurabilité". Nous nous demandons si ce n'est pas aussi une façon de faire accepter l'entreposage en surface !

 

13 - Les dangers pour l'économie

En période de crise, de recheche de réduction de la dette de l'Etat, les aspects économiques ne doivent pas être passés sous silence. Tout d’abord, celui du coût de ce projet d’enfouissement (on parle de 35 milliards d’euros). Mais également les menaces pour l’économie régionale. Quels seraient l’attractivité et le devenir des produits d’une région bientôt assimilée à la radioactivité et au nucléaire : l’Appellation Champagne, les eaux minérales de Vittel-Contrexéville, l’AOC Brie de Meaux, etc. ?

 

14 - Peut-on faire confiance ?


La loi Bataille avait programmé « des » laboratoires (afin de faire le choix du meilleur sous-sol), mais Bure est resté unique, contredisant ainsi la loi.

Pendant des années, populations et élus de la région de Bure ont reçu la promesse que le projet en cours n’était et ne serait qu’un laboratoire.

Aujourd’hui, à proximité immédiate de ce laboratoire,  un projet industriel d’enfouissement géologique bien réel se prépare : il porte le doux nom de CIGéO (Centre Industriel de stockage géologique).

En 2004, une pétition avait été lancée par des associations haut-marnaises et meusiennes demandant que les habitants aient leur mot à dire (par référendum local, consultation…). Plus de 40 000 signatures (le quart des électeurs) avaient été recueillies ! Cette pétition citoyenne n'a jamais été prise en compte !

Un Débat public est organisé en 2005-2006, pour un coût de 3 millions d’euros, dans le but de recueillir l’avis des populations. Ses conclusions font ressortir une préférence pour un stockage en surface ou sub-surface, voire sur les sites de production. Ces options donnent ainsi une possibilité de surveillance, et offrent du temps pour la recherche de soulutions alternatives.

Quelques mois plus tard, les parlementaires, à travers la loi du 28 juin 2006, décident de passer à une phase d’enfouissement industriel.

Une loi votée par 19 députés présents sur 577, alors qu’elle conditionne l’avenir de milliers de générations…

Et que penser de toutes les sommes d'argent que l’Etat verse chaque année, depuis 2000, à chacun des départements de la Meuse et de la Haute-Marne et qui ne cessent d’enfler ?

 

15 - Les aspects financiers


Le financement de l’ANDRA provient pour partie de l’Etat, pour partie des producteurs, selon le principe pollueurs-payeurs : EDF, Areva, CEA...

La recherche sur les projets de stockage des déchets MA-VL et HA est financée par l'Etat et par une taxe additionnelle de recherche instituée par la loi de 2006, et collectée par l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) auprès d’EDF, du CEA et d’Areva.

Question : l’ANDRA continuera-t-elle à échéance et dans la longue durée à bénéficier, de la part de l’Etat et des producteurs, des moyens suffisants ? La phase d’enfouissement étant prévue pour durer au moins 100 ans !

 

16 - Le coût de l'enfouissement

Les acquisitions foncières de l’ANDRA en Meuse/Haute-Marne représentent plus de 1000 hectares.
Si le laboratoire souterrain de recherche de Bure a coûté plus d’un milliard d’euros depuis sa création, le coût de l’enfouissement, quant à lui, fait l’objet d’évaluations successives et croissantes :15 milliards d’euros en 2003, et en 2011 : 35 milliards.  Ce dernier chiffre a d’ailleurs fait vivement réagir le directeur d’EDF, qui supporte 80 % du coût.  C'est la bombe à retardement dont parle Corinne Lepage, dans son livre La vérité sur le nucléaire ? Cette dépense accroîtra l’endettement d’EDF. Elle s’ajoute aux coûts d’entretien du parc nucléaire, du renforcement de la sécurité des centrales préconisé par l’ASN suite à Fukushima, des démantèlements souvent reportés, et de la construction de nouvelles centrales.

 

17 - Les mesures dites d'accompagnement économique.


Dès 1993, dans sa mission de concertation, le député Christian Bataille, rapporteur de la loi de 1991, recommandait aux pouvoirs publics d’accompagner économiquement les départements favorables à la réalisation et à l’exploitation sur leur territoire d’un laboratoire expérimental de recherche souterrain.
Deux GIP, Groupements d’Intérêt Public sont crées. (Les conventions du GIP Meuse et Haute-Marne reprennent les missions prévues par la loi du 30 décembre 1991 : soutien au développement durable, au renforcement du potentiel scientifique local, au développement industriel et économique et à la protection et la valorisation de l’environnement dans une perspective d’insertion du laboratoire.)


En Meuse et Haute-Marne, depuis 2000, et pour chacun des départements, les fonds annuels d’accompagnement sont passés de 9 millions d’euros en 2000, à 20 millions en 2006, puis à 30 millions à partir de 2010. Le président du Conseil général de la Meuse souhaiterait même obtenir 50 millions d’euros par an.

Par décret du 5 février 2007, un périmètre de proximité a été défini. Il comprend une vingtaine de communautés de communes. (Le périmètre de proximité comprend en Meuse les codecom (communauté de communes) de Triaucourt-Vaubecourt, Pays de Revigny, Bar le Duc, Pays de Commercy, Canton de Void, Val de Couleurs, Centre-Ornain, le syndicat mixte du Haut-Barrois, et les codecom historiques de Saulx et Perthois (Ancerville), Haute-Saulx (Montiers) et Val d'Ornois (Gondrecourt) - et en Haute-Marne, les cantons de Chevillon, Doulaincourt-Saucourt, Doulevant, Joinville, Montiers en Der, Poissons, St-Dizier (tous les cantons), Wassy et Saint-Blin.) Ces communes profitent de modalités d’interventions du GIP, selon des coefficients multiplicateurs permettant de calculer le montant des différentes taxes additionnelles à la taxe INB.

En outre, par décret du 7 mai 2007, un rayon de 10 kilomètres est défini autour de Bure. Il inclut 15 communes meusiennes et 18 haut-marnaises. Depuis la loi du 28 juin 2006, ces communes font l’objet d’une dotation annuelle, de la part du GIP, au prorata de leur nombre d’habitants. En 2011, elles ont touché en moyenne 654 euros par habitant.

Les autres communes des deux départements Meuse et Haute-Marne reçoivent, elles aussi, une partie de la dotation globale.

Pour l’actuel président de l’EODRA (Association des élus opposés à l’enfouissement), toucher l’argent du GIP, c’est accepter le projet d’enfouissement. D’autres élus pensent qu’il serait regrettable de laisser passer cette manne sans en faire profiter le territoire. C’est cette dernière sensibilité qui prédomine.

De plus la répartition de l’argent dans les différents périmètres n’est pas sans incidence entre les élus. Des tensions se font jour, les uns reprochant aux autres de toucher plus… pour les mêmes inconvénients à venir.

Mais l’argent peut-il être un remède aux nuisances ?

 

18 - Les promesses d'emplois 

L’ANDRA s’est de fait installée en maître d’œuvre du territoire. Dans ces départements en déclin démographique et économique, l’agence représente une bouffée d’oxygène. Elle promet des dizaines, des centaines, des milliers d’emplois, ce qui n’est pas sans incidence sur le plan électoral. (Question soulevée par Roland Corrier, conseiller général de la Meuse )

Or, où en est-on aujourd’hui ?
- 320 personnes travaillent à Bure dont 120 sont directement salariées par l’ANDRA. - 285 sociétés, d’autre part, se sont succédées sur le chantier en prestations ponctuelles ou continues en 2009

L’ANDRA annonce avec CiGéO la création de 500 à 800 emplois… Mais ce sont 500 à 800 emplois sur la durée de l’exploitation de ce centre, soit sur cent ans.

 

19 - L'accompagnement économique

L’ANDRA s’est engagée dans un certain nombre de partenariats de recherche directement liés aux problématiques du stockage :
- avec le Laboratoire National de métrologie et d’Essais, LNE : méthodes de mesures pour la surveillance des centres de stockage,
- avec l’Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique (INRIA) : simulation numérique pour représenter l’évolution des phénomènes qui interviendraient dans un stockage de déchets radioactifs,
- avec les universités de Nancy et de Troyes : géosciences, sciences de l’environnement, sciences sociales (études sur les conditions d’acceptabilité du stockage par les populations locales), ingénierie des matériaux de stockage, etc.

L’ANDRA mène également des actions de parrainage et de dons diversifiés à destination des associations, des écoles, etc. Ces activités relèvent-elles du mécénat ?

De par la loi, EDF, Areva et le CEA sont tenus d’accompagner le développement économique des bassins d’emplois situés dans le périmètre de Bure et au-delà, ce qui se traduit sur le terrain par :
- une base logistique de transport à Void-Vacon (AREVA),
- les archives AREVA à Houdelaincourt,
- les archives EDF à BURE,
- une plateforme EDF à Velaines,
- un parc d’entreprises liées à l’énergie à St-Dizier,
- un projet d’écothèque (un bâtiment permettant d'assurer la conservation des échantillons de sols, lichens, mousses, insectes, air, eau... prélevés dans le cadre de l'observatoire pérenne de l'environnement à Bure (ANDRA),
- un projet de gazéification du bois (CEA) pour la production de biocarburants de seconde génération à Bure-Saudron. Mais un classement de type Seveso et la consommation de bois dépassant largement les capacités locales, inquiètent la population.

Des emplois immédiats en échange de l’enfouissement de déchets de haute et moyenne activité et à vie longue, très longue, les consciences sont-elles  suffisamment libres pour juger objectivement ?

 

20 - L'impact médiatique du nucléaire

Les régions concernées par l’enfouissement reçoivent une manne financière importante, qui favorise son acceptation.
Comment s’étonner que la question ne mobilise pas les foules ?

Que nous soyons pour ou contre l’énergie nucléaire, ses déchets sont là et pour longtemps. Les choix actuels pèseront sur les générations futures.
Nous leur laissons la charge de gérer nos déchets et de trouver les solutions qui nous font défaut aujourd’hui.

Celui qui cause un dommage est tenu de le réparer.
C’est le principe bien connu du pollueur-payeur.

 

21 - Le débat public est-il un gage de confiance ?

La loi du 28 juin 2006 a imposé d’autres options que celles émises par la population lors du Débat Public de 2005-2006. Cependant le Débat Public est aussi le lieu de l’exercice de la démocratie.

Comment être assurés que les conclusions du futur Débat Public de 2013 sur la question de la gestion des déchets nucléaires n’aient pas le même destin que celles de 2005-2006 ?

Les directives de l’OPECST dans son rapport de janvier 2011 ont de quoi surprendre : restreindre la consultation, organiser les débats dans des lieux fermés, voire protégés...
La parole du citoyen et ses questions seront-elles entendues ?

- Des découvertes scientifiques à venir permettront-elles de traiter autrement ces déchets ?

- Enfouir, n’est-ce pas oublier trop facilement ou nous « débarrasser » d’une réalité trop visible ?

La complexité scientifique des questions liées au nucléaire obscurcit le débat démocratique. Le risque est grand d’une mainmise de la « technostructure » sur les orientations et les décisions.

Ce projet CIGéO mériterait un vrai débat, pas la "mascarade" que sera le débat public de 2013.

Il y a beaucoup à dire sur l'OPECST , qui en sont les membres, qui dirige ?

On y retrouve le trio Claude BIRRAUX - Christian BATAILLE - Bruno SIDO.

Bruno SIDO est vice-président de l'OPECST mais aussi président du Conseil général et sénateur de la Haute-Marne. Voir le buzz virus du Sido .

 

Ramener ce projet à une simple opportunité économique est une tromperie. Cette industrie de stockage de déchets nucléaires est exclusive : elle tue les autres. L'exemple de Soulaines le démontre magistralement. Autour du Centre de Stockage
des déchets Faiblement et Moyennement radioactifs de Soulaines, il n'y a pas de
place pour d'autres activités. C'est le vide. Les autorités en profitent d'ailleurs pour le
combler avec d'autres activités nucléaires :

- le centre de stockage des déchets de Très Faible Activité de Morvilliers,

- l'entreposage des déchets Faible Activité à Vie Longue à Morvilliers,

- le centre de tri de déchets radioactifs à Epothémont.

Exit les projets structurants ! On ne va tout de même pas concentrer des habitants
à côté d'endroits aussi dangereux.
Et à BURE on va transporter des milliers de colis extrêmement radioactifs, oui, des colis qui tuent ! "Si tu restes une minute à un mètre, t'es mort !"

CIGéO ne peut pas être une opportunité de développement, ni une source de richesses en terme d'activité et d'emplois, mais une gigantesque source radioactive. La faible population qui habite ce beau désert vert fuira le risque d'irradiation et de contamination, qui perdurera pendant des milliers de générations.
Et pour faire avaler la pilule on déverse des millions d’euros, on vous annonce des milliers d’emplois, l'électrification des lignes de chemin de fer locales, l'aménagement de routes et la création de nouvelles routes pour transporter les colis mortifères. Et puis, des maisons, des écoles, des services de santé…
On vous promet l'inversion de la courbe de perte de population du territoire.
Mensonge : le dernier recensement du Bar-sur-Aubois qui inclut le canton de Soulaines montre une perte démographique générale à l'exception de deux communes : Soulaines et Morvilliers (comme par hasard) où la mairie vend de 5 à 7 euros le m2 des terrains viabilisés qui, en fait, en valent 30 ! L’argent de l'ANDRA
payant la différence…

 

22 - La communication


Le citoyen français, a fortiori l’habitant des départements de la Meuse et de la Haute-Marne, a le droit de disposer de toute information concernant le devenir des déchets radioactifs, potentiellement dangereux pour sa santé ou polluants, qui sont produits, traités, retraités, conditionnés, transportés, entreposés ou stockés dans son environnement.
L’industrie nucléaire (EDF, CEA, AREVA, ANDRA, etc.) communique beaucoup. L’ANDRA investit dans un site internet très fourni, dans un grand nombre de plaquettes , des interventions à la radio, à la télévision, dans la presse et le milieu scolaire, des publi-reportages, communiqués, expositions, (exemple :  La radioactivité, de Homer à Oppenheimer), colloques…
Ces instances chargées d’informer le public sont  aussi celles qui sont en charge du projet, d'où les inévitables conflits d'intérêts.

Si il y a un impératif d’informer, il y a en permanence le risque de désinformer.
Pour que le public non spécialiste soit à même de comprendre les enjeux, il lui faut psser l’obstacle de la complexité.

La gestion des déchets nucléaires n’est que la dernière étape d’un processus complexe : le cycle nucléaire. Il s’agit de physique nucléaire. Pour en comprendre les problématiques posées et les rendre assimilables au grand public, une vulgarisation s’impose, au risque d’une simplification scientifique souvent réductrice.

Le sens d’un mot peut varier très fortement entre son interprétation commune et sa définition scientifique.

Premier exemple : l’expression vie courte pour qualifier certains déchets radioactifs… Comment faut-il comprendre courte ? En se référant à l’échelle de la vie humaine, on imagine sans doute que ces déchets perdent leur radioactivité en quelques années.... Et encore beaucoup moins lorsqu’on parle de demi-vie.

(Explications : en réalité, par définition, la « vie courte » pour un radioélément signifie que sa « période » est inférieure à 31 ans. La « période » étant le temps nécessaire pour que la moitié des atomes se désintègrent naturellement, c’est ce qu’on appelle la « demi-vie ». On dit que le radioélément a perdu moitié de son activité, de son intensité. Un radioélément perd la moitié de sa radioactivité durant une période définie, puis la moitié de la radioactivité restante durant la même période, et ainsi de suite. Au bout de 10 périodes, la radioactivité ne sera donc plus que de 1/1024 de la quantité initiale. Exemple : la « période radioactive » du césium 137 étant de 30 ans, au bout de 10 périodes (donc 300 ans) la radioactivité du césium 137 sera divisée par 1000 environ, donc considérée comme négligeable.
Autour de Fukushima, l’iode 131 rejeté, qui lui a une période de 8 jours, disparaît donc quasiment au bout de 10 fois une semaine.
Tous les produits radioactifs qui se situent au-dessus de 30 années (« période radioactive ») sont arbitrairement dénommés « à vie longue ». Réalise-t-on que certaines matières restent radioactives sur des durées proches de l’éternité : 10 fois 700 millions d'années pour l'uranium 235, et 10 fois 4,5 milliards d'années pour l'uranium 238 ! )



De là à imaginer que les produits à vie courte sont forcément moins dangereux que ceux à vie longue, il n’y a qu’un pas. C’est une erreur, car dans l’évaluation de la dangerosité des radioéléments, d’autres paramètres entrent en ligne de compte :
- l’énergie libérée lors de la désintégration d’un atome,
- le type de rayonnement : alpha, beta, gamma, neutronique,
- le mode de l’atteinte : par irradiation, (quand on subit le rayonnement du radionucléide), ou par contamination (quand on l’ingère ou quand on l’inhale, on subit alors l’irradiation directement au niveau des organes où se dépose la substance radioactive).

Deuxième exemple : les déchets  sont classés en 4 familles : très faible activité, faible activité, moyenne activité, haute activité. Le commun des mortels pensera spontanément que seuls les produits à haute activité sont réellement dangereux. En fait, cette notion est toute relative : même des matières très faiblement radioactives peuvent entraîner des dommages irrémédiables sur la santé, (cancers, mutations génétiques…) d’autant plus que l’organisme les accumule, dose après dose, c'est le problème du cumul des faibles doses .

La radioactivité a certes toujours existé, mais il est important de limiter les quantités ajoutées. En effet, nous vivons dans cette radioactivité naturelle dont on ne peut assurer qu’elle est sans effet sur notre santé. Cependant, l’ajout de radionucléides artificiels peut être le déclencheur de pathologies. Ainsi, un radionucléide peut atteindre la cellule et donc l’ADN, qui est transmis à la descendance. La radioactivité s’attaque au vivant, au sens large, dans sa programmation.

Le vocabulaire de la physique nucléaire, utilisé dans des documents de vulgarisation, comporte un risque de mauvaise interprétation qui nuit à la qualité de l’information.
Dans ces conditions, le citoyen alors mal informé peut devenir un citoyen trop facilement rassuré.

Troisième exemple :
Une technique de communication consiste à plaquer des termes rassurants sur des réalités qui le sont moins.
- L’ANDRA utilise le mot colis pour désigner le conditionnement et les déchets radioactifs qu’il contient. Pourquoi pas conteneur, traduction de container ? Le mot colis évoque davantage le paquet acheminé par la poste, inconsciemment perçu comme un cadeau, et de volume et de poids réduit. L’impression perçue est à l’exact opposé de ce que le mot désigne réellement. En effet stationner une minute à un mètre d'un colis de déchets HA entraîne la mort ! Ce qui explique qu'à Bure, ils seraient manipulés par des robots télécommandés.

- De même pour le mot relâchement, que l’ANDRA emploie maintenant en lieu et place de fuite, péjoratif mais tellement plus réaliste ! (Exemple : « marquage en tritium dans l'eau du ruisseau Sainte Hélène, dû au relâchement de tritium dans les années 70 par le centre de stockage de La Hague»

- Idem pour certaines expressions comme : déchets ultimes, déchets valorisables   … Avec l’évolution des découvertes scientifiques, ce qui est un déchet ultime aujourd’hui pourrait devenir un déchet valorisable demain. Alors faut-il le conserver ? Faut-il l’enfouir ?

Parce que toutes ces expressions, à force d’être répétées dans les médias, et les plaquettes de l'ANDRA, font désormais partie du vocabulaire courant, on a l’impression de les maîtriser. Mais en fait il devient difficile aujourd'hui d’en repérer un usage impropre ou trompeur dans une communication.

23 - La radioactivité naturelle / artificielle

La communication de l'ANDRA utilise fréquemment la notion de radioactivité naturelle pour banaliser la radioactivité artificielle. Cette assimilation relativise les dangers de la radioactivité artificielle.

La radioactivité naturelle est présente partout, y compris dans le corps humain, qui contient par exemple du potassium 40 (environ 5 000 Becquerel pour un homme de 80 kg). Explications : Le corps humain est radioactif. Il est le centre de plusieurs centaines de millions de désintégrations quotidiennes, notamment liées au Potassium 40 qui à lui seul réalise environ 380 millions de désintégrations par jour !
Le Potassium 40 a une demi-vie de 1,248 milliards d’années et il peut paraître étonnant qu’avec des durées aussi longues on rencontre autant de désintégrations par jour (plus de 4 000 par seconde). Tout comme l’oxygène ou le carbone, le potassium est un des éléments chimiques les plus importants pour le bon fonctionnement de notre métabolisme.
L’innocuité de ces désintégrations du Potassium 40 tient simplement au fait que la répartition de ces éléments est uniforme dans notre corps. Chaque cellule contient en effet près de quatre cents mille atomes de Potassium 40 ce qui l’amène à absorber (directement de ses propres atomes ou de ceux de ses cellules voisines) un rayonnement de désintégration du Potassium 40 tous les deux ans. C’est assez peu finalement.
Le résultat serait bien différent si comme pour l’Iode, le Potassium se trouvait concentré dans certaines zones précises dans notre corps (comme la thyroïde pour l’Iode).

A cette radioactivité naturelle s’ajoute la radioactivité artificielle. Et c’est le cumul qui est dangereux.

L’image aussi participe à la communication. Que penser de l’utilisation d’images bucoliques (champs de colza ou libellules) pour illustrer les couvertures des bilans annuels  de l'ANDRA ?

Il éxiste une éthique de la communication. La communication sert à la transmission d'informations exactes, dont la crédibilité est souvent entachée par des mensonges intentionnels. En agissant ainsi, on détruit la vérité qui devrait exister entre les individus en les privant de l'information exacte à laquelle ils ont droit. La dignité de la personne inclut qu'elle ne doit pas être trompée ni manipulée. Le bien commun est servi par la vérité et non par la propagande, qui favorise le conformisme et crée de fausses impressions". Voir : «Attitude éthique dans le domaine de la publicité et dans les médias, la vérité, la dignité de la personne et le bien commun"

 

24 - Les responsabilités de notre génération vis à vis des générations futures

Les générations présentes ont la responsabilité de léguer aux générations futures une Terre qui ne soit pas un jour irrémédiablement endommagée par l'activité humaine. Chaque génération, recevant temporairement la Terre en héritage, veillera à utiliser raisonnablement les ressources naturelles et à faire en sorte que la vie ne soit pas compromise par des modifications nocives des écosystèmes et que le progrès scientifique et technique dans tous les domaines ne nuise pas à la vie sur Terre. (UNESCO)

a - Afin que les générations futures puissent bénéficier de la richesse des écosystèmes de la Terre, les générations présentes devraient œuvrer pour un développement durable et préserver les conditions de la vie, et notamment la qualité et l'intégrité de l'environnement.
b - Les générations présentes devraient veiller à ce que les générations futures ne soient pas exposées à des pollutions qui risqueraient de mettre leur santé, ou leur existence même, en péril.
c - Les générations présentes devraient préserver pour les générations futures les ressources naturelles nécessaires au maintien de la vie humaine et à son développement.
d -  Les générations présentes devraient, avant de réaliser des projets majeurs, prendre en considération leurs conséquences possibles pour les générations futures… »

C’est à ce type de prises de position que doivent se confronter l’industrie nucléaire et ses déchets.

A ce jour, des déchets nucléaires en particulier de très haute et de très longue activité existent et d’autres s’ajouteront si les programmes actuels persistent. Ces déchets sont d’une très grande nocivité pour tout être vivant (7-c) et la durée de leur toxicité dépasse l’imaginable humain.

Comment alors assurer la maîtrise des déchets radioactifs par notre génération, sans hypothéquer  l’environnement, les conditions de vie des générations futures, et sans imposer à nos descendants le coût financier et la maintenance technique des ouvrages que nous leur lèguerons ?

 

25 - L'action politique

L’Etat a élaboré, pour les déchets considérés les plus nocifs et à vie longue, trois axes de recherche définis dans la Loi Bataille du 30 décembre 1991 :

- Séparation-Transmutation

- Enfouissement en profondeur

- Conditionnement et entreposage en surface ou subsurface

Un débat public s’est déroulé du 12 septembre 2005 au 13 janvier 2006. Il en ressort qu’aucune des trois options n’est pleinement satisfaisante. Toutefois, au cours des débats, une opinion majoritaire s’est manifestée pour un stockage provisoire en subsurface dans l’attente de nouvelles solutions techniques. (Voir page s 102 à 104 du compte-rendu de la Commission particulière du débat public (CPDP) « Gestion des déchets radioactifs » septembre 2005-Janvier 2006)

 

26 - Le coût des nuisances

En dehors de ces axes de recherche, nous subissons des contaminations continuelles par rejet, dispersion, entreposage ou enfouissement de déchets nucléaires dans la nature (sol, eau et air), et par recyclage dans l’industrie. Les pouvoirs publics ne tiennent quasiment pas compte de ces risques sanitaires, ce qui provoque l’impossibilité d’en évaluer leur coût humain et financier (Ces contaminations ne sont pas anodines : l’étude épidémiologique parue dans la revue "Journal International du Cancer", en janvier 2012, pose la question d’une corrélation entre la fréquence des leucémies infantiles aigües et la proximité des centrales nucléaires.)

Si nous ne sommes pas en mesure d’évaluer le coût de nos propres nuisances vis à vis de nos contemporains, nous le sommes encore moins pour les générations futures.

Nous léguons aux générations à venir non seulement des déchets mais aussi un mode de gestion et une organisation de la société, qui rendra difficile toute autre alternative.

Ce modèle qui s’impose déjà à nous ne sera-t-il pas une impasse pour les générations futures ?

Conformément aux conclusions du débat public de 2005/2006, pourquoi ne pas orienter des flux financiers vers les autres options techniques dont le stockage en subsurface, au lieu de tout miser sur le stockage en profondeur ?

 

27 - Les enjeux éthiques


L’enfouissement en profondeur, à Bure ou ailleurs, pose des questions éthiques majeures.

- Est-ce éthique de "mettre" 35 milliards d’euros dans CiGéO ?

- Est-ce éthique de menacer l’économie régionale : quels seraient l’attractivité et le devenir des produits d’une région assimilée à la radioactivité et au nucléaire ?

- Peut-on faire confiance en ceux qui vous avaient promis un simple laboratoire ?

- Le Débat public de 2005-2006 a fait ressortir une préférence pour un stockage en surface, voire sur les sites même de production. Ces options donnaient une possibilité de surveillance et du temps pour la recherche d’alternatives. Elles ont été ignorées de même que l’avis des 40 000 signataires de la pétition locale de 2005-2006.

- Qu’en sera-t-il du prochain débat public de 2013 ?

- Est-ce éthique de promettre des milliers d’emplois, de distribuer 30 millions d’euros par an à chacun des départements de la Meuse et de la Haute-Marne ? Cet argent
"qui dégouline" peut-il être un remède aux nuisances et aux risques ?

- Est-ce éthique d’inonder régulièrement riverains et leaders d’opinion avec des messages rassurants, voire mensongers et en contradiction avec ses propres travaux et études ?

L’enfouissement est une impasse pour les générations futures.
Cet argent devrait être orienté vers d'autres recherches dont le stockage en subsurface sur les lieux de production, au lieu de tout miser sur le stockage enprofondeur.

Nous avons la responsabilité d’assurer la "sécurité" des populations présentes et à venir. Nous devons faire appliquer le principe de précaution et tout entreprendre vers la recherche d’une solution efficace, sûre et éthique.

 

28 - En conclusion

- Tout ce qui a été dit pour le projet de BURE doit être adapté aux stockages existants de Soulaines, Morvilliers , La Hague… ainsi  qu’aux projets actuellement en étude (déchets FAVL, déchets tritiés …) et à ceux qui seront programmés. (Il s’agit des matières radioactives valorisables, et qui ne sont donc pas considérées comme des déchets. En cas d’abandon de la filière nucléaire, des quantités importantes de plutonium, mox, etc…deviendraient des déchets à gérer.)

- Que les potentiels scientifiques, techniques et financiers de chaque pays nucléarisé soient mobilisés au service de la recherche d’une solution tout à la fois efficace et éthique.
- Que nos styles de vie sont à reconsidérer d’urgence pour maîtriser notre consommation d’énergie. On pourra se reporter aux études détaillées, chiffrées, argumentées.

En vertu du principe de précaution, l’enfouissement ne devrait pas être ni retenu ni mis en œuvre.

 

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 Le fil conducteur pourrait être "le riverain".

 Une demi douzaine de "paysans", artisans, commerçants, étudiants, retraités qui s'exprimeraient sur leur ressenti :

- c'est fait, c'est cuit.

- c'est ce qui va nous sauver, il n'y a aucune activité économique ici.

- je suis pour parce que...

- je suis contre parce que...

- je n'ai pas confiance dans le nucléaire...

- je fais confiance aux élus que j'ai choisis...

- etc...

Et à partir de là, il est facile de dérouler la réalité du projet avec les arguments pour et les arguments contre.

Parmi les personnes à interroger :

 

Le CLIS de BURE

Jean-Louis CANOVA, président

Benoit JAQUET, secrétaire

Les membres qui le souhaitent

 

L'ANDRA

François-Michel GONNOT, président du conseil

Marie-Claude DUPUIS, directrice

Jean-Paul BAILLET, directeur du centre de BURE

Fabrice BOISSIER, directeur le maîtrise des risques

Les spécialistes de la question (ingénieurs, techniciens...)

 

Les élus Meuse et Haute-Marne

Bertrand PANCHER, député Meuse

Jean-Louis DUMONT, député Meuse

François DOSE, ancien député Meuse

Sophie DELONG, députée Haute-Marne

François CORNUT-GENTILLE, député Haute-Marne

Luc CHATEL, ancien député Haute-Marne

Claude LEONARD, sénateur Meuse

Christian NAMY, sénateur Meuse

Gérard LONGUET, ancien sénateur Meuse

Claude BIWER, ancien sénateur Meuse

Charles GUENE, sénateur Haute-Marne

Bruno SIDO, sénateur Haute-Marne

Les conseillers généraux qui le souhaitent

Les maires de Ribeaucpourt, Mandres, Bure et BONNET (ZIRA)

Les maires qui le souhaitent

 

Membres et anciens membres des Gouvernements

Eric BESSON

Luc CHATEL

Gérard LONGUET

Jean-Louis BORLOO

Dominique VOYNET

Corinne LEPAGE

 

Personnalités des grandes entités

EDF : un responsable

CEA : un responsable

AREVA : un responsable

ASN : André-Claude LACOSTE

IRSN : Jacques REPUSSARD

HCTISN : Henri REVOL

OPECST : Bruno SIDO

Christian BATAILLE, député, rapporteur de la loi + OPECST

Claude BIRRAUX, OPECST

Henri REVOL, HCTISN

CNE (son président ou les membres qui le souhaitent)

Comité de Haut-Niveau (les membres qui le souhaitent)

 

GIP

Les membres du GIP Meuse et du GIP Haute-Marne qui le souhaitent

 

Spécialistes

Didier ANGER, ancien député européen

Michèle RIVASI, députée européenne

Monique SENE, vice présidente de l'ANCCLI

Michel FERNEX, médecin

André PARIS, géologue

Antoine GODINOT, géologue

Paul HUVELIN, géologue

Bertrand THUILLIER, docteur es Sciences

Bella BELBEOCH, physicienne nucléaire

Roland DESBORDES, la CRIIRAD

 

Personnalités et/ou Opposants à l'enfouissement des déchets

Jean-Marc FLEURY, élu meusien, EODRA

Nadine SCHNEIDER, BURE STOP 55

Corinne FRANCOIS, BURE STOP 55

Michel MARIE, CEDRA

Michel GUERITTE, La Q.V

Yannick ROUSSELET, Greenpeace

Maryse ARDITI, France nature Environnement

Laure NOUALHAT, journaliste

Camille SAISSET, journaliste

 

Quelques grands noms et philosophes :

Hubert Reeves

Michel SERRES

Stéphane HESSEL

 

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Le vrai débat public c'est maintenant - résumé

 

 

Mise à jour : 22 mai 2012

 

 

 

Le vrai Débat public, c'est MAINTENANT !

Ce serait une erreur stratégique d'attendre le Débat public qui se déroulera durant le deuxième trimestre 2013 pour expliquer toutes les raisons pour lesquelles le projet CIGéO doit être refusé.

Sur ce projet de stockage des déchets les plus dangereux en couche géologique profonde, cela va faire bientôt 20 années que les pouvoirs publics, les élus "achetés" et l'ANDRA nous racontent des histoires... Ils nous roulent dans la farine :

- on va faire des laboratoires et on choisira le meilleur !

- finalement on va n'en faire qu'un seul, et il sera à BURE. Et ne vous inquiétez pas : ce n'est qu'un labo, hein !

- et finalement le labo devient un projet industriel : CIGéO !

Et nous, militants anti-enfouissement, nous avons commis l'erreur de trop nous intéresser aux problèmes des risques du très long terme, en oubliant ceux du court terme, c'est à dire ceux qui concernent le siècle de remplissage : de 2025 à 2125 ! Il faut dire que l'ANDRA s'est bien gardée de communiquer sur les risques associés à cette phase de "descente des colis aux enfers" !

Voici une courte synthèse qui tient compte :

- des toutes dernières analyses de l'expert indépendant Bertrand THUILLIER, (Docteur ès Sciences - indépendant),

- des informations développées à l'occasion de la présentation du 5ème rapport de la CNE, lors de l'Assemblée générale du CLIS à Ligny-en-Barrois, le 13 mars 2012,

- du débat contradictoire à BURE du 24 septembre 2012 : Bertrand THUILLIER face à Fabrice BOISSIER de l'ANDRA,

- et des nombreux échanges que l'ANDRA entretient avec le CLIS de BURE, les élus, les associations, les leaders d'opinion, la Presse...

 

01 - L'acheminement des colis

L'acheminement par voie ferrée est le premier défi : au vu des volumes annoncés de déchets radioactifs HA et MA-VL, il va arriver dans le futur terminal de BURE ou dans les futures gares de Bure-Gondrecourt, Joinville, Bar-le-Duc... pas moins de 10 000 trains de 10 wagons, soit 100 000 wagons type CASTOR, vous savez, ceux dont on a beaucoup parlé récemment (La Hague - Gorleben ), soit un convoi incroyable de 2 200 km de long ! Information confirmée par l'ANDRA le 15 mai dernier.

Dans le JHM du 17 janvier 2012, la CCCI et le Medef de la Haute-Marne peuvent se réjouir de la construction de voies ferrées en Meuse et Haute-Marne, mais c'est pour transporter essentiellement des poisons radioactifs.

 

02 - L'entreposage des colis

En surface, dans de simples entrepôts pendant quelques jours dit l'ANDRA, mais en fait pendant des dizaines d’années, (on parle d'un siècle) le temps que les déchets refroidissent et que les travaux miniers avancent (et puis, il y aura bien des pannes de tunnelier, de machines de transferts, des retards de planning...)

Et il est clairement écrit dans les dossiers de l'ANDRA que ces entrepôts doivent prendre le relais des entreposages qui deviendraient trop petits, vieillissants ou défaillants, construits sur les sites de production, à Marcoule, Cadarache ou La Hague.

Et, pendant un siècle, tous ces conditionnements provoqueront une pollution due à la contamination surfacique (la surface extérieur des colis) et dégageront des gaz radioactifs dangereux pour les riverains. Même si, bien sûr, les rejets seront toujours en dessous des normes ! Quelles normes ? Puisqu'il ne s'agit pas de normes sanitaires, mais de normes définies selon le process industriel. Le 15 mai dernier, l'ANDRA a annoncé que les rejets seraient de l'ordre de grandeur de ceux d'une centrale nucléaire comme Nogent-sur-Seine. Et chacun sait qu'il n'y a aucun risque de pathologies, de leucémies et de cancers autour d'une centrale !

Nous avons constaté qu'aucune INB n'a la même autorisation de rejets ! Il ne s'agit pas de limites sanitaires, mais de limites technologiques. Voir notamment le cas du tritium (lire le paragraphe 6).

Lors de la réunion du 15 mai avec les associations locales, l'ANDRA a confirmé qu'à ce jour le dimensionnement de l'entreposage en surface n'était pas déterminé, mais en cours d'élaboration.

 

03 - Le remplissage... pendant un siècle.

Pendant au moins 100 ans un convoyeur automatisé va descendre à 500 m sous terre environ 300 000 colis pesant de 2 tonnes pour les HA, à 22 tonnes pour les MA-VL, sans la moindre intervention humaine. Ceci en application du principe ALARA. Le colis sera protégé par une hotte. En fin de chaîne, lorsque le colis sera arrivé à l'entrée du tube de stockage, si vous restiez une minute à un mètre, vous seriez mort ! Le personnel, lui, est donc confiné dans la salle de commande, à distance respectable des colis mortifères.

Vous pouvez vous faire une idée de l'optimiste des concepteurs du projet en visionnant ces animations vidéo : pour les déchets MA-VL (vidéo de 6 mn ) - pour les déchets HA (vidéo de 9 mn )

Tout ça fonctionne comme une chaîne d'embouteillage à Contrexéville ! On est comme dans le monde virtuel des Playmobil... sauf qu'il n'y a même plus de Playmobil !

 

04 - Les risques d'explosion et d'incendie

Pendant 100 ans, d’énormes ventilations (doublées selon la CNE) rejetteront en surface des gaz radioactifs et de l’hydrogène, avec un risque avéré d’incendie et d’explosion. En effet le Dossier Argile de 2005 de l’ANDRA rappelait qu’en cas de dépassement de plus de 4% d’hydrogène dans tout espace incorrectement ventilé (alvéole et galerie), la moindre étincelle peut produire une explosion, suivie d’un incendie. Or, l’ANDRA annonçant une production d’un million de litres d’hydrogène par an, un tel volume interdit tout arrêt pendant plus de 6 jours (selon la CNE) ou de 10 jours (selon l'ANDRA), de l’énorme ventilation envisagée (500 m3 par seconde - l'équivalent d'un réacteur d'avion) ; et ceci doit tenir un siècle !
Quel expert peut le garantir ? Cela ressemble bigrement aux problèmes des centrales nucléaires : il ne faut pas de pannes d'électricité et pas de groupes électrogènes défaillants...

De plus, parmi ces déchets on dénombre 10 000 tonnes d’enrobés bitumineux auto-inflammables à 350°C. Quels pompiers iraient éteindre un incendie de bitume radioactif, à 500 m sous terre et sans utiliser d'eau (parce que l'eau est l'ennemie du stockage) ?

Les conséquences d’un incendie seraient catastrophiques : fragilisation des structures en béton, suppression du confinement des substances, contamination des galeries d’accès... Fermeture immédiate du site...Voire remontée immédiate des colis...

 

05 - Le risque de criticité

Sans oublier le risque de criticité. Le risque de criticité est le risque de déclencher une réaction en chaîne de fission incontrôlée. La masse critique d'un matériau fissile est la quantité de ce matériau nécessaire au déclenchement d'une réaction en chaîne de fission nucléaire.
En effet les quantités présentes de Plutonium 239 sont très importantes. Et en plus, l’eau aggrave ce risque. : En effet, "la présence d'eau, qui atténue l'énergie des neutrons et ralentit leur vitesse, les rend plus réactifs vis-à-vis des matières fissiles et a pour effet d'augmenter la réactivité du système".

Et n'oublions pas tous les risques pour le personnel...

L’ANDRA a étudié, mais séparément, tous ces risques et pour chacun d’eux a trouvé une "parade". La difficulté vient de leurs combinaisons éventuelles. Peut-on réellement calculer tous ces risques ? Peut-on faire confiance en des modèles mathématiques imaginés par des étudiants de grandes écoles partenaires de l'Andra ?  Si un accident se produisait, les dommages pour les populations et l’environnement seraient considérables.  En cas d'incendie on se retrouverait dans une configuration voisine de celle de Tchernobyl. En cas d'explosion, on se retrouverait à Fukushima.

Bertrand Thuillier, docteur ès sciences, a développé un argumentaire en 3 volets sur les risques de CiGéO à court terme. Pour en savoir plus :

Volet 1      Volet 2       Volet 3

 

06 - La récupérabilité

On vient tout juste de se rendre compte  que, si la situation conduisait à la nécessaire récupération des colis, il faudra autant de temps pour les récupérer qu’il en aura fallu pour les enfouir ! Autrement dit, si l’accident se produit en 2045 (après 20 ans d’exploitation), il faudra 20 ans pour remonter tous les colis descendus.

Cette non récupérabilité immédiate est non conforme à la réversibilité exigée par la loi. « …Le retrait s’effectuerait avec les mêmes moyens… /… et au même rythme que le stockage lui-même, soit 2 500 colis par an environ. Dans l’hypothèse d’un retrait total, par exemple en cas d'inondation des alvéoles par l'eau située dans les poches au-dessus du callo-oxfordien, il faudrait donc pour retirer les colis une durée comparable à l’âge du stockage au moment où le retrait serait décidé. » Si l'inondation avait lieu en 2125, il faudrait un siècle pour tout remonter ! Que se passera t-il côté migration des radionucléides pendant ce temps là ? Et en surface, on les stockerait où ? Et qui paierait ? Et il s'agit de milliards d'euros : 1 million d'euros par jour d'exploitation !

 

07 - Enfin, à partir de 2125, le stockage “tranquille” !

Après la phase d'enfouissement, si tout s'est bien passé, les géologues parient alors, que pendant un million d’années, aucun mouvement de terrain, aucune faille, aucune fissuration, aucun affaissement (qui auraient pu être causés par les creusements ou par les caprices de Dame Nature), ne permettra à l’eau des aquifères de venir attaquer l’acier et le béton des conditionnements, pour y déloger les radionucléides. En fait, si de l'eau pénètre dans le stockage, elle ressortira avec tout un cortège de radionucléides mortifères...


08 - Premier constat

CIGéO est une catastrophe écologique en devenir. C'est un crime contre l'humanité.
Pour de nombreux scientifiques c'est un défi que l'Homme ne devrait pas chercher à relever, vus les risques sismiques, (tremblement de terre de magnitude 5,9 sur l’échelle de Richter, le 22 février 2003 à St Dié, à une petite centaine de km de Bure), vus les mouvements de terrain, les phénomènes géologiques connus et imprévus, les infiltrations d'eau possibles...

Enfin, dans son rapport public thématique de janvier 2012, même la Cour des comptes relève  "des incertitudes scientifiques et des difficultés de mise en oeuvre". 

 

09 - La CNE

Vous le savez, la CNE, Commission Nationale d'Evaluation des travaux de l'ANDRA, étudie les documents que lui transmet l'ANDRA. C'est d'ailleurs le début du problème, il semble que son rôle est d'étudier seulement les documents que l'ANDRA lui soumet !

On pourrait comparer la CNE à un conseil de classe qui juge le travail de l’élève ANDRA. Dans certaines matières la CNE donne une mauvaise appréciation à l'élève. On a pu lire par exemple : "la démarche donne l’impression d’un foisonnement d’idées auquel il manque encore une organisation d’ensemble."
Cela ressemble sûrement à vos propres carnets de notes quand vous étiez à l'école : "peut mieux faire !" Effectivement, contrairement à ce que publie l'ANDRA, les 12 professeurs et leur secrétaire qui suivent l'élève depuis plusieurs années ne sont pas très satisfaits des résultats. Voir ce résumé.

Le drame, c'est que l'élève est seul dans sa classe, et donc, quoiqu'il fasse, on déclarera un jour, faute de comparaison, que l’élève a bien travaillé, que l’élève est en progrès, que les devoirs de l'ANDRA sont finalement parfaits…
Le projet sera finalement bien noté. Et on pourra alors le réaliser !!!

Alors qu'à Ligny-en-Barrois on a entendu la CNE déclarer : "Oui, le projet est flou !"

Et son président a répété : "Que ce stockage soit fait avec soin, c'est notre hantise !

 

10 - L'Assemblée générale du CLIS du 13 mars 2012 - avec la CNE

Chacun pouvait aller écouter le rapport fait par la CNE, et poser ses questions. Nous avons alors largement communiqué une compilation de nos réflexions , et toute une liste de questions .

A Ligny-en-Barrois, lors de cette réunion, les "sages" de la CNE ont été quelque peu malmenés par des citoyens qui cherchent à savoir et à comprendre ! Cette analyse vidéo de 42 minutes est claire : CIGéo est un projet aussi FLOU que FOU !

En réalisant une version courte, donc une compilation des “échanges” clés de cette réunion, le montage a vite ressemblé à un BEST OF, qui a toutes les caractéristiques d’un BETISIER !  Regardez ces 8 minutes , qui montrent la mise en scène improvisée de la fausse impuissance de la CNE, et de sa connivence avec l’ANDRA.

Sachez :

- qu'il ne faut rien attendre de l'option séparation-transmutation (complexité et coût de la phase industrielle)

-  que rien n'est encore entrepris au niveau de la référence sanitaire (l'état zéro) - les pouvoirs publics ne sont pas pressés de faire cet état des lieux.

- que l'inventaire des déchets à enfouir devra impérativement être fait (c'est contractuel)

-  que le rythme du remplissage sera de 6 colis par jour, soit 2 trains par semaine - si la chaîne de descente tombe en panne, pas de problème : on arrête le transport - tous les colis seront contrôlés - la mission de l'ANDRA est que le remplissage se passe bien, et sous le contrôle de l'ASN.

- qu'il y a quelques soucis avec le tunnelier : il ne creuserait pas parfaitement de façon rectiligne - par ailleurs il n'est pas très flexible, d'où l'utilisation de machines à attaque ponctuelle.

- qu'il y a un problème de qualité des scellements provisoires et des scellements définitifs, mais qu'on a largement le temps de trouver des solutions puisqu'on ne fermera pas avant un siècle...

- à plusieurs reprises le président de la CNE a utilisé cette expression : " Que ce stockage ne soit pas réalisé avec le plus grans soin.... c'est notre hantise !"

- la sûreté doit primer sur les coûts. D'où le mauvais accueil du projet STI de l'EDF - projet qui a été abandonné parce que non conforme à la loi. Mais plus inquiétant : il semble qu'AREVA étudie un stockage en surface pour ses propres déchets.

- Unanimement les sages de la CNE ont répété à plusieurs reprises que le projet actuel CIGéO est FLOU !

- la question a été posée : "Mais pourquoi donc êtes-vous si pressés d'enfouir ?" - "Pourquoi ne modifiez-vous pas le calendrier ?" - Les délais par rapport au débat public et à la DAC sont ultra courts. Pourquoi ne pas retarder ? 

Nous pensons que la réponse est  : parce qu'il ne faut pas donner trop de temps aux opposants pour organiser leur lutte contre le projet.

- et si on arrête l'électronucléaire, que fera t-on des combustibles usés ?

- à ce jour les règles du débat public sont inconnues.

- une solution pour le problème du dégagement d'hydrogène : doubler la ventilation !

- il a été rappelé que l'existence de rejets de gaz radioactifs et d'hydrogène via des ventilations n'a jamais été communiquée. Comme à Soulaines l'ANDRA est encore dans le mensonge !

- confirmation est donnée au fait que la réversibilité est bien une caractéristique de la "rassurabilité". Nous pensons, nous que c'est aussi une façon de justifier l'entreposage de longue durée en surface...

Cette liste de 15 questions a donc été adressée à la CNE, à l'issue de la réunion du 13 mars dernier. Questions restées encore sans réponse !

Enfin Mr CANOVA, président du CLIS a exprimé son inquiétude de voir le stockage du Mox et du plutonium être autorisé par un simple décret. Dans cette lettre ouverte parue dans l'Est-Républicain le 1° mars 2012, Mr CANOVA parle de flou et d'incertitudes ! Il termine par : "De quoi ébranler sérieusement une confiance qui n'est déjà pas très forte...

A l’occasion de cette réunion un journal pastiche a été  distribué aux participants.
Les journaux locaux refusant de publier nos analyses, nous avons en effet réalisé notre propre journal. Quelques articles synthétiques explicitent bien l’ensemble de la méthodologie de l’ANDRA :
- achat des consciences,
- promesses d’emplois,
- argent qui dégouline,
- éthique bafouée,
- non-indépendance de la CNE,
- etc...

Ceux qui n’ont pas beaucoup de temps à consacrer à la lecture de cette double page A3, peuvent lire ce résumé d'une page.

Ce faux journal a eu un certain impact auprès de Pascal BAUDOIN, journaliste à l’Est-Républicain. Il a écrit un article dont la dernière ligne est : les analyses de Bertrand Thuillier font froid dans le dos”.

Sous notre pression, Pascal BAUDOIN a promis qu’il allait maintenant expliquer à ses lecteurs pourquoi.
 

En clair autour de BURE : le doute s'installe !

Ajoutons la récente re-mise au jour de la négation du potentiel géothermique du secteur de BURE, l'un des meilleurs spots de la LORRAINE ! L'ANDRA et le BRGM n'ont pas respecté les process de forage, et ont falsifié les résutats et les communications, pour nier la richesse géothermique.

Le 13 avril dernier, à BONNET, le docteur en géologie Antoine GODINOT a démontré devant une centaine de personnes comment le BRGM et l'ANDRA ont falsifié documents et communication pour nier le potentiel géothermique de la région de BURE, et ainsi ne pas gêner le projet d'enfouissement. Une action en Justice est à l'étude.
Les journalistes du JHM et de l’Est-républicain étaient absents. Comme ça, pas d’article désobligeant à publier.
Mais l’Abeille était là !

 

11 - Les réunions d'information ANDRA / Associations nationales et locales 

Dans le cadre du Débat public qui aura lieu avant la fin du premier semestre 2013, l’ANDRA organise une série de réunions avec, pour première ambition, de faire partager la nécessité d’un stockage profond.
C’est écrit en clair dans les Powerpoint projetés.

Une première réunion a eu lieu avec les associations membres de l’HCTISN, du PNGMDR, du CNAR et autres, le 27 mars dernier. Au cours de ces échanges l’ANDRA a été quelque peu malmenée !
Effectivement la directrice de l’ANDRA, Marie-Claude Dupuis n’est pas habituée au flux soutenu des questions pertinentes des représentants de ces associations, comme le relate ce compte-rendu .

Des associations par ailleurs bien informées : elles avaient en effet reçu ce mail .

Une seconde réunion a eu lieu le 15 mai 2012 à BURE-SAUDRON. Elle concerne les entités associatives membres du CLIS de BURE. Le directeur du site refusera d'aborder les thèmes polémiques, sous le prétexte de ne pas commencer le Débat public maintenant ! Voir ce "riche" compte-rendu .

Une troisième réunion a eu lieu 4 juillet 2012 pour les associations locales.

Il est clair que l’ANDRA cherche à expliquer que l’enfouissement est la meilleure des solutions, selon le soi-disant consensus de la communauté internationale des scientifiques.
Il a été demandé à Henri REVOL du HCTSIN, de nous communiquer la totalité des documents qui confirment cette décision. Henri REVOL nous a enfin répondu personnellement.

Nous avons entrepris une étude sur l'historique de la naissance de ce consensus. La vérité, c'est qu'il est basé sur "pas grand chose" :
Comment cela s'est-il passé ?
Une réunion de quelques experts pro-nucléaires - des conclusions - un communiqué de l'ANDRA - un colloque ou un symposium - quelques projections de powerpoint - des débats - des conclusions - un communiqué - un congrès international - des projections de powerpoint -  des conclusions - un communiqué - une audition dans le cadre de l'OPECST - un rapport de l'OPECST... et boum : une LOI !!! votée par une vingtaine de députés sur 577 !

Parmi les documents : en 2006, l’AIEA a publié dans ses « standards » les critères de sûreté d’un stockage géologique des déchets radioactifs (WS-R-4).

Il existe aussi une Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser." target="_self">directive européenne Euratom du 19 juillet 2011, qui conclut que "Le stockage géologique constitue actuellement la solution la plus pérenne et la plus durable".

Ces documents peuvent être non seulement remis en cause, mais il y a d’autres solutions que l’enfouissement.
Pourquoi ces solutions sont-elles d’emblée passées sous silence,
et pourquoi l’ANDRA ne jure t-elle que par l’enfouissement ?

Enfin ce consensus n'est valable que si il y a faisabilité du stockage géologique et confiance.

Voir les prescriptions de sûreté particulières N° SSR-5 de l'AIEA.

3.28. Il est nécessaire de comprendre les caractéristiques de l’installation de stockage définitif et la manière dont elle fonctionnera dans le temps pour pouvoir démontrer la fiabilité de certaines caractéristiques de conception. Cette démonstration est plus facile si ces caractéristiques de conception sont robustes (c’est-à- dire peu sensibles à d’éventuels événements ou phénomènes perturbateurs). Il faut obtenir des preuves suffisantes de leur faisabilité et de leur efficacité avant que les activités de construction ne commencent.

4.2. L’expression « approche par étapes » de la réalisation d’une installation de stockage définitif de déchets radioactifs renvoie aux étapes qui sont imposées par l’organisme de réglementation et par les processus décisionnels politiques (voir par. 1.18). Cette approche donne l’occasion de garantir la qualité du programme technique et de la prise de décisions qui y est associée. Pour l’exploitant, elle fournit un cadre permettant d’instaurer une confiance suffisante dans la faisabilité technique et la sûreté de l’installation de stockage définitif à chaque étape de sa réalisation.

 

12 - Les solutions autres que l'enfouissement

Le 12 avril 2012 un petit groupe comprenant des membres du CLIS de BURE, du CEDRA, du GSIEN et de MUTADIS a réfléchi à la mise en lumière des solutions autres que l'enfouissement. Voire ce résumé .

 

13 - Le doute

Par ailleurs contrairement à ce que déclare régulièrement l’ANDRA, la CNE, Commission nationale d’évaluation, n’est pas du tout satisfaite des travaux de l’ANDRA. La CNE soulève de nombreux problèmes. Voir ce résumé des derniers rapports de la CNE.

La lettre ouverte émanent de Jean-Louis CANOVA, président du CLIS de BURE, diffusée le 1° mars dans l'Est-républicain a confirméé le FLOU et les INCERTITUDES du projet CIGéo ! Effectivement il y a de quoi ébranler sérieusement une confiance qui déjà n’est pas très forte...

L'ANDRA a répondu à la lettre ouverte de Jean-Louis CANOVA.

 

14 - Le 13 juin 2012, tout bascule  !

Le matin l'article dans l'Est-républicain qui fera l'effet d'une bombe et qui remplira la Salle des fêtes de LIGNy-en-Barrois le soir même. 300 personnes auxquelles il faut ajouter les internautes qui suivent la conférence de Bertrand THUILLIER via Internet.

On comprend de suite que le projet est aussi FLOU que FOU.

Ce qui sera démontré par ce mail du 12 juillet , par ce tract distribué aux élus locaux le 13 juillet, et par ces deux vidéo :

Une analyse de 42 minutes .

Un BETISIER de 8 mn .

 

Le 24 septembre 2012 un débat contradictoire entre Bertrand THUILLIER et Fabrice BOISSIER de l'ANDRA a été organisé par le CLIS de BURE. Voir l'enregistrement du débat, la revue de Presse et notre analyse.

Le problème est que la stratégie de l'ANDRA est de rassurer en expliquant que tous les risques sont maîtrisés ou en voie de l'être, que la validation des étapes techniques se fera au fur et à mesure... IRSN,GPD et ASN sont de mèche pour faire aboutir le projet. Ce sont de véritables institutions voyous.

Il nous faut maintenant nous intéresser au processus décisionnel et démontrer qu'il est truqué. Ce travail est en cours.

 

 

Nous comptons sur votre vigilance pour vous opposer sciemment à ce projet
en vous appuyant sur le plus élémentaire principe de précaution.

Les riverains sont résignés. Beaucoup disent :
- "Vous savez, ça ne sert à rien de s'opposer, c'est  déjà fait !"
- "Non : le vrai Débat Public commence maintenant !
et si on n’y arrive pas, il restera la prière !"
 

 

13 - L'achat des consciences

Que penser :

- de tout cet argent qui dégouline ?

- des promesses d'emplois ?

- des actions de parrainage et des dons aux associations, aux écoles, etc.

Cet argent devrait être orienté vers d'autres recherches dont le stockage en subsurface sur les lieux de production, au lieu de tout miser sur le stockage en profondeur.

Ces activités relèvent de l'achat des consciences et non du mécénat.

Ramener CIGéO à une simple opportunité économique est une tromperie. Cette industrie de stockage de déchets nucléaires est exclusive : elle tue les autres. Ce scénario est d'ailleurs vérifié autour de la poublle nucléaire de SOULAINES, à 60 km de BURE.

CIGéO ne peut pas être une opportunité de développement, ni une source de richesses en terme d'activité et d'emplois, mais une gigantesque source radioactive.

La faible population qui habite ce beau désert vert fuira le risque d'irradiation et de contamination, qui perdurera pendant des milliers de générations.

L’enfouissement est une impasse pour nos descendants.

Chacun d'entre-nous a la responsabilité d’assurer la "sécurité" des populations présentes et à venir. Nous devons faire appliquer le principe de précaution et tout entreprendre vers la recherche d’une solution efficace, sûre et éthique. 

Vous ne pouvez pas laisser faire.

Vous ne pourrez plus dire : je ne savais pas...

Il existe de nombreuses associations et collectifs en Meuse, en Haute-Marne, dans les Vosges et dans l'Aube qui sont opposés à CIGéO. Ce sont des gens tout à fait fréquentables. N'hésitez-pas à vous rapprocher d'eux.

Ce qui est sûr, c'est que :

Le vrai Débat public, c'est MAINTENANT !

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Géothermie Négation

Michel

 

 

Michel

SAINT-DIZIER

 

20 avril 2012

François HOLLANDE, en campagne à Saint-Dizier

 

Incroyable rencontre entre le candidat à la présidentielle et le porte parole de La Fédération Grand-Est STOP Déchets Nucléaires, opposée à l'enfouissement des déchets nucléaires HA et MA-VL à BURE, et des FA-VL à SOULAINES... ou ailleurs !

Rencontre inespérée. Merci à ceux qui ont réussi à l'organiser.

Echange vécu par une soixantaine de journalistes et une douzaine de caméras, mais, curieusement, seul, ce site en diffuse l'intégralité - image et son.

Et pourtant, François HOLLANDE est bien passé à Saint-Dizier ...

 

Que retenir des propos de François HOLLANDE

 

Ces propos sont en accord avec tout ce qu'on a pu lire et entendre dans les médias :

à suivre

 

 

Mail du 120515 associations CLIS

 

BURE :

les réunions d'information de l'ANDRA

concernant le Débat public

 


Champagne-Ardenne-Lorraine
10 mai 2012



Bonjour

Si vous faîtes partie des entités associatives membres du CLIS de BURE, et que vous êtes invités par l’ANDRA, le 15 mai prochain, vous êtes complètement concernés par cette information.

Dans le cadre du Débat public qui aura lieu avant la fin du premier semestre 2013, l’ANDRA organise une série de réunions avec, pour première ambition, de faire partager la nécessité d’un stockage profond.
C’est écrit en clair dans les Powerpoint projetés.

Une première réunion

a eu lieu avec les associations membres de l’HCTISN, du PNGMDR, du CNAR et autres, le 27 mars dernier. Au cours de ces échanges...

Photo Marie-Claude Dupuis

... l’ANDRA a été quelque peu malmenée !

Effectivement la directrice de l’ANDRA, Marie-Claude Dupuis n’est pas habituée au flux ininterrompu et désordonné des questions des représentants de ces associations. Ce compte rendu en témoigne.

Des associations par ailleurs bien informées :
Ils avaient en effet reçu ce mail très complet.

 

Une deuxième réunion

aura lieu le 15 mai à BURE-SAUDRON. Elle concerne, au dire de Jean-Paul BAILLET, directeur de L’ANDRA, les entités associatives membres du CLIS de BURE.

 

Une troisième réunion

aura lieu prochainement pour les associations locales.

Dans un esprit de totale transparence, nous vous proposons donc quelques documents qui vous aideront dans votre éventuel questionnement.

Nous ne connaissons pas votre niveau de connaissance sur cet épineux sujet.
Notre devoir est donc de vous éclairer.
Vous trouverez ci-après bon nombre de liens pour vous faire une idée de la triste réalité.

Merci à ceux qui ne pourront pas participer à cette réunion
de faire suivre ce mail à leur suppléant.


1

 

Il est clair que l’ANDRA va commencer par vous expliquer que l’enfouissement est la meilleure des solutions, selon le soi-disant consensus de la communauté internationale des scientifiques.
Il a été demandé au HCTSIN, à Henri REVOL et à Monique SENE de nous communiquer la totalité des documents qui confirment cette décision.
Henri REVOL nous a enfin répondu personnellement.

Nous avons entrepris une étude sur l'historique de la naissance de ce consensus. La vérité, c'est qu'il est basé sur "pas grand chose" :
Comment ça se passe ? Voilà la séquence :
Une réunion de quelques experts pro-nucléaires - des conclusions - un communiqué de l'ANDRA - un colloque ou un symposium - quelques projections de powerpoint - des débats - des conclusions - un communiqué - un congrès international - des projections de powerpoint -  des conclusions - un communiqué - une audition dans le cadre de l'OPECST - un rapport de l'OPECST... et boum : une LOI !!! votée par une vingtaine de députés sur 577 !

Parmi les documents : en 2006, l’AIEA a publié dans ses « standards » les critères de sûreté d’un stockage géologique des déchets radioactifs : WS-R-4.

Il existe aussi une directive européenne Euratom du 19 juillet 2011, qui conclut que "Le stockage géologique constitue actuellement la solution la plus pérenne et la plus durable".

Ces documents peuvent être non seulement être remis en cause, mais il y a d’autres solutions que l’enfouissement.
Pourquoi ces solutions sont-elles d’emblée passées sous silence,
et pourquoi l’ANDRA ne jure t-elle que par l’enfouissement ?


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Par ailleurs contrairement à ce que déclare régulièrement l’ANDRA, la CNE, Commission nationale d’évaluation, n’est pas du tout satisfaite des travaux de l’ANDRA. La CNE soulève de nombreux problèmes. Voir ce résumé des derniers rapports de la CNE.


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Tout récemment un ingénieur indépendant, Bertrand THUILLIER a analysé l’ensemble des documents officiels concernant le projet. A partir d'une véritable base de données des citations de l'ANDRA, il met au jour quantité de problèmes durant la phase d’enfouissement.

Il est vrai que, obnubilés par les risques à très long terme, beaucoup d’entre nous ont minimisé les risques avérés, à court terme, pendant le siècle de remplissage, et donc dés 2026, autant dire demain :
- transport des déchets par 10 000 trains de 10 wagons, (type CASTOR, bien médiatisés par les récents transports La Hague-Gorleben),
- entreposage en surface, pendant de longues années, avec rejets radioactifs dans l’environnement,
- remplissage : rejets de gaz radioactifs par d’énormes ventilations, doublées !!!
- risque d’explosion et d’incendie dû à l’hydrogène provenant de la radiolyse,
- risque de criticité,
- sans oublier l’utopie qu’est la récupérabilité des colis...

Les trois analyses complètes de ce docteur ès sciences :


Volet 1    -   Volet 2   -   Volet 3




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Quantité de questions sont soulevées.

Elles ont été transmises au secrétariat du CLIS de BURE, à l’occasion de la dernière Assemblée générale du CLIS, le 13 mars dernier, à Ligny-en-Barrois.


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Lors de l’Assemblée générale du CLIS, le 13 mars à Ligny-en-Barrois, la CNE a eu beaucoup de mal à répondre au feu nourri des questions posées par les représentants des différentes associations opposées à l’enfouissement.
Un résumé vidéo est en cours de réalisation.
Il reste de nombreuses questions qui ont été posées à la CNE.

A ce jour, malgré de nombreuses relances, aucune réponse. Les "sages" de la CNE auront bien du mal à répondre sans mettre en avant de nombreuses lacunes... Oui le projet CIGéO est bien flou !

A l’occasion de cette réunion un journal pastiche a été  distribué aux participants.
Les journaux locaux refusant de publier nos analyses, nous avons en effet réalisé notre propre journal. Quelques articles synthétiques explicitent bien l’ensemble de la méthodologie de l’ANDRA :
- achat des consciences,
- promesses d’emplois,
- argent qui dégouline,
- éthique bafouée,
- non-indépendance de la CNE,
- etc...

Ceux qui n’ont pas beaucoup de temps à consacrer à la lecture de cette double page A3, peuvent lire ce résumé d'une page.

Ce faux journal a eu un certain impact auprès de Pascal BAUDOIN, journaliste à l’Est-Républicain. Il a écrit un article dont la dernière ligne est : “les analyses de Bertrand Thuillier font froid dans le dos”.

Sous notre "pression", Pascal BAUDOIN a promis qu’il allait maintenant expliquer à ses lecteurs... pourquoi.


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Le 13 avril dernier, à BONNET, le docteur en géologie Antoine GODINOT a démontré devant une centaine de personnes comment le BRGM et l'ANDRA ont falsifié documents et communication pour nier le potentiel géothermique de la région de BURE, et ainsi ne pas gêner le projet d'enfouissement. Une action en Justice est à l'étude.
Les journalistes du JHM et de l’Est-républicain étaient absents. Comme ça, pas d’article désobligeant à publier.
Mais l’Abeille était là !

 

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On note depuis peu un frémissement dans l’esprit des élus.
Flou et incertitudes...
De quoi ébranler sérieusement "une confiance qui déjà n’est pas très forte..."
Comme le relate cette lettre ouverte.

CIGéO... le doute s’installe !

Y compris chez Jean-Louis CANOVA... le président du CLIS de BURE.

Nous restons à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.

Nous comptons sur votre vigilance pour vous opposer sciemment à ce projet
qui relève du plus élémentaire principe de précaution.

Votre rôle est très important, parce que vous êtes trop souvent pris en otage dans les publications de l’ANDRA,
et l’ANDRA sait parfaitement rédiger ses articles pour nous faire croire que vous cautionnez ses projets ou ses méthodologies.

Les riverains sont résignés. Beaucoup disent :
- "Vous savez, ça ne sert à rien de s'opposer, c'est  déjà fait !"
- "Non : le vrai Débat Public c'est maintenant,
et si on n’y arrive pas, il restera la prière !"

 

Le vrai Débat public , c'est MAINTENANT !

 

Bien cordialement


Michel GUERITTE


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François-Michel GONNOT

 

 

François-Michel GONNOT

Président de l'ANDRA, mais un grand lobbyiste ! 

Jugez donc avec cette synthèse d'un article de février 2009, et un blog d'août 2008 :

Elu député UMP de l'Oise en 1988, non réélu en 2012. 
Cet ancien avocat et journaliste adore agir en coulisse dans ses domaines de prédilection : les transports et l’énergie.

Lors de la précédente législature, le «député consultant» était même actionnaire d’une société spécialisée dans l’organisation de colloques parlementaires, dont il a vendu ses parts fin 2006.

Depuis sa réélection en 2007, Gonnot a pris la présidence de l’influent club Avenir Transports (créé par Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux Transports), dans lequel s’activent de grandes entreprises du secteur, comme Veolia Transport ou Aéroports de Paris.

Le cumul "député-président de l'ANDRA" est théoriquement interdit par la loi du 13 juillet 1988. Mais le gouvernement (alors dirigé pour quelques jours encore par Jean-Pierre Raffarin, proche de M. Gonnot) a modifié par décret les statuts de l'Andra en y inscrivant la possibilité de nommer un élu local au conseil d'administration. C'est donc à ce titre, “élu local”, que Mr Gonnot a été parachuté à la direction de l'établissement public. Curieusement, en octobre 2007, un nouveau décret a abrogé toutes les règles fixant la composition du conseil d'administration de l'Andra. Le cumul de mandats y redevient donc illégal, à la lettre, comme il l'était dans l'esprit.

A la tête de l'Andra se trouvent ainsi deux députés, en position d'élaborer, de proposer ou de voter des lois dans lesquelles ils ont un intérêt direct : précisément le mélange de genres que le législateur a voulu prévenir avec la “L.O 145”.
Ainsi la récente loi sur les déchets radioactifs, adoptée en mai 2006, a été largement inspirée et impulsée par Christian Bataille, tandis que François-Michel Gonnot se déployait activement dans les débats publics ayant précédé le vote du texte. Cette loi a considérablement renforcé l'Andra, en augmentant ses ressources financières, en validant l'option privilégiée par l'agence du stockage souterrain pour les déchets hautement et moyennement radioactifs, et en prévoyant un accroissement de ces capacités de stockage à partir de 2015.

Aussi François-Michel Gonnot pouvait-il se targuer en mai 2006, devant le Conseil National des Ingénieurs et Scientifiques Français (CNISF), de l'épais coffrage politique entourant l'industrie nucléaire. “Il faut que le problème du nucléaire soit réglé – relance de l’EPR, gestion des déchets – de façon à ce que l’on puisse continuer en France cette industrie sans être bloqué par un quelconque projet de moratoire”. Ce que le compte rendu du CNISF traduit plus explicitement encore en ces termes : “Selon le président de l’Andra, il existe une volonté de la gauche de laisser la droite mettre en place un processus clairement figé par la loi de façon à ce que si, demain – ou après demain –, la gauche devait revenir aux affaires, les socialistes et le PC ne se retrouvent pas dans la même situation qu’entre 1997 et 2002 avec les Verts”.

Pour parvenir à cette vitrification législative, François-Michel Gonnot a consciencieusement recherché des synergies entre les pouvoirs publics et les entreprises. En 2003 il crée le Club Energie & Développement , lequel invite chaque année parlementaires, ministres et hauts fonctionnaires à rencontrer en colloque les dirigeants des groupes producteurs ou distributeurs d'énergie (Areva, EDF, GDF, Suez, Total, parmi les plus assidus). Parrainé par ces entreprises et traitant des principales préoccupations libérales(2), le prestigieux colloque est organisé par Décision Etudes & Conseil, une société qui s'occupe entre autres de lobbying(3). En décembre 2005, François-Michel Gonnot a acheté 15 % des parts de cette société. Il en est resté l'associé, aux côtés des deux actionnaires principaux, jusqu'en septembre 2006. Voyez le contenu ( y compris le gaz de schiste !) et le nom des intervenants de ce colloque sur le bouquet énergétique du 17 janvier 2012 !

En bref, la situation est la suivante : un député, fondateur et animateur d'un club où se côtoient dirigeants d'entreprises et parlementaires, par le truchement d'une société de conseil et de lobbying dont il a été l'associé; un député qui contribue à la promulgation d'une loi, organisant le stockage à grande échelle des déchets radioactifs, dont les bénéficiaires sont indirectement lui-même, en tant que président de l'établissement chargé de mettre en œuvre cette loi, ainsi que les entreprises productrices de déchets nucléaires, et partenaires de son club énergétique.

Dans une telle situation, un député peut-il encore veiller à l'intérêt commun, à la sécurité et à la santé publiques, comme l'exige normalement son mandat ? A cette question, François-Michel Gonnot a fourni quelques éléments de réponse. Lorsqu'a été révélé en mai 2006 un rapport d'EDF évoquant la vulnérabilité de l'EPR en cas d'attaque aérienne, il a déploré la fuite du document plutôt que d'éventuelles échappées radioactives : “Il arrive un moment où il faut savoir garder ses secrets. Il faut arrêter d'être naïfs”. Ou encore, à propos de la hausse des tarifs de l'électricité et du gaz, dans laquelle il a joué un rôle, en tant que rapporteur de la loi sur la libéralisation des marchés de l'énergie, votée en janvier 2003 : “Juillet 2007 devrait marquer la libéralisation totale des marchés. Les ménages, très attachés à la notion de service public, devront de plus en plus apprendre à maîtriser leur consommation d’énergie et accepter une hausse très sensible de leurs factures”.

Dans ces phrases s'entend une rhétorique assez familière : le citoyen de base, cet incurable naïf, est prié de se soumettre à la nécessité d'un monde qui bouge, à moins qu'il ne s'agisse de nécessaire adaptation à la modernité, ou à la mondialisation, en tout cas à quelque chose d'assez vague et d'assez imposant pour que ne puisse s'y soupçonner de banales relations d'affaires.

Dans le cas de François-Michel Gonnot, il apparaît que ces relations, associant club parlementaire, firmes et société de lobbying, forment un modèle reproductible. En 2005, le député de l'Oise a créé un Groupe d'études sur la filière électronique et numérique, réunissant une cinquantaine de députés qui ont accueilli à l'Assemblée Nationale un colloque organisé par Décision Etudes & Conseil, en partenariat avec les grandes entreprises du secteur (Alcatel, Commissariat à l'Energie Atomique, EADS, Thales, Thomson...), soucieuses d'exprimer leurs besoins en subventions et aides publiques.

François-Michel Gonnot est aussi président d'Avenir Transports, une association regroupant 200 parlementaires, ainsi qu'une trentaine de compagnies investies dans le transport (EADS, Renault, SNCF, Veolia, Vinci...). Certaines de ces compagnies ont sponsorisé en juin 2006 un colloque sur le fret, présidé par le député de l'Oise, organisé par l'incontournable Décision Etudes & Conseil .

Pour autant, il serait injuste de déduire de ces activités et accointances que François-Michel Gonnot ne se préoccupe pas de développement durable, ni du bien-être des générations futures. Il est en effet l'auteur d'un ouvrage remarquable : “L'écologie racontée aux enfants ”.

Révélation de François-Michel GONNOT dans l'Est-Républicain du 15 juillet 2012 : la radioactivité n'est ni de gauche ni de droite !

 

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